Lorsque j'ai appris que nous partions à Singapour, je ne savais pas très bien le situer sur une carte et je n'étais pas non plus très sûre qu'il s'agissait d'un pays à part entière ou d'une petite extension de la péninsule malaise. J'avais par contre plein de préjugés complètement idiots comme quoi il n'y avait que de la ville et du béton alors que non, Singapour est verte, bien verte, si verte... Aujourd'hui, 3 ans d'Asie du Sud-Est et une formation de guide de musée plus tard, je peux vous parler des relations historiquement difficiles avec la Malaisie et parfois l'Indonésie (merci le haze de 2013 mais en 2010, il y en avait aussi !), les 2 gros voisins, des larmes de Lee Kuan Yew lorsque Singapour a quitté en 1965 la Fédération de Malaisie, abandonnant au passage le "SI" de Singapore à la Fédération qui de Malaya passa alors à Malaysia. Je peux expliquer le multiculturalisme par l'aspect transitoire de la population historique de Singapour et qui se manifeste tant dans la cuisine, le système politique par l'influence britannique, l'essor du port par la position stratégique de l'ile et la vision de certains et l'importance de la main d'oeuvre étrangère dans ce pays qui s'enorgueillit à juste titre d'une croissance exemplaire, même en temps de crise. A notre arrivée, j'ai commencé avec beaucoup d'énergie et de sueur par le début du commencement de la découverte avec les activités touristiques de base : Merlion, zoo, Little India ou Chinatown, je les ai explorées, Eloi en bandoulière, en bus et appareil photo au poing. A cette époque, Marina Bay Sands n'était pas terminé et ION venait de sortir de terre, autant dire que c'était la Préhistoire. Peu à peu, je suis devenue plus sélective et me suis appropriée des endroits un peu moins évidents, plus proches de la vie des vrais gens... Waterloo Street, Rochor Centre, Sungei Buloh, Mac Ritchie Reservoir, Bright Hill Complex, Bukit Brown Cemetery par exemple, je les ai pris pour moi, comme des lieux spéciaux qui me touchaient à chaque fois que j'y retournais. Ceux-là, j'en ai même fait un tour de 3 jours pour que, maintenant que je m'en vais, il y ait d'autres personnes qui aillent les aimer à ma place. J'ai essayé de comprendre et j'ai partagé avec vous mes découvertes sur la culture chinoise, indienne ou malaise. Je n'ai pas raté un seul Thaipusam pour être sûre de vibrer avec les croyants que la foi transcendent, j'ai expliqué tous les Chinese New Year... Je suis allée manger à tous les rateliers, ai découvert le poisson cru, me suis régalée de laksa et de mango sago... Bref, je me suis immergée avec bonheur et puis je me suis un peu essouflée dans ma découverte du nouveau qui ne l'était plus, si nouveau. Alors je vous ai concocté des petits circuits touristiques dans la ville car je pensais que cela pourrait vous aider, avec Tata Ginette et les enfants. Je vous ai raconté mes vacances pour vous faire rêver (ou pas) des rizières de Bali, les plages idylliques de Malaisie, des eaux boueuses du Mékong, des kangourous australiens, des tarsiers philippins ou de mon camping-car néo-zélandais. Peu à peu, j'ai commencé à vous parler davantage de moi et de ma vie, de mes pseudo-aventures qui ne faisaient rire que moi, de ma nullité en shopping, de mes accidents de tongs, de mes ratés de week-end et de mes relations avec les agences de voyage (une cause définitivement perdue), parfois aussi de mes petits coups de blues quand le départ est devenu une dure réalité. Je vous ai parlé du hasard qui fait de jolies choses et de gens généreux qui vous font partager leur culture sans contrepartie, fait part des belles rencontres que j'ai faites, de la découverte de la communauté des blogueurs qui m'ont appris plein de gros mots comme FTP ou flux RSS. Au fil des billets qui composent ce blog, c'est une tranche de ma vie que je vois défiler, un gros bout de gâteau même. J'y vois une vision de Singapour qui a évolué en même temps que moi je m'adaptais et prenais mes marques dans cette première expatriation. Singapour est aujourd'hui un endroit que je quitte avec tristesse, celle de ne pas être sûre d'y revenir, celle de ne pas être sûre de revoir ceux que j'ai connus et appréciés ici, celle de quitter mon "chez moi"...
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jeudi 11 juillet 2013
dimanche 10 février 2013
Gong Xi Fa Cai !
L'année du Serpent vient de s'ouvrir. Point d'Adam et Eve ici, ni de tentation, avoir un Serpent chez soi est synonyme d'abondance de nourriture et celle-ci ne viendra jamais à manquer dans la famille. Point de ruse ou de perfidie, les Serpents sont censés être sages, avisés et intelligents. Pendant l'année du Serpent d'eau, la crise semble malgré tout être passée par là et il faudra penser à l'épargne et être économe. En plus de ces perspectives peu riantes, il semblerait que la désillusion et la déception soient courantes lors de l'année du Serpent et vous aurez donc intérêt à surveiller vos arrières pour toute nouvelle entreprise... En même temps, personne ne vous force à le croire... alors quoi qu'il en soit
Gong Xi Fa Cai !!!
lundi 28 janvier 2013
Thaipusam #3
Je vous en déjà parlé plein de fois (ici, là et là) mais bon, la répétition fait aussi la vie d'un blog et j'apprécie tellement ce festival que je ne peux pas m'empêcher d'en parler.
Donc hier c'était Thaipusam, les kavadis, les pots de lait, les langues percées, les piques, les chaussures à clous, les touristes à appareil photo (dont moi), les enfants des sus-dits touristes (pas les miens car le spectacle n'est vraiment pas approprié pour les enfants qui par définition sont impressionnables !), les saris jaunes, la musique et tout et tout... Cette année, planning dominical chargé n'aidant pas, je me suis contentée de me rendre au Chettiar Temple, temple d'arrivée de la procession, ayant laissé ma place au Mâle, béotien en la matière, pour aller assister à la mise en place des kavadis à Little India... Eh oui, dimanche oblige, j'ai passé la journée au bord de la piscine je me suis sacrifiée pour garder les enfants et laisser à mon cher et tendre l'occasion de découvrir Thaipusam qui, jusqu'à présent s'était toujours déroulé en semaine, et donc en totale inadéquation avec le planning de Monsieur de la BWU. L'atmosphère au Chettiar Temple est assez différente de celle du départ de la procession (Sri Srinivasa Perumal Temple) car la ferveur semble avoir laissé, en partie, la place à la fatigue. Dans le temple, des volontaires déversent les dizaines de litres de lait offerts par les pénitents dans une cuve et ce lait, sanctifié par le Dieu Murugan, est ensuite précieusement récupéré sous la forme d'un mélange douteux et grumeleux par les croyants qui se pressent qui pour en remplir une petite bouteille en plastique, qui pour s'en passer sur la tête... Les hommes arrivent totalement épuisés devant le temple, rendent hommage dans un dernier sursaut d'énergie à Murugan avant d'aller se faire retirer les kavadis et les piques qui les ont transpercés pendant de longues heures.
Impossible pour moi de prendre des photos des hommes que je sentais sur le fil du malaise, les yeux hagards et comme perdus dans un périple intérieur.
La lune était pleine au dessus du Chettiar Temple quand je l'ai quitté et m'interrogeant alors sur la signification de cette date particulière, je me suis rendue compte que je ne vous avais pas encore raconté la légende. Vous n'y couperez donc pas : Thaipusam vient de Thai (le nom du mois tamoul) et Pusam, du nom de l'étoile au firmament pendant le festival. A cette date, Parvati (l'épouse de Shiva et de Ganesh) aurait donné à Murugan, le fils de Shiva, une lance sacrée pour vaincre le démon Soorapadman appartenant aux forces du Mal (les Asuras). Cet évènement se serait déroulé dans les jeunes années de Murugan ce qui explique pourquoi il est vénéré comme le "Child-God". Murugan évidemment est le plus fort (sinon il n'y aurait pas d'histoire !) et défait les forces du Mal. C'est cette victoire qui est célébrée au jour de Thaipusam. Dans les piques qui percent la langue des pénitents, on peut voir une allusion au Vel, la lance sacrée et de nombreux kavadis portent des plumes de paon, l'animal-monture de Murugan.
jeudi 3 janvier 2013
Bonne Année !
Sachant que nous avons survécu à la fin du monde programmée en 2012, 2013 s'annonce sous des cieux plus auspicieux ou en tout cas, on l'espère... A tous mes lecteurs, proches, familiers ou inconnus, je souhaite une année 2013 haute en couleurs, pleine de bonheurs et riche de saveurs !
jeudi 11 octobre 2012
9 Gods-Emperor Festival
Les taoïstes commencent à célébrer en ce moment le 9 Gods-Emperors Festival (Rappelez-vous, je vous en avais déjà parlé là et je vous fais donc grâce de la petite histoire). Toujours grâce à mon petit monsieur du service de maintenance de la clim', j'ai cette fois été invitée à la cérémonie pendant laquelle les dieux sont censés arriver par la mer avant de rejoindre le temple. Là encore, j'étais la seule étrangère dans ce temple perdu de Defu Lane 12 et pourtant personne ne me regardait de travers. J'étais là avec juste mon petit appareil photo (au lieu de mon reflex habituel car à qui on dit "Merci d'avoir oublié la batterie de l'appareil qui fait les belles photos avec le télé-objectif qui va bien" ? On dit Merci le Mâle !) à déambuler au milieu de tous ces gens vêtus de blanc et jaune. Mon guide improvisé m'avait fait promettre de manger végétarien pendant la journée pour avoir droit le rentrer dans le temple et j'avais suivi dans la journée un excellent quoique très non bouddhiste régime à base de dhal, de palak paneer et de naans... Vers 20h30, la foule (moi y compris) a été embarquée dans des bus pour aller accueillir les Dieux arrivant de la mer : plus prosaïquement, nous sommes allés sur le parking 5 d'East Coast Park. Là-bas, une portion de plage avait été délimitée pour retenir les badauds et le sable était brillamment éclairé par un puissant projecteur. Admise dans le saint des saints (peut-être devrais-je dire dans le bouddha des bouddhas), j'étais au coeur de l'enceinte et pouvais faire des photos de très près (heureusement car je vous rappelle que je n'avais pas de téléobjectif... Merci le Mâle bis). Pour accueillir les Dieux, les membres du temple ont, au son du gong et dans les épaisses fumées des bâtons d'encens taille XXL, pratiqué, à un rythme effréné, un rituel dans lequel du paper money fut brûlé et des prières réalisées. Les Dieux étaient symboliquement représentés par une urne dans laquelle était plantés des bâtons d'encens. Quatre hommes portant cette urne sont entrés dans l'eau puis en sont ressortis, mimant ainsi l'arrivée des Dieux sur la plage. A la suite de cela, toujours symboliquement, les dieux ont été placés (en vrai, l'urne a dû repartir dans le camion dans lequel elle était arrivée, je suppose) dans des "sedan chairs", des sortes de chaises à porteurs. Ces porteurs ont alors imposés aux chaises une course effrénée et des oscillations terribles, signes visibles de la joie des Dieux d'être au milieu de leurs fidèles ! Cinq minutes après, nous avons rembarqué au pas de course dans les bus, rejoint le temple et attendu les "sedan chairs" qui ont repris leur course folle dans les dédales de la petite zone industrielle qui entoure le temple. Cette fois-ci, c'est la batterie de mon petit appareil qui a rendu l'âme (parce que le Mâle n'avait pas non plus chargé la batterie, Merci le Mâle ter !), m'empêchant, à mon grand soulagement, de rester pour photographier la séance d'opéra chinois qui s'annonçait... Cependant, blague à part, j'ai eu l'impression de passer une soirée exceptionnelle, grâce à la gentillesse d'un Singapourien qui a bien voulu partager avec moi ses traditions culturelles. Je me suis sentie immensément privilégiée d'être invitée à voir un spectacle unique dont la plupart des étrangers ne connaissent même pas l'existence.
Parenthèse de folie enfumée avant d'aller rechercher un taxi dans la quiétude de la nuit et de reprendre ma petite vie d'expat...
jeudi 4 octobre 2012
La lune était pleine
Il était week-end time et qui dit week-end dit, chez les Beginners in Asia, grosse inertie. Entre le Mâle qui comate sur le canapé et les enfants qui se désespèrent de jamais finir les devoirs et revoir les leçons (abusive méthode d'apprentissage imposée par leur ex-prof et tyran de mère), il n'y a bien que le petit qui est content d'aller faire une promenade, sous réserve bien évidemment qu'aucune action offensive à l'arme iPad ou TV n'ait été initiée par un Mâle traître et fourbe. Donc, nonosbtant ces boulets réserves familiales, samedi soir, c'était quasi-pleine lune alors il y a eu, pour célébrer le Mid-Autumn Festival, une petite marche aux lanternes dans les Chinese Gardens car, je vous le rappelle, chez nous, on ne rigole pas avec l'imprégnation culturelle. Depuis le début du Mid-Autumn Festival, également appelé Lunar Festival ou Mooncake Festival, nous avons mis les bouchées doubles pour accompagner la population locale dans la célébration. Les mooncakes ont été achetés et consommés. Parmi ceux gentiment offerts, nous avons effectué un tri drastique car celui au jaune d'oeuf de cane salé, on s'est déjà fait avoir l'a déjà goûté la première année de notre présence et il aurait été dommage de se priver de celui goût tiramisu (et à la pâte de lotus, si si c'est possible), faute d'appétit. Les lanternes ont été achetées avec, en lieu et place de la traditionnelle bougie, la petite diode pour éviter qu'Eloi ne se transforme en torche humaine. J'ai choisi, grâce au fruit de mon expérience, le petit bâton en plastique avec l'extrémité qui retient la ficelle de la lanterne, tout l'opposé de l'anti-child-friendly baguette en bois qui entraîne, dans les mains d'un nain de moins de 10 ans, une chute intermittente de la lanterne selon une fréquence, calculée en situation réelle, d'environ 3 s (à 2 centièmes près) et aboutissant, en toute logique, à en fonction du degré de fatigue de l'individu soit à une crise de nerfs enfantine soit maternelle, voire les 2... Oints de mosquito repellent, dûment équipés du matériel lumineux adéquat pour le petit, des bougies des lanternes des grands, du scotch pour fixer les sus-dites lanternes des grands à la baguette traîtresse, nous avons donc pris, dans la fièvre du samedi soir, le chemin pour les Chinese Gardens pour y arriver entre chien et loup, comme des centaines d'autres familles munies elles de la poussette que nous, nous avions oubliée. Après avoir convaincu Eloi que ne pas avoir de poussette était non pas un synonyme de fatigue mais de grande maturité, nous avons commencé à déambuler entre les illuminations avant de nous apercevoir que si bougies nous avions, notre briquet avait décidé de rendre l'âme, hoquetant de misérables étincelles dont une maman singapourienne a pris pitié et qui a gentiment partagé sa flamme, permettant ainsi aux grands de jouer aux illuminés... Comme toujours, même si je n'ai pas trouvé les illuminations aussi bien que les années précédentes, la promenade fut agréable dans la douce chaleur de la nuit illuminée par les feux follets des lanternes. Finalement après 18 dragons, 6 cygnes, des lotus colorés, moultes lanternes rouges et des dizaines de &**@#%!** de lanternes musicales, la nuit bien tombée et l'astre blond bien apparent, nous avons abandonné le terrain pour nourrir les fauves et, à défaut des pomelos traditionnels, symbole d'unité familiale, nous avons opté pour la pizza... Ben c'est rond, ça compte non ?
jeudi 13 septembre 2012
Vocabulaire légendaire
Pareidolie, un joli mot à l'origine de l'une des légendes qui accompagne le Mooncake Festival sur le point de débuter. Une pareidolie consiste à associer un stimulus visuel ou auditif à respectivement, une forme déterminée ou un son spécial. Dans le cas qui nous intéresse, c'est dans la Lune et les ombres qui la décorent que certains ont cru discerner la silhouette d'un lapin en train de broyer dans un mortier des herbes médicinales. On raconte que le lapin de Jade est l'animal de compagnie de la belle Chang'Er (rappelez-vous ici), exilée sur le satellite pour avoir volé la pilule d'immortalité de son amant. C'est évidemment à la pleine Lune qu'il faut rechercher dans les lacs et les cratères l'ombre du petit rongeur... En attendant, le Mooncake Festival battra son plein du 16 septembre au 14 octobre, notamment dans les rues de Chinatown mais les gourmands (enfin... ceux qui aiment) ont déjà commencé à faire leurs provisions à la Mooncake Fair de Ngee Ann City. On peut tout goûter avant d'acheter et je soupçonne certains de venir y faire leur repas ou leur goûter, le mooncake étant par nature plus que bourratif et nourrissant.
PS : Comme chaque année, différentes manifestations se dérouleront pendant 1 mois à Singapour comme les illuminations des Chinese Gardens, le défilé des lanternes et le marché de Chinatown (tous les détails là).
dimanche 3 juin 2012
Bonne fête maman
Cette fois-ci, je n'ai pas oublié et pourtant j'aurais encore pu car le Mâle s'était mis à l'heure singapourienne et me l'avait souhaitée il y a 15 jours... Mes enfants ont été, quant à eux, exemplaires : gestion du petit frère (y compris biberon et conséquences salissantes subséquentes), préparation du petit-déjeûner avec verrines sophistiquées fruits/céréales/raisins secs et petit dessin d'amour pour maman !!! C'est pas beau ça ?
Alors à mon tour, à ma maman à moi et à ma belle-maman, je souhaite une très bonne fête et comme j'ai oublié (je le confesse) d'anticiper l'envoi de fleurs, elles seront virtuelles et tropicales !!!
jeudi 19 avril 2012
Qing Ming
vendredi 10 février 2012
Thaipusam (après)
Cette année, je n'ai pas suivi la procession le long des 4,5 km entre les le Sri Srinivasa Perumal Temple et le Chettiar Temple. J'ai juste assisté à la mise en place des kavadis dans le premier temple au son des chants et des instruments de musique. J'ai déambulé au milieu des objectifs photos et des familles venues encourager les croyants. J'ai dû me faufiler entre des Allemandes suantes et des Chinois équipés d'objectifs gigantesques. J'ai vu des mamans expats avec leurs enfants regarder des hommes se faire transpercer la langue ou la peau du dos. J'ai photographié des Indiennes embijoutées et jolies comme des Princesses des Mille et Une Nuits. J'ai regardé les hommes passer avec leur fardeau, mêlée à la foule de Little India, en grignotant des petites friandises offertes par le temple. Ambiance inracontable, extrême et à la fois bon enfant. Encore une fois, je me suis sentie totalement transportée par cette cérémonie unique en son genre et aujourd'hui interdite en Inde.
lundi 6 février 2012
Actualité (une fois n'est pas coutume)
"12. Les participants ne sont pas autorisés à se transpercer le corps avec des crochets que ce soit pour tirer un chariot ou pour y accrocher des objets tels que des noix de coco ou d'autres fruits, des bouteilles de lait ou des images encadrées. Seuls les petits citrons, les "limes" et de petits pots de lait sont les seuls à pouvoir être accrochés sur le corps.""13. Les Kavadis ne peuvent être décorés que de symboles religieux ou traditionnels tels que les plumes de paon, des fleurs, des cloches [...] et des photographies religieuses, des dessins, des peintures et d'autres pièces relatives à Thaipusam. Les exemples de décorations non autorisées incluent les emblèmes de clubs de football, des crânes, des squelettes et des images [...] autres que celles des dieux hindous relatifs à Thaipusam."
Extraits des règles de conduite du festival de Thaipusam 2012 (l'article de l'année dernière est ici)... Sachez que malgré ces "restrictions", le spectacle reste assez impressionnant et qu'y emmener des enfants n'est pas vraiment recommandé. Néanmoins, c'est un événement extrêmement fort émotionnellement que je vous conseille d'aller voir, le tout dans le respect des participants, transportés par leur foi.
C'est demain toute la journée, mardi 7 février, entre le Sri Srinivasa Perumal Temple (397 Serangoon Rd, lieu où les participants se préparent) et le Chettiar Temple (15 Tank Rd).
Peut-être vous y croiserais-je...
lundi 23 janvier 2012
Long Xin Nian Kuai Le !
jeudi 5 janvier 2012
Bonne année !
A vous tous, famille, amis réels et virtuels, lecteurs réguliers ou épisodiques, je souhaite une excellente année 2012 pleine de saveurs et de bonheurs !vendredi 9 septembre 2011
Mid-Autumn Festival
Si les festivités se répètent bien évidemment d'année en année, la non-concordance de notre calendrier avec les calendriers lunaires chinois ou hindous fait que les dates évoluent. Cela change du sempiternel 25 Décembre ! De ce fait, à peine la rentrée digérée, il faut se lancer sur les mooncakes et autant vous dire que votre foie doit être bien accroché ! Certaines de mes connaissances sont capables de déguster sans faiblir un voire deux mooncakes par jour mais pour la majorité des mortels, un quart est suffisant soit au regard d'une éventuelle surcharge pondérale, soit d'un système digestif normal. Les puristes mangeront les double-yolks (pâte plus ou moins sablée avec un coeur fait de pâte de lotus et 2 jaunes d'oeufs salés), les petits rigolos d'expats se contenteront plutôt des snow-skins, plus petits et à l'enveloppe blanche ou colorée un peu collante. Pour les curieux, l'observation de l'effervescence au B2 de Ngee Ann City, lieu de la mooncake fair, est une plongée dans la tradition revisitée. Tous les hôtels et les grandes marques sont là pour vendre, à prix d'or, des boîtes de mooncakes aux parfums variés et on peut TOUT goûter! Des petits cure-dents embrochants de minuscules morceaux de gâteaux attendent le chaland, chocolat comme durian offerts au palais. Je me suis contentée d'y assouvir mon appétit de photos. Et puis, pour les petits, un stand offre, pour un coût minime (ça doit compenser le prix des mooncakes), plein de lanternes traditionnelles ou kitsch ! Bonne fête de la Lune !
mercredi 24 août 2011
Hungry Ghosts Festival
Pendant le 7e mois lunaire, les Portes de l'Enfer s'ouvrent et les esprits reviennent errer dans nos contrées terrestres, potentiellement dans des humeurs pas franchement chaleureuses. Pour parer à tout problème entre vivants et fantômes, les Chinois se mettent en quatre pour leur fournir bienfaits et amusements. Des repas leurs sont offerts dans les maisons ou dans les commerces car, c'est bien connu, un ventre plein perd son agressivité. Du paper-money est brûlé en abondance pour qu'ils puissent s'acheter tout ce dont ils ont besoin dans l'autre monde. Enfin, pour leur éviter l'ennui et ainsi toute occupation malsaine, ils sont distraits par des spectacles ou getai. Le premier rang est toujours réservé aux esprits, VIP de l'au-delà. Gare à l'imprudent qui voudrait s'y asseoir pour observer de plus près les artistes. Spectacle traditionnel, le getai, autrefois opéra chinois, est devenu une sorte de show à paillettes, très ABBA-style, avec chanteuses court-vêtues et ryhtmes pop, voire même lap-dance ! Les fantômes peuvent donc en plus se rincer l'oeil...
Et pour voir à quoi cela essemble en "vrai", le film de Royston Tan "881", un petit bijou de kitscherie, récit d'une histoire d'amitié sur fond de compétition artitistique, que nous avons loué il y a quelques mois en DVD. So nice lah !
PS : pour un peu plus de détail, cet article du Petit Journal.
Et pour voir à quoi cela essemble en "vrai", le film de Royston Tan "881", un petit bijou de kitscherie, récit d'une histoire d'amitié sur fond de compétition artitistique, que nous avons loué il y a quelques mois en DVD. So nice lah !
PS : pour un peu plus de détail, cet article du Petit Journal.
lundi 14 février 2011
Félins
Ce jour-là, un mélange hétéroclite de pelures d'orange, de morceaux de laitue et de confettis jonchaient le sol du très chic Paragon Mall sur Orchard Rd. Des cordes délimitaient autour de ce tableau pointilliste un espace de sécurité empêchant les passants de piétiner ces petites reliques. A intervalles réguliers, des tambours et des cymbales résonnaient, faisant naître un vacarme assourdissant. Dans les rayons de Marks et Spencer, deux clients d'un genre un peu voyant déambulaient au milieu des chaussettes et des biscuits anglais, fourrant leur nez derrière le comptoir des caisses, poursuivant les vendeuses amusées et effarouchées et s'amusant à faire peur aux enfants. Leur costume, un peu particulier, était celui du lion mythologique chinois d'un orange vif du plus bel effet ! Des gros yeux globuleux, des oreilles mobiles et une queue agile, du poil aux pattes et une très grande bouche, tels sont ces animaux très courants en cette période de Chinese New Year pendant laquelle les Chinois s'appliquent à prendre toutes les précautions pour s'assurer une nouvelle année heureuse et prospère. Petits commerces, grosses entreprises, structures locales ou étrangères, tous font appel aux troupes de Lion Dance pour que leur activité soit florissante pendant l'année à venir. Aidés en cela par le fracas des tambours, les animaux, mis en mouvement par 2 danseurs, sont censés chasser fantômes et mauvais esprits. La tête, toujours en mouvement, symbolise vitalité et longévité alors que la queue du lion balaie de façon continue mauvaise fortune et désagréments de l'année écoulée. Avec force danse, mime et acrobaties, le lion va, au mépris de toute considération zoologique relative à son régime alimentaire, "manger" les offrandes constituées de salade verte, d'oranges, de bonbons et de quelques pièces. Finalement, dans un acte de bénédiction pour le moins incongru, il recrache le tout en direction des spectateurs pour signifier l'abondance pour l'année à venir. Dernier petit cadeau : entre ses pattes, les quartiers d'orange sont disposés soigneusement en forme de chiffres de bon augure. Pour Marks and Spencer, ce sera 3-11-8 : 3 pour la naissance, 11 pour l'année, 8 pour la prospérité. Moi, j'ai récupéré un bonbon et un dollar, le début de la richesse peut-être ?
samedi 5 février 2011
L'année du Chat ?
Une légende populaire raconte que pour nommer les 12 années du cycle du calendrier chinois, l'empereur de Jade attribua à chacune un shu xiang (属相) ou signe, correspondant aux 12 premières créatures arrivées jusqu'à lui. A cette époque, le rat et le chat étaient de très bons amis. Pourtant quand l'empereur de Jade, invita tous les animaux à se présenter à lui, le rat était si impatient que, dans sa hâte, il en oublia de réveiller le chat en train de dormir. Le félin rata donc l'occasion unique de voir une année nommée d'après lui. Depuis, les 2 animaux sont devenus des ennemis implacables... Au Vietnam cependant, le Chat remplace le Lapin, 4ème animal du zodiaque, car la prononciation chinoise du caractère du Lapin tù (兔) ressemble au mot "chat" en vietnamien. Enfin un peu de justice en ce bas monde !PS : les légendes sont nombreuses... Rappelez-vous, c'était celle de l'an dernier : clic.
jeudi 3 février 2011
Tu nian kuai le !
Joyeuse Année du Lapin
mardi 1 février 2011
Sous les meilleurs auspices
Chinatown, quelques jours avant Chinese New Year, cette année le 3 février, c'est une vraie fourmilière. Outre des touristes qui se promènent nez au vent et appareil photo en bandoulière et des groupes d'écoliers en uniforme, c'est la population chinoise que l'on rencontre ici. Tout le monde vient faire le plein de décorations neuves dans une débauche de rouge et de doré. Les ananas, symbole de richesse, se déclinent en lanternes de papier, en mobiles rutilants ou en lucky charms. Les faux piments s'affichent sans vergogne en guirlandes, concurrençant celles des pétards factices. Les lapins pullulent en toute impunité puisque cette année c'est l'animal roi. En peluche ou en dessin, c'est souvent l'empire du kitsch revu à la chinoise, contrastant sur les étals avec les gracieux papiers découpés représentant de manière beaucoup plus traditionnelle ce petit rongeur. Au mépris de toutes les recommandations d'hygiène dentaire, bonbons et biscuits se rangent en damiers multicolores dans l'attente d'être offerts pour amener douceur dans la nouvelle année. Chinese New Year s'exporte également en dehors de Chinatown et c'est au pied de la Singapore Flyer qu'un Dieu Lu, débonnaire et gonflé à bloc, envoie tous ses voeux de prospérité à la population.
jeudi 20 janvier 2011
Thaipusam
Le long de Serangoon Road fermée en partie, une agitation, très inhabituelle pour 9h de matin, régnait. Des barrières jaunes régulaient l'accès au temple Sri Srinivasa Perumal duquel s'échappaient cris, musiques et chants. C'était Thaipusam et la communauté tamoule s'était donnée rendez-vous pour honorer le Dieu Murugan, vainqueur des forces du mal et représentant la vertu, la jeunesse et le pouvoir.
Impressionnant, émouvant, touchant, brutal... Un festival qui ne peut laisser indifférent.
PS : Thaïpusam se déroulait cette année le 20 janvier. La procession débute au Temple Sri Srinivasa Perumal (Serangoon Road) et se termine au Temple Sri Thendayuthapani (Tank Road) aussi connu sous le nom de Chettiar Temple.
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