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jeudi 11 juillet 2013

J-1... Dernier bilan

Lorsque j'ai appris que nous partions à Singapour, je ne savais pas très bien le situer sur une carte et je n'étais pas non plus très sûre qu'il s'agissait d'un pays à part entière ou d'une petite extension de la péninsule malaise. J'avais par contre plein de préjugés complètement idiots comme quoi il n'y avait que de la ville et du béton alors que non, Singapour est verte, bien verte, si verte... Aujourd'hui, 3 ans d'Asie du Sud-Est et une formation de guide de musée plus tard, je peux vous parler des relations historiquement difficiles avec la Malaisie et parfois l'Indonésie (merci le haze de 2013 mais en 2010, il y en avait aussi !), les 2 gros voisins, des larmes de Lee Kuan Yew lorsque Singapour a quitté en 1965 la Fédération de Malaisie, abandonnant au passage le "SI" de Singapore à la Fédération qui de Malaya passa alors à Malaysia. Je peux expliquer le multiculturalisme par l'aspect transitoire de la population historique de Singapour et qui se manifeste tant dans la cuisine, le système politique par l'influence britannique, l'essor du port par la position stratégique de l'ile et la vision de certains et l'importance de la main d'oeuvre étrangère dans ce pays qui s'enorgueillit à juste titre d'une croissance exemplaire, même en temps de crise.  A notre arrivée, j'ai commencé avec beaucoup d'énergie et de sueur par le début du commencement de la découverte avec les activités touristiques de base : Merlion, zooLittle India ou Chinatown, je les ai explorées, Eloi en bandoulière, en bus et appareil photo au poing. A cette époque, Marina Bay Sands n'était pas terminé et ION venait de sortir de terre, autant dire que c'était la Préhistoire. Peu à peu, je suis devenue plus sélective et me suis appropriée des endroits un peu moins évidents, plus proches de la vie des vrais gens... Waterloo Street, Rochor Centre, Sungei Buloh, Mac Ritchie Reservoir, Bright Hill Complex, Bukit Brown Cemetery par exemple, je les ai pris pour moi, comme des lieux spéciaux qui me touchaient à chaque fois que j'y retournais. Ceux-là, j'en ai même fait un tour de 3 jours pour que, maintenant que je m'en vais, il y ait d'autres personnes qui aillent les aimer à ma place. J'ai essayé de comprendre et j'ai partagé avec vous mes découvertes sur la culture chinoise, indienne ou malaise. Je n'ai pas raté un seul Thaipusam pour être sûre de vibrer avec les croyants que la foi transcendent, j'ai expliqué tous les Chinese New Year... Je suis allée manger à tous les rateliers, ai découvert le poisson cru, me suis régalée de laksa et de mango sago... Bref, je me suis immergée avec bonheur et puis je me suis un peu essouflée dans ma découverte du nouveau qui ne l'était plus, si nouveau. Alors je vous ai concocté des petits circuits touristiques dans la ville car je pensais que cela pourrait vous aider, avec Tata Ginette et les enfants. Je vous ai raconté mes vacances pour vous faire rêver (ou pas) des rizières de Bali, les plages idylliques de Malaisie, des eaux boueuses du Mékong, des kangourous australiens, des tarsiers philippins ou de mon camping-car néo-zélandais. Peu à peu, j'ai commencé à vous parler davantage de moi et de ma vie, de mes pseudo-aventures qui ne faisaient rire que moi, de ma nullité en shopping, de mes accidents de tongs, de mes ratés de week-end et de mes relations avec les agences de voyage (une cause définitivement perdue), parfois aussi de mes petits coups de blues quand le départ est devenu une dure réalité. Je vous ai parlé du hasard qui fait de jolies choses et de gens généreux qui vous font partager leur culture sans contrepartie, fait part des belles rencontres que j'ai faites, de la découverte de la communauté des blogueurs qui m'ont appris plein de gros mots comme FTP ou flux RSS. Au fil des billets qui composent ce blog, c'est une tranche de ma vie que je vois défiler, un gros bout de gâteau même. J'y vois une vision de Singapour qui a évolué en même temps que moi je m'adaptais et prenais mes marques dans cette première expatriation. Singapour est aujourd'hui un endroit que je quitte avec tristesse, celle de ne pas être sûre d'y revenir, celle de ne pas être sûre de revoir ceux que j'ai connus et appréciés ici, celle de quitter mon "chez moi"...

mercredi 10 juillet 2013

Mon Singapour...Visiteurs #5

Singapour, en 3 jours, c'est un peu la piste noire du tourisme pour les courageux ou les inconscients (ici avec Brandon et Régine qui ne s'en sont pas encore remis). Evidemment les chanceux pourront rester plus longtemps et profiter plus largement des richesses (et je ne parle pas des pécunières à moins que vous remportiez la cagnotte dans l'un des 2 casinos) de Singapour en suivant le programme débutant, celui de tata Ginette ou initier les enfants au charme de la vie équatoriale...  Mais pour les autres, en 3 jours, on peut aussi choisir d'éviter les autoroutes touristiques et essayer de sentir et de percevoir cette île et ce pays.

Jour 1 : avant que celui-ci ne disparaisse et puisque c'est une fixette chez moi, une promenade au Bukit Brown Cemetery s'impose, l'idéal étant de le faire, si cela est encore possible, pendant la période du Hungry Ghost Festival (en avril, dates mobiles) pour profiter de l'animation et rencontrer des familles venues pique-niquer avec les défunts.  124 photos de gardiens de tombes plus tard, il est temps d'aller déguster un Pekin Duck au Min Jiang at One-North de Rochester Park pour apprécier le calme et la volupté d'une maison Black and White nichée dans la verdure. À défaut remplacer Bukit Brown par les bonsais, les lotus et le stupa du Shuang Lin Monastery de Toa Payoh par les HDBs le long de la PIE. Pour changer d'atmosphère, rendez-vous à Little India et flâner dans les rues qui bordent le Tekka Market, suivez les jolies femmes en sari dans les petites épiceries, copiez-les quand elles achètent des épices et demandez-leur comment s'en servir, nul doute que vous aurez une longue réponse.... Si le coeur vous en dit et le bruit vous l'indique, entrez dans l'un des temples de Serangoon Road (Sri Vadapathira Kailiamman Temple, Sri Srinivasa Perumal Temple ou Sri Veeramakaliamman Temple) et observez les cérémonies qui s'y déroulent régulièrement.  Si les gambettes vous démangent, allongez le pas jusqu'à Arab Street et rentrez dans les boutiques de tissus pour admirer les soies, les paillettes ou acheter un sarong en batik. Le soir, une seule option, les satays de Boon Tat Street le WE ou Lau Pa Sat Food Court pour les autres jours de la semaine.

Jour 2 : Singapour, jungle urbaine, que nenni, jungle tout court et le meilleur endroit pour le découvrir, c'est bien sûr la verte Sungei Buloh, son crocodile si vous êtes chanceux, ses loutres si vous êtes TRÈS chanceux (jamais vues ces coquines), ses mudskippers, ses crabes de vase, sa mangrove et ses varans léthargiques qui traversent devant les pas des promeneurs. Pas trop le choix pour le dejeuner, ce sera Bollywood Veggies et Poison Ivy, la patronne, un personnage haut en couleurs au crâne rasé. Après les arbres et les animaux, il est temps de revenir dans la vraie vie, celle des gens du coin en se rendant à Rochor. Perdez-vous dans ces blocs de HDBs multicolores, cherchez le play-ground qui domine Bukit Timah Road, ombragé par quelques arbres et gardés par les perches sur lesquelles sèchent le linge des familles qui vivent là. Simple, calme, so real... Redescendez ensuite prendre un café au lait à côté des uncles et des aunties venus prendre l'air sur les chaises en plastique orange des petits coffee-shop. Écoutez-les parler, perdez le sens des phrases en mandarin ou hokien, glanez quelques immanquables comme le célèbre "lah" ou "makan" pour "manger"... Ne pas comprendre, juste se laisser immerger avant de reprendre pied dans la foule de Waterloo Street où les gens se pressent qui, pour aller au Kwa Im hhi Hood Cho Temple s'adonner à la divination, qui au temple hindou juste à côté devant lequel les bouddhistes brûlent aussi de l'encens car, après tout, pourquoi pas, hein ? E puis se laisser subjuguer par les étals des marchandes d'offrandes et leur lotus voluptueux, écouter le bruit des baguettes de divination agitées par les croyants.... Finir la journée du côté du Marina Bay Golf Course en buvant une bière au Canopy Café en admirant la ville qui s'allume au loin au delà du green. Lorsque la nuit s'est installée, il faut se promener le long de Gardens By the Bay East et admirer en face les coquillages lumineux des serres, les Super Trees qui s'illuminent et les silhouettes de MBS et du Flyer... Magique...

Jour 3 : Si d'aventure, c'est dimanche, une seule possibilité : aller découvrir les concours de chants d'oiseaux au coeur des HDBs ! Oubliez la grasse matinée, il faut y être aux alentours de 8 ou 9h car ensuite il fait trop chaud...Admirez les cages, les oiseaux, engagez la conversation avec les propriétaires, observez les juges capables de reconnaitre le chant de chaque oiseau. Une vraie plongée dans l'âme singapourienne à ne pas manquer ( Serangoon North Ave 1, Blk 151/154 ; Ang Mo Kio Av. 4, Blk 159, Kebun Baru Singing Club; Sur les rives du Bedok Reservoir). Vous pouvez ensuite enchaîner par ce qui suit car la journée a commencé tôt !
Sinon, ce sera Chinatown du côté de South Bridge Road qu'il faut aller, oublier les boutiques à souvenirs, naviguer entre les boutiques odorantes de Médecine Traditionnelle Chinoise, les petits magasins de patisseries, s'offrir un massage de pieds dans un boui-boui dont les filles ne parlent pas anglais et se laisser tenter par un feuilleté à la pâte de haricot ou de châtaigne d'eau. N'oubliez pas d'aller voir, au pied du Buddha Tooth Relic Temple les petits vieux jouer aux Chinese Chess. Un temple ? Thian Hock Keng Temple, son porte-encens imposant, ses gardiens dorés sur les portes. Remontez ensuite Telok Ayer Street en direction de la City assister au défilé des cols blancs et des petits tailleurs qui viennent déjeuner bon marché dans les échoppes du Nord de Chinatown. Joignez-vous à eux, retenez votre table en y déposant un paquet de kleenex et allez choisir votre plat au stall qui a la file d'attente la plus longue.... Et puis, changez radicalement d'air pour aller voir les couleurs acidulées des shophouses de Koon Seng Road et Joo Chiat Road. Rose, vert, violet, rose, toute l'âme peranakane est là et pour rester dans l'ambiance, il sera plus que judicieux que de goûter la délicieuse cuisine de cette culture en retournant diner au Blue Ginger dans une vraie shophouse (demander à être à l'étage) dans le quartier de Tanjong Pagar aux shophouses (encore) dominées par le majestueux Pinnacle@Duxton (que vous pouvez aussi visiter mais c'est une autre histoire)....

Si d'aventure, ce petit programme vous tentait, sachez qu'il n'est pas spectaculaire, ni grandiose, ni majestueux, il est juste le reflet, selon ma sensibilité toute subjective, de ce que j'aime à Singapour...

Bonne visite et just... ENJOY...

mercredi 3 avril 2013

Lecture, langue et culture

Certes la langue de Singapour est l'anglais mais aussi le tamoul, le chinois et le malais et parfois tous mélangés...Certes je le parle tous les jours mais pas qu'avec des native-speakers et parfois je suis bien obligée d'arrêter de faire des phrases pour me faire comprendre... Certes j'ai acquis une certaine aisance et suis carrément fluent sur les termes du quotidien : robinet, plafond, condensateur, navet, poireau, levure chimique, garantie... la classe quoi ! Cependant, n'étant pas immergée au quotidien dans le bureau d'une BWU avec des gens très très sérieux qui ont des cravates,  font des bizness trips et parlent très vite et avec plein d'accent un anglais très technique, l'enjeu linguistique reste toujours l'une de mes petites préoccupations. Pour remédier à l'approximation de mon expression orale et tenter de continuer à progresser, lire en anglais m'a semblé le meilleur moyen de s'imprégner de tournures et d'un vocabulaire pas forcément utilisé au jour le jour mais qui donne à la langue parlée un registre un peu plus élevé ! La lecture restant pour moi l'un de mes plus grands plaisirs de loisir, je n'en lis pas moins des livres en français pour savourer sans contraintes l'écrit mais je me fais une règle (que je suis plus ou moins) d'acheter en anglais les livres écrits en anglais... Pour les livres écrits en japonais ou en suédois, je ne m'acharne pas et ayant renoncé également à apprendre le polonais et le vietnamien, tant qu'à lire une traduction, autant que je puisse en apprécier la qualité dans ma langue maternelle ! Mais lire en anglais nécessite, de ma part en tout cas, une plus grande motivation. Il me faut  régulièrement dépasser certaines incompréhensions et je me refuse à lire, le dictionnaire greffé à la main qui ne tourne pas les pages. Il faut donc que le livre en vaille la peine car si en plus, de buter parfois sur des mots ou des expressions, l'histoire (oui je suis une midinette, je lis surtout des romans) ne me touche pas, je laisse plus facilement tomber. Lire Harlan Coben ou Douglas Kennedy, malgré tout l'amour littéraire que je leur porte, a ses limites et je suis donc souvent à la recherche de livres potentiellement intéressants (merci Olivia). L'une des thématiques que j'ai explorée au travers de ma quête bibliophile et livrophage est Singapour, notamment sur le plan historique. À vos marque-pages, prêts ? Partez !

Tanamera de Noel Barber
Un pavé parfait pour la lecture au bord de la piscine, "Autant en Emporte le Vent" sur la terre rouge de Singapour... Des amours contrariées par la différence culturelle, des plantations,  des colons, des salles de bal et des parquets luisants, la guerre, des drames, la naissance de Singapour. Dans le genre mélo, une vraie réussite pour approcher légèrement l'histoire Singapour des années 30-60...



Dans la même veine que Tanamera, l'histoire parallèle de 3 jeunes gens, une Chinoise, un Indien et un Eurasien, dans le Singapour des années 30-50. Là encore de l'amour mais aussi de la politique et ses excès, la guerre et l'horreur de l'occupation japonaise, le droit des femmes et l'aliénation familiale, le colonialisme et la lutte pour l'indépendance. Une bonne occasion encore de découvrir l'histoire de Singapour.



The Gift of Rain de Tan Twan Eng
Un absolu coup de coeur pour cette histoire qui se déroule à Penang au moment de la WWII, une histoire d'amitié entre un jeune Eurasien et un maître japonais qui bascule dans le drame. Touchant et instructif sur le conflit mondial vu côté Asie.



The Thorn of Lion City de Lucy Lum
Ces mémoires racontent les souvenirs d'une jeune fille pendant la  seconde guerre mondiale.  Troisième d'une famille de 7 enfants, Lucy vit dans une famille chinoise traditionnelle répressive. Elle raconte sa vie sous le joug d'une grand-mère autoritaire et l'horreur de la guerre lors de l'occupation japonaise pendant laquelle, fait rare, son père, Chinois pourtant, travaillait comme interprète pour les Japonais. La plongée dans l'univers de la famille donne un éclairage brutal sur les relations parents/enfants et leur rapport à l'autorité.



The Red Thread de Dawn Farnham
Premier livre d'une trilogie (The Red Shallows et The Hills of SIngapore), c'est, sous couvert d'une histoire d'amour, le Singapour du 19e s. que l'on retrouve ici, au travers de l'évocation des relations entre colons et immigrants, du choc culturel et des interdits sociaux.








jeudi 14 février 2013

Stéréotype

Une route, 2 files, 1 rangée de voitures sur chacune d'entre elles. L'une souhaite changer de file, souhait bien légitime pour envisager avec sérénité et clignotants en appui l'emprunt d'une rue transversale. Voilà une situation pour le moins courante dans nos contrées civilisées où les moteurs ont remplacé la traction animale et où la vitesse nécessite un certain nombres de règles au nom on ne peut plus approprié de "conduite"... Un étrange phénomène se met alors en place : le véhicule situé à la même hauteur sur l'autre file, comme mû par un réflexe conditionné, accélère de manière à empêcher toute intrusion automobile dans son territoire (SA file) et à passer devant le conducteur malotru qui, le fou inconscient, aurait pu le précéder. Félicitations, vous venez de faire connaissance avec Monsieur Kiasu (ou Madame car il n'y a malheureusement, pour la gente féminine, aucun sexisme là-dedans). Kiasu, un terme difficile à traduire dont le sens premier en hokkien (un dialecte chinois) signifie plus ou moins "peur de perdre". Ce comportement n'est pas particulièrement lié à la voiture et, partageant en cela et à son insu certains traits avec nos amis parisiens utilisateurs du métro, Monsieur Kiasu peut tout à fait bousculer ses voisins pour rentrer le premier dans un MRT dont tous les sièges sont vides. Monsieur Kiasu ne va pas non plus vous tenir la porte, que vous soyez ou non chargé d'enfants et/ou de paquets, vous risqueriez d'arriver avant lui au buffet. Il en profitera d'ailleurs pour se servir plus qu'abondamment  de peur que les fried noodles viennent à manquer, quitte à infliger une famine temporaire aux autres gourmands et à ne pas pouvoir finir son assiette...  Irritant parfois, pas systématique heureusement (quoique sur la route...) mais surtout reflet d'une société dans laquelle la méritocratie est partie intégrante de la culture commune, Cette quête du meilleur pour l'individu a évidemment ses travers sur le plan social, ce que reconnaît le gouvernement. Voyez par exemple à ce propos propos du Livre Blanc de la Population qui vient d'être adopté par le Parlement (voir l'excellent article de Paris-Singapore ici). Les Singapouriens se qualifient eux-même de kiasu comme par exemple sur le site www.kiasuparents.com dans lequel des parents et des blogueurs partagent et échangent sur l'éducation, la scolarité et de nombreux autres sujets relatifs aux enfants. Des actions sont d'ailleurs régulièrement entreprises pour tenter d'insuffler davantage de civilité dans la société comme par exemple la création du Singapore Kindness Movement ou les campagnes de publicité dans les transports en commun comme en 2013 (Graciousness on Public Transportation) ou en 2010 celle des Dim Sum Dollies avec la regrettée Emma Yong ( Love Your Ride). Heureusement, comme pour tout stéréotype, la réalité vient régulièrement contredire le cliché et le partage d'un parapluie inconnu par temps de pluie ou un sourire dans la file du foodcourt me rappelle que oui, décidément, les Singapouriens sont sympas !

lundi 28 janvier 2013

Thaipusam #3

Je vous en déjà parlé plein de fois (ici,  et ) mais bon, la répétition fait aussi la vie d'un blog et j'apprécie tellement ce festival que je ne peux pas m'empêcher d'en parler. 
Donc hier c'était Thaipusam, les kavadis, les pots de lait, les langues percées, les piques, les chaussures à clous, les touristes à appareil photo (dont moi), les enfants des sus-dits touristes (pas les miens car le spectacle n'est vraiment pas approprié pour les enfants qui par définition sont impressionnables !), les saris jaunes, la musique et tout et tout... Cette année, planning dominical chargé n'aidant pas, je me suis contentée de me rendre au Chettiar Temple, temple d'arrivée de la procession, ayant laissé ma place au Mâle, béotien en la matière, pour aller assister à la mise en place des kavadis à Little India... Eh oui, dimanche oblige, j'ai passé la journée au bord de la piscine  je me suis sacrifiée  pour garder les enfants et laisser à mon cher et tendre l'occasion de découvrir Thaipusam qui, jusqu'à présent s'était toujours déroulé en semaine, et donc en totale inadéquation avec le planning de Monsieur de la BWU. L'atmosphère au Chettiar Temple est assez différente de celle du départ de la procession (Sri Srinivasa Perumal Temple) car la ferveur semble avoir laissé, en partie, la place à la fatigue. Dans le temple, des volontaires déversent les dizaines de litres de lait offerts par les pénitents dans une cuve et ce lait, sanctifié par le Dieu Murugan, est ensuite précieusement récupéré sous la forme d'un mélange douteux et grumeleux par les croyants qui se pressent qui pour en remplir une petite bouteille en plastique, qui pour s'en passer sur la tête... Les hommes arrivent totalement épuisés devant le temple, rendent hommage dans un dernier sursaut d'énergie  à Murugan avant d'aller se faire retirer les kavadis et les piques qui les ont transpercés pendant de longues heures. 
Impossible pour moi de prendre des photos des hommes que je sentais sur le fil du malaise, les yeux hagards et comme perdus dans un périple intérieur. 
La lune était pleine au dessus du Chettiar Temple quand je l'ai quitté et m'interrogeant alors sur la signification de cette date particulière, je me suis rendue compte que je ne vous avais pas encore raconté la légende. Vous n'y couperez donc pas : Thaipusam vient de Thai (le nom du mois tamoul) et Pusam, du nom de l'étoile au firmament pendant le festival. A cette date, Parvati (l'épouse de Shiva et de Ganesh) aurait donné à Murugan, le fils de Shiva, une lance sacrée pour vaincre le démon Soorapadman appartenant aux forces du Mal (les Asuras). Cet évènement se serait déroulé dans les jeunes années de Murugan ce qui explique pourquoi il est vénéré comme le "Child-God". Murugan évidemment est le plus fort (sinon il n'y aurait pas d'histoire !) et défait les forces du Mal. C'est cette victoire qui est célébrée au jour de Thaipusam. Dans les piques qui percent la langue des pénitents, on peut voir une allusion au Vel, la lance sacrée et de nombreux kavadis portent des plumes de paon, l'animal-monture de Murugan.


jeudi 13 décembre 2012

Coco, mon amie

Singapour sans sa passion pour la nourriture ne serait pas ce qu'elle est. Je laisse de côté la si fameuse "good seafood  uh ?" chère au coeur de nos hôtes gourmands qui sont capables de cibler leurs vacances en fonction des spots nutritifs accessibles pour me concentrer sur la noix de coco. Aaah la noix de coco, une fille sympa celle-ci, un peu échevelée certes mais bonne pâte vraiment. Sur le plan botanique (vous ai-je déjà dit que j'aimais les plantes ?), la noix de coco est le fruit du cocotier, fin, élancé, palmier de la famille des Cocoeae sans aucun lien avec l'UMP et leur fameuse commission de contrôle des élections. Si la bourre de la coco est grossière, elle n'en est pas pour autant vulgaire et et cache une noix tendre lorsqu'elle est immature au coeur liquide. Qui n'a jamais bu l'eau d'une coco verte prélevée in situ lors d'une marche harassante ne connaît pas le paradis même si, pour la survie de vos membres, il vaut mieux laisser à de vrais spécialistes l'ouverture à la machette de brousse. Frais et pur, ce liquide a des vertus isotoniques et nutritionnelles et peut être consommé notamment après des efforts. Outre le fait de vous hydrater, ce liquide sert de réserve d'eau pour la graine en train de se développer. Il ne faut pas confondre cette eau de coco (parfois appelée jus de coco) avec le lait de coco. Il est obtenu à partir de la coco mûre dont la pulpe, sèche et dure, est râpée puis pressée... et là on rentre dans le vif du sujet car le lait de coco est utilisé dans de nombreux plats asiatiques tels que le laksa (vous ai-je déjà dit que j'ADORAIS le laksa ?), le beef rendang, l'indian curry ou le pandang chiffon cake pour ne citer que quelques uns des plats typiques de Singapour. Si on ne peut dénier à ces plats des qualités gustatives, on ne peut pas non plus les qualifier de particulièrement "légers" car le lait de coco, ne nous voilons pas la face dans notre serviette tâchée, c'est malheureusement gras ! Et ce gras se trouve majoritairement sous formes d'acides gras saturés (ce qui est rare pour des graisses d'origine végétale qui sont en général plutôt insaturées), la bête noire des malheureux sujets au cholestérol. Pour autant des études ont montré que leurs effets sont néanmoins moins nocifs que ceux du beurre par exemple. Sur le plan purement calorique, les apports du lait de coco se situent entre ceux de la crème entière (35%) et légère (15%, source ici)  donc, pour voir le bon côté des choses, votre curry vert n'est pas plus gras que le poulet à la crème de Mamie Colette. Qui plus est, il existe du lait de coco allégé (Trim coconut milk) dont les qualités gustatives ne sont pas foncièrement différente du lait entier... Alors pourquoi s'en priver ? A vos currys, prêts ? Mangez !

mercredi 31 octobre 2012

Taoïsme, petit aperçu (religion #1)

Le 9-emperor-gods festival vient de se terminer (rappelez-vous, clic)  et les dieux ont repris la mer pour une nouvelle année, accompagnés par des centaines de croyants. Leur foi ? Le taoïsme. Avec ce fait et la simplification facile (et ignorante, mea culpa...) accolant culture chinoise et bouddhisme, la complexité du multiculturalisme de Singapour m'a une fois de plus sauté aux yeux. Taoïstes, bouddhistes ou confucianistes ? Difficile d'expliquer en quelques mots les caractéristiques et/ou les différences de ces 3 religions qui sont à la base de la culture chinoise. Pour ce billet, je me concentrerai (et ce sera bien suffisant) sur le taoïsme... 
Le taoïsme est une religion originaire de Chine (ce qui n'est pas pas le cas du Bouddhisme) dont les fondements sont apparus aux alentours du 6e s av. JC et dont le maître à penser est Lao-Tzeu. La doctrine du taoïsme basée sur le concept de "Tao", littéralement la "voie" et la force première de la vie. Le Tao est à l'origine de toutes choses et de leur cohérence. Pour les taoïstes, le monde est régi par un ensemble de lois immuables qui déterminent l'ordre naturel des choses. Les connaître, les comprendre et les suivre grâce aux enseignements taoïstes permet de vivre en harmonie avec le Tao ce qui est le but suprême de l'existence. C'est une religion polythéiste dans laquelle les ancêtres sont également vénérés. Pour les taoïstes, les bonnes actions sont toujours récompensées et la loyauté comme la piété filiale sont très importantes. Ainsi, donner de l'argent au temple ou subventionner un spectacle d'opéra pour le 9-Gods emperor Festival sera suivi de retombées favorables ce qui peut expliquer l'engouement des croyants à donner (à hauteur de leurs moyens). Le symbole du taoïsme est le taiji (le grand tout), le cercle associant le yin qui représente les forces négatives dont notamment la terre, la nuit ou la féminité (ben tiens !!!) et le yang qui représente les forces positives comme le ciel, la chaleur ou la masculinité (ben tiens !!! bis). Leur équilibre est la parfaite expression du Tao.

Les temples taoïstes les plus connus de Singapour sont le Thian Hock Keng Temple (qui inclue également des autels dédiés à Bouddha et à Confucius ; 158 Telok Ayer St. ) ou le Hong San See Temple ( 31 Mohamed Sultan Rd).

jeudi 27 septembre 2012

Le bel âge du Merlion


Le Merlion et moi avons une caractéristique qui n'est ni la crinière (quoique), ni le poil aux pattes mais l'âge ! 40 ans tous les 2, lui fête son anniversaire en septembre et moi, je l'ai fêté il y a quelques mois déjà, le 41e s'approchant dangereusement. Le Merlion est une création du Singapore Tourism Promotion Board datant de 1963 pour qu'il "soit à Singapour ce qu'est la Tour Eiffel à Paris" (sic). Choisi comme emblème touristique par le SPTB, il fut aussi son logo jusqu'en 1997. Le Merlion symbolise par sa tête de lion, l'étrange animal qu'aurait aperçu, selon la légende, au 12e s. le Prince Sang Nila Utama, fondateur de Singapour et surtout celui qui lui aurait donné son nom. Sa queue de poisson représente l'importance de la mer dans le passé et le développement de cette cité portuaire appelée autrefois Temasek, littéralement la cité de la mer. Stylisé, le Merlion est utilisé régulièrement comme logo officiel. Si vous y prêtez attention, vous remarquerez que son épaisse crinière est alors divisée en 5 parts, qui symbolisent, comme les 5 étoiles du drapeau les idéaux de la nation : paix, prospérité,  justice, égalité et démocratie. Si cette sculpture en appelle, par curiosité ou par goût à votre sens artistique, vous pouvez la contempler au Merlion Park (et faire une photo bien kistch si vous vous placez judicieusement par rapport au jet d'eau qu'elle exprime) en grand et en petit, ou sur Sentosa en beaucoup plus grand (impossible à rater).

Et puis aussi sur des tee-shirts, des parapluies, des biscuits, des chocolats, des stylos, des cartes postales, en miniatures, en porte-clés et même en clé-USB...  Bref impossible à rater !

PS : il y aurait une statue également devant le Singapore Tourism Board que personnellement je n'ai jamais remarquée.




jeudi 20 septembre 2012

Les rouages de la mécanique

Athi a la peau brune, des rides en soleil autour des yeux et, sous ses faux airs d'indien, il est malais et malaisien. Sous sa moustache, le sourire est toujours là, assorti d'un petit signe de la main pour me saluer et d'un mot gentil pour Eloi qu'il appelle "gorgeous" ou "handsome". Rien que pour ça, je l'aime beaucoup Athi. Il a un beau badge sur son uniforme car il est le chef de l'équipe des gardiens de notre condo mais ses vrais galons, il les a gagnés auprès des résidents car c'est le sauveur de toutes les petites situations inconfortables : évier qui fuit, porte coincée, prise récalcitrante, il est toujours disponible pour rendre service ou faire en sorte que le service soit rendu par un tiers.  Athi, c'est pour moi, l'une des personnes marquantes de mon condo et je croise les doigts tous les jours pour que la société qui l'emploie ne l'envoie pas vers une autre résidence. Pourtant, sa vie n'est pas facile et sa bonne humeur permanente n'en est plus que remarquable : comme des milliers de Malaisiens, Athi traverse la frontière pour venir travailler et/ou repartir dans sa famille et pour lui, ce sont près de 3h de transport pour rejoindre son poste. Sa situation, pour n'être pas très agréable, n'est en pas moins chose courante car les forces laborieuses de Singapour sont constituées à 30% (la source est ) de non-résidents (comprendre ni Singapouriens, ni Permanent-Residents). Parmi ceux-ci figurent évidemment les expatriés mais aussi les travailleurs étrangers (hors FDW, c'est-à-dire la population des helpers) dont notamment les Malaisiens mais aussi les Indiens et Pakistanais qui font fonctionner les chantiers de construction de la cité-Etat. Si ces derniers sont logés dans des baraquements pour le moins sommaires et véhiculés quotidiennement dans de petits camions très caractéristiques, les Malaisiens n'habitant pas trop loin de la frontière franchissent quotidiennement les check-points de Woodlands ou Tuas qui sont organisés pour faciliter leur passage grâce par exemple à une file dédiée aux 2-roues ou une file réservée aux bus qui desservent les 2 pays et tout spécialement utilisés par les travailleurs. Rien d'étonnant à cette immigration quotidienne générée notamment par 2 facteurs : 
1) le bas niveau des emplois occupés : beaucoup de ces travailleurs remplissent des fonctions qui ne sont pas recherchées par les résidents singapouriens.
2). Le coût du logement à Singapour qui contraint ces salariés à revenu faible ou modéré à habiter en Malaisie où le niveau de vie est moindre.
A toutes ces petites mains qui, comme Athi, construisent ou contribuent au bon fonctionnement de Singapour, je dis merci.


mardi 18 septembre 2012

A toute vitesse

Il est des sports que je pratique comme le footing, la natation ou le tennis (attention, je n'ai pas dit que j'étais douée...), des sports que j'aime regarder à la télé comme l'athlétisme, le rugby et puis il y a des sports dont je ne comprends pas l'intérêt. Les courses de Formule 1 en font partie. Des voitures hyperpuissantes mais extrêmement bruyantes, conduites par des types dont on ne voit ni le visage, ni le corps, tournent à toute vitesse en boucle sur un circuit sans aucune variété si ce n'est quelques diverticules bitumés, et essaient de se doubler en appliquant de sombres et fumeuses stratégies automobiles, aidés en cela par une armée de fourmis industrieuses porteuses de pneus et de ravitaillement en tout genre. Je ne parle même pas de la pollution associée aux nuisances sonores et olfactives. Vous l'aurez compris, la F1 ce n'est pas ma tasse de thé et pourtant, difficile de passer à côté en ce moment à Singapour. Le Grand Prix de Singapour existe sous sa forme moderne depuis 2008 mais a traversé les époques en pointillés depuis 1961. A sa (re)-création en 2008, le Grand Prix de Singapour était la seule course nocturne (peut-être est-ce encore le cas) du circuit de la FIA-F1 de manière à ce qu'elle puisse être retransmise, aux heures de grande écoute, par les médias occidentaux.  Par conséquent, des projecteurs surpuissants éclairent la piste permettant aux pilotes d'y voir comme en plein jour et offrant ainsi un très beau spectacle d'illuminations nocturnes. En marge de la compétition qui se déroule du 21/09 au 23/09, c'est l'industrie du tourisme qui fait son huile de vidange beurre de l'afflux des aficionados du moteur à explosion depuis les séances d'essai jusqu'à la course elle-même. La diversification est de mise et, pour sortir des ornières profondes du sexisme automobile et/ou du non-jeunisme des spectateurs, des animations se déroulent en parallèle dans la zone de la Marina et du quartier colonial (enfin, pas sur le circuit quand même !). Pas de doute, elles sont visiblement très bien choisies pour ratisser large (voir l'éventail ici). Il y a du son pour attirer l'adolescent (Katy Perry), la midinette asiatique (Jay Chou de Taiwan, grande vedette si si et professionnel du jeté de coude bourre-pif : allez voir ici, c'est cadeau !!), du quarantenaire branché (Noel Gallagher) ou du nostalgique des eighties (Pretenders) et bien d'autres artistes encore. Il y a des shows humoristiques ou de magie pour faire venir les familles et des filles à poil à plumes pour allécher le badeau.  Des performances / installations artistiques complètent le tableau car, c'est bien connu, les spectateurs de la F1 sont  bourrinsés de sensibilité et perméables à la beauté. Bref, rien n'est laissé au hasard pour que toutes les tranches d'âge et toutes les catégories socio-professionnelles trouvent un intérêt à venir dans le quartier. Les hôtels ne sont pas en reste et leurs tarifs s'envolent, allant jusqu'à doubler et, malgré cette inflation, de nombreux hôtels sont déjà pleins, la demande étant plus importante que l'année dernière. La raison peut en être imputée au spectacle lui-même mais aussi au fait qu'il s'agit de la 5e édition du Grand Prix de Singapour, 5 ans étant l'échéance du contrat conclu entre Singapour et les instances de la F1.L'année prochaine, rien n'est encore acquis : le déroulement, le lieu ou la forme, tout cela est encore dans l'expectative. 
Alors si vous êtes férus de course automobile, une petite nuit au Swisshotel Stamford qui, comme le Marina Mandarin ou Fairmont, domine le circuit vous coûtera la bagatelle de1250 $ la nuit pour un minimum de 3 nuits... Une paille ! Boire un verre en regardant les véhicules tourner au 1-Altitude UOB, au KuDéTa  ou au New Asia Bar sera nettement moins onéreux mais les places seront convoitées car il s'agit des spots les plus connus. Selon les médias singapouriens, les 4 précédents Grands Prix auraient rapporté plus de 560 millions de $, une manne pour l'industrie du tourisme... Alors compétition sportive ou pompe à fric, je vous laisse juges...


jeudi 13 septembre 2012

Vocabulaire légendaire

Pareidolie, un joli mot à l'origine de l'une des légendes qui accompagne le Mooncake Festival  sur le point de débuter. Une pareidolie consiste à associer un stimulus visuel ou auditif à respectivement, une forme déterminée ou un son spécial. Dans le cas qui nous intéresse, c'est dans la Lune et les ombres qui la décorent que certains ont cru discerner la silhouette d'un lapin en train de broyer dans un mortier des herbes médicinales. On raconte que le lapin de Jade est l'animal de compagnie de la belle Chang'Er (rappelez-vous ici), exilée sur le satellite pour avoir volé la pilule d'immortalité de son amant. C'est évidemment à la pleine Lune qu'il faut rechercher dans les lacs et les cratères l'ombre du petit rongeur... En attendant, le Mooncake Festival battra son plein du 16 septembre au 14 octobre, notamment dans les rues de Chinatown mais les gourmands (enfin... ceux qui aiment) ont déjà commencé à faire leurs provisions à la Mooncake Fair de Ngee Ann City. On peut tout goûter avant d'acheter et je soupçonne certains de venir y faire leur repas ou leur goûter, le mooncake étant par nature plus que bourratif et nourrissant.

PS : Comme chaque année, différentes manifestations se dérouleront pendant 1 mois à Singapour comme les illuminations des Chinese Gardens, le défilé des lanternes et le marché de Chinatown (tous les détails ).

jeudi 19 avril 2012

Qing Ming

Les Chinois disent qu'il y a 5 bonheurs dans la vie : la longévité, la richesse (oui il s'agit bien de Chinois), la santé, la vertu (au sens de l'esprit) et... la mort naturelle. Je ne suis pas tout à fait d'accord : il y aussi, les enfants (enfin de temps en temps au moins), l'amour d'un Mâle (quand il ne joue pas avec son iPhone en tout cas), la mani-pédi avec ses copines, le rosé sur la terrasse un soir d'été, le saucisson et aller traîner dans le rayon Papeterie de Popular mais je m'égare... Bref pas funky de décéder de maladie ou sous les roues d'une voiture, il faut mourir dans son lit, entourés des siens, au terme d'une longue et belle vie ! D'ailleurs, après quelques mois passés dans la culture chinoise ou, à tout le moins, ce qui y ressemble ici, je constate qu'être mort c'est sérieux et hyper intense. Etre mort, ce n'est pas la fin mais le début d'une nouvelle ère et la forme doucement ovoïde des tombes figure celle de l'utérus maternel, une renaissance en quelque sorte. Dans le paradis qui n'en est pas vraiment un mais plutôt un au-delà, les morts doivent pouvoir mener la belle vie ! La famille doit donc fournir aux décédés tout ce dont ils ont auront : de l'argent, des maisons, des sièges massants, des voitures, un téléphone, une maid, un chauffeur, des bijoux, des beaux vêtements... Tout cela, en papier, est brûlé, à l'occasion des différentes célébrations. D'ailleurs être mort, c'est un boulot à plein temps : les fantômes chanceux doivent récupérer le paper money pour aller jouer au mah-jong dans des baltringues surnaturels, donner des coups de fil à leurs potes spectraux ou frimer dans leur Mercedes éphémère devant leurs copains qui n'ont eu qu'un vélo ; ceux qui sont délaissés n'ont plus qu'à se venger et aller hanter la Terre pour récupérer ce qui leur manque et terrorriser les vivants. Pas un instant de répit !!  Pendant Qing Ming (20 jours autour du 5 avril), l'équivalent de notre Toussaint automnale sous une température équatoriale, les familles viennent visiter les tombes, les nettoyer et pique-niquer sur place. Des offrandes sont faites qui ne ravissent pas que les esprits mais nourrissent également fourmis et oiseaux. C'est un moment de regroupement familial pendant lequel il est de bon goût d'amener à manger mais surtout pas trop bon pour ne pas attirer les autres esprits sûrement pas très sympathiques !!! Partage certes mais sans risques !

vendredi 10 février 2012

Thaipusam (après)

Cette année, je n'ai pas suivi la procession le long des 4,5 km entre les le Sri Srinivasa Perumal Temple et le Chettiar Temple. J'ai juste assisté à la mise en place des kavadis dans le premier temple au son des chants et des instruments de musique. J'ai déambulé au milieu des objectifs photos et des familles venues encourager les croyants. J'ai dû me faufiler entre des Allemandes suantes et des Chinois équipés d'objectifs gigantesques. J'ai vu des mamans expats avec leurs enfants regarder des hommes se faire transpercer la langue ou la peau du dos. J'ai photographié des Indiennes embijoutées et jolies comme des Princesses des Mille et Une Nuits. J'ai regardé les hommes passer avec leur fardeau, mêlée à la foule de Little India, en grignotant des petites friandises offertes par le temple. Ambiance inracontable, extrême et à la fois bon enfant. Encore une fois, je me suis sentie totalement transportée par cette cérémonie unique en son genre et aujourd'hui interdite en Inde.

lundi 6 février 2012

Actualité (une fois n'est pas coutume)

"12. Les participants ne sont pas autorisés à se transpercer le corps avec des crochets que ce soit pour tirer un chariot ou pour y accrocher des objets tels que des noix de coco ou d'autres fruits, des bouteilles de lait ou des images encadrées. Seuls les petits citrons, les "limes" et de petits pots de lait sont les seuls à pouvoir être accrochés sur le corps."

"13. Les Kavadis ne peuvent être décorés que de symboles religieux ou traditionnels tels que les plumes de paon, des fleurs, des cloches [...] et des photographies religieuses, des dessins, des peintures et d'autres pièces relatives à Thaipusam. Les exemples de décorations non autorisées incluent les emblèmes de clubs de football, des crânes, des squelettes et des images [...] autres que celles des dieux hindous relatifs à Thaipusam."

Extraits des règles de conduite du festival de Thaipusam 2012 (l'article de l'année dernière est ici)... Sachez que malgré ces "restrictions", le spectacle reste assez impressionnant et qu'y emmener des enfants n'est pas vraiment recommandé. Néanmoins, c'est un événement extrêmement fort émotionnellement que je vous conseille d'aller voir, le tout dans le respect des participants, transportés par leur foi. 

C'est demain toute la journée, mardi 7 février, entre le Sri Srinivasa Perumal Temple (397 Serangoon Rd, lieu où les participants se préparent) et le Chettiar Temple (15 Tank Rd).
Peut-être vous y croiserais-je...

lundi 23 janvier 2012

Long Xin Nian Kuai Le !

Nous sortons à peine des agapes du nouvel An et de la Galette que l'année du Dragon pointe son museau. Le dragon est le signe roi, le symbole de l'empereur, l'ancêtre de tous les Chinois et le seul animal mythologique dans la succession des 12 animaux du zodiaque. Selon les croyances traditionnelles, le dragon est le signe le plus puissant du zodiaque ce qui laisse présager un babyboom dans la communauté chinoise. Le dragon a du caractère, c'est le moins que l'on puisse dire. Il a de l'ambition, de la niaque et n'hésite pas à prendre des risques pour réaliser ses ambitions. Pour autant, le dragon n'aime pas montrer ses faiblesses et demander de l'aide ne lui est pas naturel. Dur à la peine et à la tâche, il lui est recommandé de pratiquer des sports tels que le yoga ou la marche pour se relaxer le corps et l'esprit. D'une manière générale, le dragon aime mieux diriger qu'être dirigé et mieux vaut lui laisser cette latitude tant sur le plan professionnel que personnel sous peine d'en subir les conséquences... Nous sommes personnellement pourvus d'un jeune dragon et pouvons vous affirmer d'expérience que certaines des caractéristiques censées appartenir à ce magnifique animal sont parfaitement incarnées dans notre jeune Solène... et quand je pense que l'adolescence ne fait que commencer....

jeudi 15 décembre 2011

Taxis

Une légende urbaine raconte qu'à Singapour les taxis sont bon marché... Faux ! Certes bien moins cher qu'en France mais leur coût est loin d'être négligeable en usage régulier. Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur les différentes catégories de tarif qui méritent un post à elles seules mais sachez qu'actuellement la colère gronde car les prix viennent d'augmenter. Alors petit retour sur mon expérience des taxis singapouriens.
Sur l'île, ce sont 25 000 taxis qui sillonnent le pays : rouge, bleu, jaune, blanc selon la compagnie, ils ont sur leur toit un petit affichage lumineux : vert, le chaland peut se mettre à agiter mollement sa main sur le bord de la route et le chauffeur envisager de s'arrêter ; rouge : le taxi est déjà utilisé ou réservé, inutile de se fatiguer, on peut garder sa main dans sa poche en scrutant l'horizon et le prochain signal vert. Mais attention, pas si simple que ça d'attraper un taxi car le chauffeur n'est pas toujours conciliant...
Exemple 1 : il est 16h00, vous partez chercher votre enfant à une quelconque activité sportive que, bêtement, vous n'avez pas choisi à distance piéton-compatible (car comme vous n'êtes pas une vrai tai-tai, vous n'avez pas de voiture) ; les signaux verts défilent mais ne s'arrêtent pas, malgré votre bras tendu dont l'agitation annonce une hystérie grandissante car le coach poireaute déjà, seul avec votre enfant au bord du terrain/de la piscine... Dommage, c'est l'heure du changement d'équipe ("shift"), mauvaise pioche, ils ne s'arrêteront pas, prenez le bus !
Exemple 2 : il est 22h00, vous devez retrouver des amis dans un bar et, pressentant une consommation de spiritueux et connaissant le peu de flexibilité des autorités singapouriennes quant au degré d'alcool dans le sang, vous décidez de faire appel à nos amis les taxis. Vous vous placez judicieusement à un endroit stratégique censés regorger de taxis, vous vérifiez qu'il n'y a pas quelqu'un 50 m en amont de vous qui pourrait vous piquer votre véhicule, vous agitez gracieusement votre jolie main... Echec total : on vous ignore superbement, y compris quand vous venez frapper à la vitre d'un taxi (signal vert) arrêté au feu. Les chauffeurs préfèrent à cette offre spontanée de course un parcours erratique dans les rues en attendant le toujours plus lucratif "phone booking" soient 2,50 ou 3,50$ qui s'ajoutent au prix de la course. Sachant que ce phone booking ne viendra peut-être pas avant 2h, la logique commerciale du chauffeur de taxi laisse perplexe... Dans ce cas, vous pouvez traiter de tous les noms d'oiseaux ces chauffeurs mal-aimables qui s'appliquent surtout à ne pas croiser votre regard courroucé et il ne vous reste plus qu'à prendre le MRT.
Exemple 3 : vous avez rendez-vous avec quelqu'un d'important, vous êtes joliment habillé(e) avec des chausssures qui ne sont pas des tongs en plastique. Vous aviez prévu d'y aller en taxi et même de le réserver 10 min avant votre départ (merci le SMS booking). Mais, mais, mais... il pleut ! Dans ce cas, pas un taxi libre en vue et l'opératrice finit en général par renvoyer un message du type : "there is no available taxi in your area, please try again in 10 min". Raaah, vous serez donc en retard, vous aurez tout cochonné votre joli pantalon avec l'eau des trottoirs, voire aurez subi un petit éclaboussement en règle de la part d'un chauffeur de bus indélicat (vous ai-je déjà parlé des chauffeurs de bus, ces êtres courtois et raffinés ?) et arriverez suant et soufflant, des auréoles de sueur sous les bras (car ce n'est pas parce qu'il pleut qu'il ne fait pas chaud), à votre rendez-vous qui lui considèrera d'un air un peu entendu votre tenue négligée...
Exemple 4 : après une folle soirée se terminant à une heure extrêmement tardive (genre 9h30-9h45), vous arrivez réussi à amadouer un taxi (cf ex 2) pour qu'il vous prenne alors qu'il rentre chez lui. Vous avez fait vos yeux de cocker, éventuellement mis en avant les attributs physiques dont vous disposez, et expliqué que vous habitez sur sa route, qu'il peut vous lacher très facilement sans se détourner : il cède dans son immense mansuétude et vous laisse monter dans son véhicule à l'odeur indéfinissable. Ah, vous êtes dedans, soulagée d'être enfin assise sur ces sièges en skaï qui ont connu des jours meilleurs et là, l'interrogatoire commence : Pourquoi êtes-vous toute seule ? Qui s'occupe des enfants (sous-entendu mère indigne) ? Vous travaillez ? Non ? et votre mari, il fait quoi ? Et vous avez des enfants ? Combien ? Ah, 2 garçons (la fille on s'en fout de toute façon), c'est bien.....  OK, n'en jetez plus, vous pouvez me droper là, je vais finir à pied...

Alors, les taxis, solution de facilité ???? A vous de juger...

vendredi 9 septembre 2011

Mid-Autumn Festival

Récurrence des fêtes, c'est bientôt le mooncake festival, la lune sera pleine et on partagera des gâteaux en famille sous l'astre blond...
Si les festivités se répètent bien évidemment d'année en année, la non-concordance de notre calendrier avec les calendriers lunaires chinois ou hindous fait que les dates évoluent. Cela change du sempiternel 25 Décembre ! De ce fait, à peine la rentrée digérée, il faut se lancer sur les mooncakes et autant vous dire que votre foie doit être bien accroché ! Certaines de mes connaissances sont capables de déguster sans faiblir un voire deux mooncakes par jour mais pour la majorité des mortels, un quart est suffisant soit au regard d'une éventuelle surcharge pondérale, soit d'un système digestif normal. Les puristes mangeront les double-yolks (pâte plus ou moins sablée avec un coeur fait de pâte de lotus et 2 jaunes d'oeufs salés), les petits rigolos d'expats se contenteront plutôt des snow-skins, plus petits et à l'enveloppe blanche ou colorée un peu collante. Pour les curieux, l'observation de l'effervescence au B2 de Ngee Ann City, lieu de la mooncake fair, est une plongée dans la tradition revisitée. Tous les hôtels et les grandes marques sont là pour vendre, à prix d'or, des boîtes de mooncakes aux parfums variés et on peut TOUT goûter! Des petits cure-dents embrochants de minuscules morceaux de gâteaux attendent le chaland, chocolat comme durian offerts au palais. Je me suis contentée d'y assouvir mon appétit de photos. Et puis, pour les petits, un stand offre, pour un coût minime (ça doit compenser le prix des mooncakes), plein de lanternes traditionnelles ou kitsch ! Bonne fête de la Lune !

mercredi 24 août 2011

Hungry Ghosts Festival

Pendant le 7e mois lunaire, les Portes de l'Enfer s'ouvrent et les esprits reviennent errer dans nos contrées terrestres, potentiellement dans des humeurs pas franchement chaleureuses. Pour parer à tout problème entre vivants et fantômes, les Chinois se mettent en quatre pour leur fournir bienfaits et amusements. Des repas leurs sont offerts dans les maisons ou dans les commerces car, c'est bien connu, un ventre plein perd son agressivité. Du paper-money est brûlé en abondance pour qu'ils puissent s'acheter tout ce dont ils ont besoin dans l'autre monde. Enfin, pour leur éviter l'ennui et ainsi toute occupation malsaine, ils sont distraits par des spectacles ou getai. Le premier rang est toujours réservé aux esprits, VIP de l'au-delà. Gare à l'imprudent qui voudrait s'y asseoir pour observer de plus près les artistes. Spectacle traditionnel, le getai, autrefois opéra chinois, est devenu une sorte de show à paillettes, très ABBA-style, avec chanteuses court-vêtues et ryhtmes pop, voire même lap-dance ! Les fantômes peuvent donc en plus se rincer l'oeil...
Et pour voir à quoi cela essemble en "vrai",  le film de Royston Tan "881", un petit bijou de kitscherie, récit d'une histoire d'amitié sur fond de compétition artitistique, que nous avons loué il y a quelques mois en DVD. So nice lah !



PS : pour un peu plus de détail, cet article du Petit Journal.

lundi 9 mai 2011

Elections

Samedi, c'était jour d'élections pour renouveler les députés du Parlement. Plus de 2 millions de Singapouriens devaient (obligatoirement) voter. Depuis 10 jours, durée officielle de la campagne, les déclarations politiques habillaient les pages des journaux. Déclarations assassines, belles promesses et attaques en règle par voie de presse interposée fournissaient la base des conversations des futurs électeurs. Les panneaux des candidats tous identiquement habillés de blanc fleurissaient dans les différentes circonscriptions, les GRC (Group Representation Constituencies).
Consitutionnellement, le multipartisme existe mais, dans les faits, le PAP, People's Action Party, principal acteur de la création de Singapour, domine la vie politique depuis l'indépendance. Les partis de l'opposition peinent à faire entendre leurs voix. Pourtant, le 7 mai marque un jour historique car pour la première fois, le PAP bien que victorieux, enregistre son score le plus bas (60,14% des voix) à ce jour et a perdu une circonscription au profit du Worker's Party. Parallèlement, le PAP perd également 2 de ses ministres qui n'ont pas été réélus dans les GRC, l'élection au Parlement étant une condition sine qua non de la fonction de ministre. C'est en particulier George Yeo, ministre des Affaires Etrangères qui devra quitter le gouvernement.
La répartition des sièges à la Chambre des Députés est donc désormais de 81 sièges pour le PAP et de 6 pour le Worker's Party auxquels pourraient s'ajouter 2 sièges NMCPs (= sièges attribués d'office à l'opposition).

Petit décryptage du fonctionnement politique du pays :  Singapour est une république démocratique au régime parlementaire à une seule chambre. Celle-ci détient le pouvoir législatif. Ses membres sont élus dans les GRC, circonscriptions électorales.  Le président de la République est le chef d'Etat et le 1er Ministre, le chef du gouvernement. Le poste de Mentor Minister, sans équivalent dans d'autres pays, est occupé par le père fondateur de Singapour, Lee Kuan Yew et également père de l'actuel Premier Ministre.

mercredi 4 mai 2011

Fait chaud....

En France, comme je l'imagine dans beaucoup de pays au climat changeant, la météo est un sujet récurrent. Parler de la pluie et du beau temps, c'est quasiment une obligation sociale. On en discute avec son voisin par dessus la haie qui sépare les potagers. On en dit un petit mot, emmitouflé dans son écharpe avec un(e) parfait(e) inconnu(e) dans la file d'attente du cinéma. On échange ses considérations météorologiques et leurs effets sur les virus avec les autres mères chez le médecin. C'est aussi un moyen de mettre en avant ses convictions écologiques en reliant toutes les catrastrophes naturelles avec le réchauffement climatique. Enfin, c'est le recours ultime pour rallumer le flambeau d'une conversation qui s'éteint. Bref la météo, nous avions l'habitude de la manger à toutes les sauces mais depuis que nous sommes arrivés à Singapour, la donne a changé. Evidemment, sur l'équateur (ou presque), les jours se suivent et se ressemblent avec le schéma de base suivant : il fait chaud (tout le temps), il pleut violemment (souvent) et il fait à peu près beau le reste du temps.
L'avantage c'est que le webmaster du site de la météo locale (weathercity.singapore) n'a pas besoin de se creuser la tête pour trouver des icônes météo. Il n'y en a qu'une qui sert, celle du "nuageux avec risques d'orages"!!!
Le vrai truc qui change et qui rend, pour certains, la vie difficile, c'est le taux d'humidité de l'air qui varie en moyenne entre 70% et 85% environ et influe fortement sur la température ressentie par le corps. Des canadiens ont travaillé sur cette température qui peut être calculée grâce à une formule et appelée HUMIDEX. Par exemple, aujourd'hui pour une valeur de 26 degrés et 88.8% d'humidité, la température ressentie est 37 degrés et il est recommandé de boire si l'on travaille.... Allez donc calculer pour voir comment c'est chez vous (il faut quand même un minimum de 40% d'humidité).
Du coup on comprend bien mieux pourquoi la moindre promenade hors circuits climatisés conduit à la production de litres de sueur et pourquoi passer l'aspirateur s'apparente davantage à une épreuve du décathlon qu'à une activité ménagère. Malgré tout, beau (ou presque) et chaud, moi ça me va (surtout que je ne travaille ni en extérieur, ni dans le bâtiment !). J'ai laissé pour quelques mois ou années le froid et la grisaille et je ne boude pas mon plaisir. Je passe donc sous silence les tongs qui moisissent et les placards odorants de la cuisine pour me concentrer sur ce climat qui me permet d'être en tee-shirt tous les jours et d'économiser sur la crème hydratante !