Lorsque j'ai appris que nous partions à Singapour, je ne savais pas très bien le situer sur une carte et je n'étais pas non plus très sûre qu'il s'agissait d'un pays à part entière ou d'une petite extension de la péninsule malaise. J'avais par contre plein de préjugés complètement idiots comme quoi il n'y avait que de la ville et du béton alors que non, Singapour est verte, bien verte, si verte... Aujourd'hui, 3 ans d'Asie du Sud-Est et une formation de guide de musée plus tard, je peux vous parler des relations historiquement difficiles avec la Malaisie et parfois l'Indonésie (merci le haze de 2013 mais en 2010, il y en avait aussi !), les 2 gros voisins, des larmes de Lee Kuan Yew lorsque Singapour a quitté en 1965 la Fédération de Malaisie, abandonnant au passage le "SI" de Singapore à la Fédération qui de Malaya passa alors à Malaysia. Je peux expliquer le multiculturalisme par l'aspect transitoire de la population historique de Singapour et qui se manifeste tant dans la cuisine, le système politique par l'influence britannique, l'essor du port par la position stratégique de l'ile et la vision de certains et l'importance de la main d'oeuvre étrangère dans ce pays qui s'enorgueillit à juste titre d'une croissance exemplaire, même en temps de crise. A notre arrivée, j'ai commencé avec beaucoup d'énergie et de sueur par le début du commencement de la découverte avec les activités touristiques de base : Merlion, zoo, Little India ou Chinatown, je les ai explorées, Eloi en bandoulière, en bus et appareil photo au poing. A cette époque, Marina Bay Sands n'était pas terminé et ION venait de sortir de terre, autant dire que c'était la Préhistoire. Peu à peu, je suis devenue plus sélective et me suis appropriée des endroits un peu moins évidents, plus proches de la vie des vrais gens... Waterloo Street, Rochor Centre, Sungei Buloh, Mac Ritchie Reservoir, Bright Hill Complex, Bukit Brown Cemetery par exemple, je les ai pris pour moi, comme des lieux spéciaux qui me touchaient à chaque fois que j'y retournais. Ceux-là, j'en ai même fait un tour de 3 jours pour que, maintenant que je m'en vais, il y ait d'autres personnes qui aillent les aimer à ma place. J'ai essayé de comprendre et j'ai partagé avec vous mes découvertes sur la culture chinoise, indienne ou malaise. Je n'ai pas raté un seul Thaipusam pour être sûre de vibrer avec les croyants que la foi transcendent, j'ai expliqué tous les Chinese New Year... Je suis allée manger à tous les rateliers, ai découvert le poisson cru, me suis régalée de laksa et de mango sago... Bref, je me suis immergée avec bonheur et puis je me suis un peu essouflée dans ma découverte du nouveau qui ne l'était plus, si nouveau. Alors je vous ai concocté des petits circuits touristiques dans la ville car je pensais que cela pourrait vous aider, avec Tata Ginette et les enfants. Je vous ai raconté mes vacances pour vous faire rêver (ou pas) des rizières de Bali, les plages idylliques de Malaisie, des eaux boueuses du Mékong, des kangourous australiens, des tarsiers philippins ou de mon camping-car néo-zélandais. Peu à peu, j'ai commencé à vous parler davantage de moi et de ma vie, de mes pseudo-aventures qui ne faisaient rire que moi, de ma nullité en shopping, de mes accidents de tongs, de mes ratés de week-end et de mes relations avec les agences de voyage (une cause définitivement perdue), parfois aussi de mes petits coups de blues quand le départ est devenu une dure réalité. Je vous ai parlé du hasard qui fait de jolies choses et de gens généreux qui vous font partager leur culture sans contrepartie, fait part des belles rencontres que j'ai faites, de la découverte de la communauté des blogueurs qui m'ont appris plein de gros mots comme FTP ou flux RSS. Au fil des billets qui composent ce blog, c'est une tranche de ma vie que je vois défiler, un gros bout de gâteau même. J'y vois une vision de Singapour qui a évolué en même temps que moi je m'adaptais et prenais mes marques dans cette première expatriation. Singapour est aujourd'hui un endroit que je quitte avec tristesse, celle de ne pas être sûre d'y revenir, celle de ne pas être sûre de revoir ceux que j'ai connus et appréciés ici, celle de quitter mon "chez moi"...
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jeudi 11 juillet 2013
mercredi 10 juillet 2013
Mon Singapour...Visiteurs #5
Singapour, en 3 jours, c'est un peu la piste noire du tourisme pour les courageux ou les inconscients (ici avec Brandon et Régine qui ne s'en sont pas encore remis). Evidemment les chanceux pourront rester plus longtemps et profiter plus largement des richesses (et je ne parle pas des pécunières à moins que vous remportiez la cagnotte dans l'un des 2 casinos) de Singapour en suivant le programme débutant, celui de tata Ginette ou initier les enfants au charme de la vie équatoriale... Mais pour les autres, en 3 jours, on peut aussi choisir d'éviter les autoroutes touristiques et essayer de sentir et de percevoir cette île et ce pays.
Jour 1 : avant que celui-ci ne disparaisse et puisque c'est une fixette chez moi, une promenade au Bukit Brown Cemetery s'impose, l'idéal étant de le faire, si cela est encore possible, pendant la période du Hungry Ghost Festival (en avril, dates mobiles) pour profiter de l'animation et rencontrer des familles venues pique-niquer avec les défunts. 124 photos de gardiens de tombes plus tard, il est temps d'aller déguster un Pekin Duck au Min Jiang at One-North de Rochester Park pour apprécier le calme et la volupté d'une maison Black and White nichée dans la verdure. À défaut remplacer Bukit Brown par les bonsais, les lotus et le stupa du Shuang Lin Monastery de Toa Payoh par les HDBs le long de la PIE. Pour changer d'atmosphère, rendez-vous à Little India et flâner dans les rues qui bordent le Tekka Market, suivez les jolies femmes en sari dans les petites épiceries, copiez-les quand elles achètent des épices et demandez-leur comment s'en servir, nul doute que vous aurez une longue réponse.... Si le coeur vous en dit et le bruit vous l'indique, entrez dans l'un des temples de Serangoon Road (Sri Vadapathira Kailiamman Temple, Sri Srinivasa Perumal Temple ou Sri Veeramakaliamman Temple) et observez les cérémonies qui s'y déroulent régulièrement. Si les gambettes vous démangent, allongez le pas jusqu'à Arab Street et rentrez dans les boutiques de tissus pour admirer les soies, les paillettes ou acheter un sarong en batik. Le soir, une seule option, les satays de Boon Tat Street le WE ou Lau Pa Sat Food Court pour les autres jours de la semaine.
Jour 2 : Singapour, jungle urbaine, que nenni, jungle tout court et le meilleur endroit pour le découvrir, c'est bien sûr la verte Sungei Buloh, son crocodile si vous êtes chanceux, ses loutres si vous êtes TRÈS chanceux (jamais vues ces coquines), ses mudskippers, ses crabes de vase, sa mangrove et ses varans léthargiques qui traversent devant les pas des promeneurs. Pas trop le choix pour le dejeuner, ce sera Bollywood Veggies et Poison Ivy, la patronne, un personnage haut en couleurs au crâne rasé. Après les arbres et les animaux, il est temps de revenir dans la vraie vie, celle des gens du coin en se rendant à Rochor. Perdez-vous dans ces blocs de HDBs multicolores, cherchez le play-ground qui domine Bukit Timah Road, ombragé par quelques arbres et gardés par les perches sur lesquelles sèchent le linge des familles qui vivent là. Simple, calme, so real... Redescendez ensuite prendre un café au lait à côté des uncles et des aunties venus prendre l'air sur les chaises en plastique orange des petits coffee-shop. Écoutez-les parler, perdez le sens des phrases en mandarin ou hokien, glanez quelques immanquables comme le célèbre "lah" ou "makan" pour "manger"... Ne pas comprendre, juste se laisser immerger avant de reprendre pied dans la foule de Waterloo Street où les gens se pressent qui, pour aller au Kwa Im hhi Hood Cho Temple s'adonner à la divination, qui au temple hindou juste à côté devant lequel les bouddhistes brûlent aussi de l'encens car, après tout, pourquoi pas, hein ? E puis se laisser subjuguer par les étals des marchandes d'offrandes et leur lotus voluptueux, écouter le bruit des baguettes de divination agitées par les croyants.... Finir la journée du côté du Marina Bay Golf Course en buvant une bière au Canopy Café en admirant la ville qui s'allume au loin au delà du green. Lorsque la nuit s'est installée, il faut se promener le long de Gardens By the Bay East et admirer en face les coquillages lumineux des serres, les Super Trees qui s'illuminent et les silhouettes de MBS et du Flyer... Magique...
Jour 3 : Si d'aventure, c'est dimanche, une seule possibilité : aller découvrir les concours de chants d'oiseaux au coeur des HDBs ! Oubliez la grasse matinée, il faut y être aux alentours de 8 ou 9h car ensuite il fait trop chaud...Admirez les cages, les oiseaux, engagez la conversation avec les propriétaires, observez les juges capables de reconnaitre le chant de chaque oiseau. Une vraie plongée dans l'âme singapourienne à ne pas manquer ( Serangoon North Ave 1, Blk
151/154 ; Ang Mo Kio Av. 4, Blk 159, Kebun Baru Singing
Club; Sur les rives du Bedok Reservoir). Vous pouvez ensuite enchaîner par ce qui suit car la journée a commencé tôt !
Sinon, ce sera Chinatown du côté de South Bridge Road qu'il faut aller, oublier les boutiques à souvenirs, naviguer entre les boutiques odorantes de Médecine Traditionnelle Chinoise, les petits magasins de patisseries, s'offrir un massage de pieds dans un boui-boui dont les filles ne parlent pas anglais et se laisser tenter par un feuilleté à la pâte de haricot ou de châtaigne d'eau. N'oubliez pas d'aller voir, au pied du Buddha Tooth Relic Temple les petits vieux jouer aux Chinese Chess. Un temple ? Thian Hock Keng Temple, son porte-encens imposant, ses gardiens dorés sur les portes. Remontez ensuite Telok Ayer Street en direction de la City assister au défilé des cols blancs et des petits tailleurs qui viennent déjeuner bon marché dans les échoppes du Nord de Chinatown. Joignez-vous à eux, retenez votre table en y déposant un paquet de kleenex et allez choisir votre plat au stall qui a la file d'attente la plus longue.... Et puis, changez radicalement d'air pour aller voir les couleurs acidulées des shophouses de Koon Seng Road et Joo Chiat Road. Rose, vert, violet, rose, toute l'âme peranakane est là et pour rester dans l'ambiance, il sera plus que judicieux que de goûter la délicieuse cuisine de cette culture en retournant diner au Blue Ginger dans une vraie shophouse (demander à être à l'étage) dans le quartier de Tanjong Pagar aux shophouses (encore) dominées par le majestueux Pinnacle@Duxton (que vous pouvez aussi visiter mais c'est une autre histoire)....
Si d'aventure, ce petit programme vous tentait, sachez qu'il n'est pas spectaculaire, ni grandiose, ni majestueux, il est juste le reflet, selon ma sensibilité toute subjective, de ce que j'aime à Singapour...
Bonne visite et just... ENJOY...
mardi 9 juillet 2013
Shrek, Marty, la Momie, Transformer et les autres
À J-4 du grand départ, il était plus que temps de
remédier à cette omission soigneusement mise en oeuvre depuis 3 ans. J'ai pensé à mes enfants qui auraient eu honte d'admettre qu'ils n'y étaient pas allés, à tous ceux qui ont l'air de trouver cela follement amusant et j'ai embarqué la marmaille pour Universal Studios ! Yeah, joie, bonheur et Kung Fu Panda pour tous.... J'avais assuré le coup en visant un jour de semaine, après la reprise des écoles locales, j'avais booké mes billets online en essayant de ne pas regarder vraiment le prix afin d'éviter la queue pour l'achat des Pass. Une fois sur place, nous étions dêjà beaucoup trop et même avec les billets online, il faut refaire la queue pour qu'on te redonne un vrai billet... Positive, me dis-je positive. Nous rentrons avec des tas de copains dans l'univers enchanté et de carton-pâte. Ça court dans tous les sens, il y a de la musique partout, des queues pour faire la photo avec la pharaonne, une queue pour la première attraction, une queue pour la 2e attraction et puis aussi celle d'après et encore celle d'après. Nous nous faisons une raison et attaquons par le bateau de Madagascar. Nous nous rendons vite compte qu'il va falloir opérer une scission dans le groupe : les grands veulent faire les trucs de grands (mais quand même pas les roller coasters rouge et bleu, les spécialistes sauront) et Eloi lui est trop petit pour la majorité des attractions un peu funky... Exit donc la revanche de la Momie ou Transformer 4D... Pour nous 2, ce sera carrousels en tout genre avec forte préférence pour le dinosaure orange, balade sur rivière ou Shrek en 4D.... 6h plus tard, 2 check-points réussis avec les grands pour vérifier l'état des troupes, 18 files d'attente effacées, une peluche achetée, un hot dog et une glace avalés (je suis très stricte sur le régime alimentaire de mes enfants comme vous pouvez le constater), devant le spectacle des pirates façon Mad Max, les enfants déclarent enfin forfait et acceptent de rentrer. Ouf, mon calvaire s'achève... Un dernier petit tour dans la fusée d'Elmo de Sesame Street, Eloi a le sourire jusqu'aux oreilles, des étoiles plein les yeux et serre sur son cœur son nouveau lion, Solène et Malo se regardent en complices et n'échangent même pas une pique, tout au plaisir de leur autonomie partagée le temps d'un après-midi... Finalement, hormis pour le porte-monnaie, elle était chouette cette journée....
remédier à cette omission soigneusement mise en oeuvre depuis 3 ans. J'ai pensé à mes enfants qui auraient eu honte d'admettre qu'ils n'y étaient pas allés, à tous ceux qui ont l'air de trouver cela follement amusant et j'ai embarqué la marmaille pour Universal Studios ! Yeah, joie, bonheur et Kung Fu Panda pour tous.... J'avais assuré le coup en visant un jour de semaine, après la reprise des écoles locales, j'avais booké mes billets online en essayant de ne pas regarder vraiment le prix afin d'éviter la queue pour l'achat des Pass. Une fois sur place, nous étions dêjà beaucoup trop et même avec les billets online, il faut refaire la queue pour qu'on te redonne un vrai billet... Positive, me dis-je positive. Nous rentrons avec des tas de copains dans l'univers enchanté et de carton-pâte. Ça court dans tous les sens, il y a de la musique partout, des queues pour faire la photo avec la pharaonne, une queue pour la première attraction, une queue pour la 2e attraction et puis aussi celle d'après et encore celle d'après. Nous nous faisons une raison et attaquons par le bateau de Madagascar. Nous nous rendons vite compte qu'il va falloir opérer une scission dans le groupe : les grands veulent faire les trucs de grands (mais quand même pas les roller coasters rouge et bleu, les spécialistes sauront) et Eloi lui est trop petit pour la majorité des attractions un peu funky... Exit donc la revanche de la Momie ou Transformer 4D... Pour nous 2, ce sera carrousels en tout genre avec forte préférence pour le dinosaure orange, balade sur rivière ou Shrek en 4D.... 6h plus tard, 2 check-points réussis avec les grands pour vérifier l'état des troupes, 18 files d'attente effacées, une peluche achetée, un hot dog et une glace avalés (je suis très stricte sur le régime alimentaire de mes enfants comme vous pouvez le constater), devant le spectacle des pirates façon Mad Max, les enfants déclarent enfin forfait et acceptent de rentrer. Ouf, mon calvaire s'achève... Un dernier petit tour dans la fusée d'Elmo de Sesame Street, Eloi a le sourire jusqu'aux oreilles, des étoiles plein les yeux et serre sur son cœur son nouveau lion, Solène et Malo se regardent en complices et n'échangent même pas une pique, tout au plaisir de leur autonomie partagée le temps d'un après-midi... Finalement, hormis pour le porte-monnaie, elle était chouette cette journée....
lundi 1 juillet 2013
TV5 Monde...Ou pas
Garder le lien avec la vie publique France, c'est lire le monde.fr pour les gens sérieux, version abonné pour les très sérieux, s'abonner à relay.com ou le kiosk.fr pour lire ELLE en version tai-tai ou Réponses Photos en version je me la joue je sais faire des photos... Bref Internet est bien évidemment LE lien privilégié mais ce n'est pas le seul car les expatriés de tous les pays ont l'immense privilège de pouvoir suivre TV5 Monde. Pour les newbies à Singapour, TV5 Monde est la prérogative de Starhub ce qui fut notre seul critère de choix quant à notre service télé... Ah oui le Mâle et moi on sait être exigeants parfois... Alors TV5 Monde, c'est quoi ? Pour les voyageurs non-expats, c'est le truc que l'on trouve dans toutes les chambres d’hôtel du monde alors que l'on traîne en peignoir sur le lit avec les chaussons en éponge (oui, ceux découpés au bout avec les orteils qui dépassent). Mais pour nous, c'est la tête de Playmobil de Pujadas sur les coups de 8h du matin qui donne les nouvelles de la veille en France et les avis de tempête de neige avec des reporters au nez rougi, les pieds dans la gadoue sur le bord de l'A13. C'est malheureusement aussi Julien Lepers et Questions pour un Champion aux abords de l'heure du dîner alors qu'on aimerait un bon vieux Tom et Jerry à la place, histoire d'occuper les mouflets. C'est l'air suffisant et ennuyé de Georges Pernoud dans Thalassa qui nous rafraîchit à grands coups d'embruns et/ou de banquises. C'est la beaufitude à l’état pur de Sébastien et son léchage de pompes sa promotion permanente...Ce sont des films tout à fait improbables qui n'ont visiblement jamais eu le droit d’être diffusés dans une salle de cinéma avec des gens qui jouent la comédie comme moi je chante de l’opéra, des téléfilms pour lesquels tu te demandes comment un producteur (un inconscient ou un débutant) a osé allonger des sous pour produire un navet pareil (la gentille beurette qui n'en veut et qui s'en sort malgré les très méchants autour d'elle, 18 versions minimum). Attention, de la qualité il y en a mais de la vieille, de celle qui a déjà bien servi, des classiques, des "bons" films de référence, c'est-à-dire au minimum 30 ans d'âge, en noir et blanc c'est mieux et avec le son pourri siouplait et Jean Gabin qui fait la moue. Trop d'la chance comme dirait ma fille... Parfois heureusement c'est De Funes et la folie des Grandeurs pour la 228e fois mais au moins on peut les enregistrer pour rigoler avec les enfants... N'allez pas croire que je médis car je reconnais que, par inadvertance peut-être, des films récents passent mais dans ce cas, visiblement le critère de choix des directeurs de programmation c'est l'incitation forte à la tendance dépressive de l'objet cinématographique comme par exemple "entre les Murs" ou comment te dégoûter à jamais au choix en fonction de ta position de l’école publique / du métier de prof ou "la Journée de la Jupe" sur le même thème avec pétage de plombs version botox en direct live... C'est varié malgré tout car à la fiction s'ajoutent des documentaires qui soit te plombent bien l'ambiance genre "le sort des immigrés illégaux dans les pays européens" avec plein de jolis quotas inside et de reconduite à la frontière (parce que comme tu viens de regarder "Entre les Murs", tu as bien la patate) ou alors sont censés te faire rêver avec des hôtels de luxe que tu ne pourras jamais t'offrir à moins de devenir par hasard Bill Gate, de vendre un rein ou un enfant... Ce qui nous sauve cependant, c'est l'humour, si, si, beaucoup d'humour... En effet, TV5 Monde, il y a "Monde" dedans et c'est francophone donc comme la France ne doit pas suffisamment fournir en débilités, les programmes piochent aussi chez nos amis Suisses, Belges ou Canadiens, pas meilleurs, ni pires que nous Français d'ailleurs... So lucky nouzotres de pouvoir bénéficier des guerres intestines entre cantons de Vaud et de Berne avec l'accent traînant de nos voisins ou de suivre un concours animé de cuisine sur les mérites des herbes du jardin, façon Céline Dion s'extasiant sur les performances de René... Tout ça pour vous dire que TV5 Monde dans notre prochaine demeure, c'est pas gagné !
lundi 24 juin 2013
Singapour 3 jours - The essentials ... Visiteurs#4
Si Tata Ginette a tendance à prendre ses quartiers avec largesse, il est des visiteurs pressés qui ne peuvent ou ne veulent rester à Singapour que 2-3jours pleins. Certains profiteront de votre présence pour bénéficier de vos bons petits plans alors que certains (qui se reconnaîtront ;-)) attendent que vous soyiez partis pour pointer le bout de leur nez ! Brandon et Régine viennent donc d'arriver à Singapour. Ils sont pressés, pressés car ils enchaînent avec la visite de Bali ou du Cambodge. Pas de temps à perdre, ils veulent tout voir de Singapour,
Jour 0 : Brandon et Régine descendent de l'avion avec leur col roulé, c'est normal, c'est le printemps à Paris, il y fait 12C. Un petit choc thermique et une bonne suée plus tard, ils se retrouvent 30 min après la descente de l'avion au pied de votre immeuble ébahis de la différence d'efficacité de Changi Airport par rapport à Charles de Gaulle... Le short enfilé, on file chez Roti Prata House pour une plongée directe dans le local way of life et la découverte du flipper-patinage sur sol gras, le meilleur spot de la ville... Si on est sympa, on leur conseille de tester les plain pratas et pas autre chose, sinon on les laisse découvrir que dans les Bomb Pratas, il y a du lait concentré et du fromage fondu et que, vraiment, ce n'est pas bon...
Jour 1 : Direction Little India, on découvre le wet market de Tekka market et on oublie le coin de la viande pour ne pas incommoder Régine qui a l'estomac un peu fragile. On flane dans les étages pour dénicher une petite tenue pleine de paillettes pour la nièce de la belle-sœur de Brandon avant de remonter tranquillement Serangoon Road. Pour éviter la surdose, on se contentera de rentrer dans Sri Srinivasa Perumal Temple dédié à Vischnu et Sri Vadapathira Kailiamman Temple dédié à Kali avec la plus jolie statue de Singapour d'Hanuman. Vous aurez pris soin évidemment de dire Brandon que ce jour-la, les baskets à double-nœuds et les chaussettes, c'est une mauvaise idée puisqu'il lui faudra se déchausser... On casse la croûte sur le roof-top de Mustafa Centre, ce sanctuaire du shopping local avec des vendeurs a l'amabilité légendaire mais comme Régine aura mal aux pieds, ce sera aussi l'occasion d'y acheter des pansements. On enchaîne par une petite marche digestive pour découvrir la mignonnette mosquée Masjid Abdul Gafoor puis on file du coté d'Arab Street pour y ramener quelques tissus en batik qui feront de beaux paréos sur les plages de la Baule. On jette un œil à la Sultan Mosque avant que Brandon ne fasse l'inévitable photo du dôme de la mosquée, habillé des palmiers de Muscat Street. Si le besoin de climatisation se fait durement sentir, le Malay Heritage Centre tout proche permet d'allier un alibi culturel à un rafraîchissement nécessaire et puis Régine pourra se vanter d’être entrée dans un palais de sultan ! Sinon, il est temps d'envisager le réconfort des troupes alors on prend l'apéro au Bar Stories avant d'aller manger des satays à Gardens by the Bay.
Jour 2 : Apres les Indiens et les Malais, on part à la rencontre des Chinois du coté de Chinatown. On s'éleve en regardant les shophouses de Chinatown du haut du Pinnacle@Duxton avant de flâner dans les ruelles de Chinatown, sans oublier de rentrer dans les boutiques de Banda Street pour admirer les objets funéraires en papier. Un petit tour dans le Buddha Tooth Relic Temple avant de reposer arpions et gambettes au Yum Cha en se régalant de dims sums et de pekin duck. L’après-midi, on la joue tranquille avec un petit tour de bateau (Singapore River Cruise) sur la Singapore River et la Marina qui permet d'avoir un aperçu du quartier colonial et de se sentir écrasé par la silhouette imposante de Marina Bay Sands. Le soir, on grignote avant d'embarquer tout le monde au Night Safari pour s'extasier devant les pépiements des loutres et les écureuils volants.
Jour 3 : On prend le vert aux Singapore Botanic Gardens en focalisant sur le Orchid Garden avant de déjeuner en terrasse au Casa Verde. L’après-midi, un petit tour en taxi sera suffisant pour découvrir Orchard Road, l'Istana cachée dans les arbres et finir dans le patio du Raffles Hotel, monument d'architecture coloniale avec ses arbres du voyageur et ses grooms exotiques. Retour à la maison, plouf piscine, valises et bas de contention, Brandon et Régine sont prêts pour repartir visiter d'autres pays mais pas sur qu'ils n'aient pas envie de revenir visiter tout le reste de Singapour...
Et puis, à venir, Singapour 3 jours-hors des sentiers battus et si le haze refait son apparition, il y a fort à parier que Singapour 3 jours - F** the haze- Visiteurs voit le jour !
The Roti Prata House, 246 Upper Thomson Road.
Tekka market, 665 Buffalo Road.
Sri Vadapathira Kaliamman Temple 555 Serangoon Road.
Sri Srinivasa Perumal Temple 397 Serangoon Road.
Sri Veeramakaliamman Temple 141 Serangoon Road.
Mustafa Centre : 145 Syed Alwi Rd.
Masjid Abdul Gafoor: 41 Dunlop Street.
Sultan Mosquee 3 Muscat Street (fermée entre 12h et 14h et après 16h).
Malay Heritage Centre : 85 Sultan Gate.
Bar Stories, 55-57 Haji Lane.
Satays By the Bay : 18 Marina Gardens Drive, a proximite du Marina Barrage.
Pinnacle@Duxton Blk 1G Cantonment Rd, Level 1 (5$ sur une EZlink/personne, Skypark 50e étage).
Yum Cha 20 Trengganu Street (Off Temple Street) #02-01.
Buddha Tooth Relic Temple 288, South Bridge Road.
Night Safari: 80 Mandai Lake Road.
Orchid Garden : Singapore Botanic Gardens, Burkill gate sur Cluny Park Road;
Casa Verde : Singapore Botanic Gardens, near Visitor Centre.
mardi 18 juin 2013
J'emballe
Ils sont arrivés à 6, le sourire aux lèvres, pieds nus. des rouleaux de scotch brun autour des poignets en guise de bijoux.
Je leur ai demandé d'emballer les orchidées du Singapore Botanic Gardens mais ils m'ont dit que les plantes fraîches n'étaient pas autorisées. Tant pis, je me consolerai avec les palmiers et me trufferai des dattes qui pendent des arbres dans les rues, histoire de compenser le porc aux pruneaux que je ne pourrai plus manger. J'essaierai en vain de faire pousser des plantes dans le jardinet sableux en dépensant des fortunes en eau ou alors je me contenterai uniquement des figuiers de Barbarie et des cactus, histoire de transformer les enfants en hérissons d'occasion...
Je leur ai demandé d'emballer le Marina Bay Sands et le Raffles Hotel, les dômes de l'Esplanade et les murs blancs du National Museum of Singapore. Ils m'ont dit que c'était inutile, que là-bas, j'en trouverai de plus neufs et de plus hauts, que les buildings font une forêt d'arbres tous différents et que du sommet de celui qui domine le monde entier, le désert est à portée de main, bordé par une mer turquoise.
Je leur ai demandé s'emballer le chicken rice, le laksa et les dim sums mais ils m'ont dit que l'on ne pouvait pas emporter de nourriture. Le taboulé remplacera le riz avec la haute probabilité de se retrouver avec du persil plat entre les dents. le hummus la sauce soja et les kebabs le roasted duck.
Je leur ai demandé d'emballer les varans de Sungei Buloh et les macaques du Mac Ritchie Reservoir. Ils m'ont dit que niveau reptiles, je devrai me contenter des geckos bruiteurs qui me rappelleront Nono et ses copains et que pour les Mammifères, les animaux les plus proches avec des poils seront les chameaux et les araignées. Ils m'ont dit aussi que les cafards de là-bas étaient nourris aux falafels et que s'ils te marchaient sur le pied, tu risquais la fracture...
Je leur ai demandé d'emballer les shophouses de Joo Chiat mais ils m'ont dit qu'il ne fallait pas s'encombrer avec des vieux trucs, que là-bas, tout était possible et qu'ils pourraient certainement en recréer des toutes neuves qui ressembleraient à des toutes vieilles mais en plus propres.
Je leur ai demandé d'emballer l'odeur des épices et les couleurs de Little India mais ils m'ont dit que les souks c'était pas fait pour les chiens et que si je m'y prenais bien avec le Mâle, je pourrais m'approvisionner au souk de l'or et ployer sous le poids des bijoux.
Je leur ai demandé d'emballer mon petit magasin de thé chinois mais que pour Orchard Rd, c'était pas la peine, surtout si le container était presque plein. Ils m'ont dit que Orchard Rd, c'était de la roupie de sansonnet, du pipi de dromadaire, voir même de fennec et que les malls là-bas, ils claquent, ils pètent, ils arrachent.... Enfin, surtout si tu as la CB qui va bien mais c'est un détail...
Je leur ai demandé d'emballer ma EZ-link card et ma NETS cashcard mais ils m'ont dit que le métro n'avait que 2 lignes, que les parkings étaient gratuits et que l'autouroute avait 2 fois 6 voies et qu'il valait mieux que je retrouve mon permis de conduire.
Je leur ai dit qu'il n'était pas utile d'emmener les 80-90% d'humidité et le haze. Pour me faire plaisir, ils ont mis des sachets de dessicant et ils m'ont dit que sur place je risquais de craqueler pire qu'un crocodile abandonné sur les rives du Nil et que mon budget crème hydratante allait exploser. Pour le haze, ils m'ont dit que les tempêtes de sable me feraient bien regretter quelques malencontreux feux indonésiens...
Je leur ai dit que l'eau sale et les porte-containers ce n'était pas la peine de les emmener. Ils m'ont dit que j'avais bien raison, que les plages étaient tout près des maisons, qu'il y avait des chouettes cabines pour se changer et que le plus gros problème c'est l'eau de la mer qui est trop chaude en été.
Je leur ai demandé d'emballer les cafés entre copines, les apéro-piscines, les restaus en amoureux et les soirées-terrasses entre amis mais ils m'ont dit que c'était tout pareil, il n'y avait que les gens qui changeaient et que cela prendrait un peu de temps mais que tout irait bien.
J'ai eu peur d'oublier plein de choses mais ils m'ont dit que tout ce qui n’était pas dans le container était dans ma tête et dans mon cœur, 3 ans et demi d'une parenthèse singapourienne...
jeudi 30 mai 2013
Y'a des jours comme ça...
Sans tomber dans la paranoia, je pense très sérieusement qu'une conspiration mondiale est en route contre ma petite et insignifiante personne. Ce jeudi avait pourtant bien commencé avec le retour d'un être cher (je vous en reparlerai un autre jour) et les petits aménagements associés. Un petit thé, un clavier d'ordinateur et mon après-midi s'annonçait non sous un jour passionnant (Cf ce billet) mais tout du moins studieux avec la perspective de la satisfaction du travail accompli en fin de journée. C'était sans compter l'action des malfaisants de la ligue JPFC ("Juste pour Faire C**"), une branche de la non moins connue TVEB ("Tu vas en baver, c'est pas fini"). Cela a commencé avec une compagnie aérienne qui a annulé le billet que je venais de prendre au prix de longues hésitations et surprenamment une très courte procrastination. Les raisons de l'annulation fournies par jeudi 23 mai 2013
Orange...
Comme la mousse qui recouvre les statues de Bukit Brown Cemetery (encore et toujours),
Comme les bouées de sauvetage qui protègent les maladroits du board-walk de mac Ritchie Reservoir,
Comme les cages des concours d'oiseaux d'Ang Mo Kio,
Comme les bangles des boutiques de Little India, parfait cadeau de retour en France,
Comme les chaises en plastique des food-courts,
Comme les petits pots de lait de Thaipusam,
Comme les hibiscus qui fleurissent dans les Botanic Gardens et partout ailleurs,
Comme les pineapple tarts de Chinese New Year,
Comme les shop-houses deJoo Chiat Road....
Et encore tant d'autres choses....
lundi 20 mai 2013
Le confinement
Tradition encore très répandue, le confinement est une pratique réservée aux jeunes accouchées d'origine chinoise. À Singapour, comme en Chine, les jeunes mamans peuvent choisir pendant le mois qui suit la naissance de leur enfant de rester "confinées" chez elles livrées aux soins d'une confinment nanny et souvent de leur propre mère. Pas de sorties, le minimum de visites, pas de télé, pas de lecture, tout est fait pour optimiser le repos car ce mois est consacré à remettre en état l'organisme mis à rude épreuve par la grossesse puis par l'accouchement. Aucun effort ne doit être fait par la maman, y compris même en terme de soins au bébé dont s'occupent les femmes qui encadrent le confinement. La maman doit se reposer le plus possible, ne pas prendre froid ce qui se traduit par le port de vêtements adapté (chaussettes, manches longues, y compris à Singapour) et surtout par l'absence, pendant 1 mois complet, de douches ou de bains pour éviter tout risque de refroidissement ! Les négociations sont possibles pour accéder à un peu plus d'hygiène mais celle-ci reste néanmoins très contrôlée, tout comme l'alimentation, cuisinée exclusivement par la nanny, alimentation qui doit permettre à la jeune accouchée de régénérer son corps et de récupérer des forces. La maman a également droit à des bandages du ventre et des massages du ventre pour rendre à l'utérus son état antérieur... D'un point de vue occidental, cette quasi-réclusion volontaire semble bien étrange. Difficile de de concevoir de ne quasiment pas s'occuper (hors tétées) de ce bébé tout neuf que l'on attendu pendant 9 mois, difficile de s'imaginer s'abandonner complètement et sans réserve au savoir des anciennes (Nanny, mère ou belle-mère), difficile de ne pas se voir active après la naissance alors que le spectre de la reprise du travail s'agite sous le nez des mamans actives... Pourtant, à la lumière de la culture chinoise, il n'y a là que des illustrations de certaines des valeurs les plus fortes : le respect absolu des aînés et de leurs connaissances ou les principes de la médecine Traditionnelle Chinoise avec la circulation des vents dans le corps et l'influence des différents types d'aliments sur la santé... J'ajouterais également une certaine philosophie car comme le disait cette jeune maman rencontrée il y a quelques mois : " Je serai maman toute ma vie, qu'est-ce donc qu'un mois pendant lequel je ne m'occupe pas de mon bébé ? Je répare mon corps, j'évite le baby-blues et j'apprends de ma mère... Rien que du bénéfice donc !"
PS : Merci à Nicolas de m'avoir soufflé l'idée de ce post !
lundi 29 avril 2013
J'aime...#2
- le vol du martin-pêcheur au dessus des tombes de Bukit Brown Cemetery (eh oui, encore et toujours), l'éclat bleu de ses ailes sur le vert sombre des feuillages et son grand bec, disproportionné par rapport à sa taille. J'aime moins quand je vois les camions s'amasser sur les chemins et les ouvriers entasser les pierres qui constituaient les tombes en un petit monticule sali de terre jaune, prémisces des avanies que va subir ce lieu.
- l'aigle qui un jour a décidé d'observer du haut de son arbre, situé en face de l'entrée de la résidence l'arrivée du bus scolaire d'Éloi, me laissant m'approcher et le regarder sous toutes les coutures. J'aime moins quand les perruches vertes des arbres de mon condo décident pour moi à grand renfort de croassements (oui les perruches croassent ici) que l'heure du réveil a sonné pour les braves.
- le singe chapardeur qui vient terroriser les clientes du PS Café de Dempsey, surtout quand je ne suis qu'une spectatrice intouchable. J'aime moins quand c'est moi la cible et je passe toujours en crabe au milieu des singes du Mac Ritchie Reservoir, espérant qu'ils ne sentiront pas la peur qui me suinte, en même temps que la sueur, par tous les pores.
- les varans des Singapore Botanic Gardens qui traversent devant mes pas, se dépêchant de regagner l'ombre rassurante des fourrés. J'aime moins quand je vois se faufiler entre les feuilles un serpent vert électrique qui me rappelle qu'à Singapour il n'y a pas que des sympathiques bestioles.
- le petit écureuil qui m'a fait sursauter en bondissant sur le tronc d'un arbre juste à côté de ma voiture, l'air affairé. J'aime moins les chats domestiques qui ici, particularité génétique peut-être, ont la queue coupée, pitoyable moignon en lieu et place d'un véritable appendice ornant leur postérieur.
- les libellules aux ailes rouges qui volettent au dessus des mares de Sungei Buloh, les fines nervures des membranes et le fait que leur régime alimentaire se compose de larves de moustiques. J'aime moins, dans la catégorie insectes, les cafards qui parfois, tentent de visiter ma cuisine mais en général n'ont pas la possibilité de reproduire leur exploit héroïque.
- les fleurs de frangipanier qui jonchent certains trottoirs et parfois ornent les cheveux de Solène, leur parfum suave qui me ramène des années en arrière sur les terres coralliennes de la Nouvelle-Calédonie. J'aime moins quand leurs pétales veloutés perdent leurs jolies couleurs au profit d'une vilaine oxydation rouillée, signe de leur caratère éphémère.
- les sensitives délicates qui referment leurs feuilles au contact des doigts de mes fils, agenouillés tête contre tête pour mieux appréhender les capacités motrices des plantes. J'aime moins quand ces mêmes enfants décident de faire de la "soupe", épluchant avec une grande minutie tous les parterres de la résidence.
- les racines imposantes des kapokiers et leur tronc rectiligne qui s'élève dans le ciel. J'aime moins quand les arbres s'abattent, victime de l'orage de trop, et que les branches se décrochent pendant le coup de vent qui précède l'averse.
jeudi 25 avril 2013
Rooftops mais pas que...
Donc petite sélection de nos spots de prédilection fréquentés en général en semaine car blindés le week-end et généralement pourvus d'une musique assourdissante (et
- Orgo : mon dernier coup de coeur. En haut de l'Esplanade Theater, une vaste terrasse qui regarde la Marina, le Merlion, les immeubles de la City et MBS. Des martinis à tomber : je recommande le pamplemousse/basilic que James Bond aurait adoré, c'est certain ! Les versions mocktails existent pour les conducteurs raisonnables !
-Bar Stories : ni rooftop, ni vue depuis cette shophouse de Haji Lane mais un concept que j'adore, moi qui ne suis pas une grande fan de cocktails : pas de carte, un serveur qui vient vous demander quelles sont vos envies pour votre verre (acidulé, amer, piquant, épicé etc...). Quelques minutes plus tard, la créativité du barman porte ses fruits et un cocktail original apparaît sur la table... Le problème du choix est réglé et la boisson excellente !
- le Loof, dans le quartier de Bras Basah, parfait pour un verre post-spectacle à la National Library juste à côté.
- Le New Asia (Swisshotel Stamford) : un cadre feutré, musique audible, magnifique vue à travers les baies vitrées.
- Le Canopy Cafe (Marina Golf Course) : rien de particulier en terme de boisson mais les lumières de la ville derrière le green. Magique.
- dans le quartier de Chinatown, sur la mignonne Ann Siang Rd, The Screening Room qui fait aussi office de cinéma ou le Ying Yang en haut du Club Hotel. Les shophouses comme décor extérieur, un ensemble charmant.
- sur la Marina, face au MBS, le Lantern du Fullerton Bay Hotel, c'est l'assurance de profiter des lumières de MBS, lovés dans des fauteuils bien cosy. Plutôt chic mais magnifique.
- enfin, dans la série des incontournables de la vue, Kudéta en haut de MBS ou le One-Altitude en haut de la tour UOB mais dans les 2 cas, je n'en aime pas l'atmosphère, très impersonnelle. Certes c'est beau mais j'ai mal aux pieds à rester debout à siroter mon verre et les hurlements de la musique sont peu propices à une quelconque socialisation , dans une attitude très mami-esque de ma part, je le reconnais.
Voilà avec cette petite liste, largement non exhaustive des possibilités de Singapour, quelques belles soirées en perspective, avec modération bien sûr !
lundi 22 avril 2013
N'est pas taï-taï qui veut
Il faisait beau, le ciel était bleu, j'avais décidé de prendre soin de moi
2 petites heures. En arrivant dans le havre de paix de l'institut, un canapé moelleux me tend ses coussins pour que je m'y installe et remplisse le formulaire nécessaire à mon introduction dans le sanctuaire. J'aurais bien pris un petit thé en même temps que le stylo mais visiblement, ce n'est pas à l'ordre du jour. Je fais taire mon addiction à la théine en m'auto-promettant relaxation et volupté... Je remplis le formulaire, omets soigneusement les cases e-mail et adresse postale, à la question race, je fais semblant de comprendre "nationalité" et me voila apte à chausser les habits de lumière du salon, c'est-à-dire une espèce d'informe robe bustier large en éponge, tout le contraire du glamour donc...
La sempiternelle douce musique d'ambiance propre à ce genre d'endroit enrobe la chambre dans un petit cocon auditif. J'ai visiblement échappé aux chants d'oiseaux et aux glou-glous des fontaines mais on est loin de la playlist du Buddha Bar. L'esthéticienne arrive pour me gratifier du traitement choisi, à savoir un "facial", petit nom doux et abrégé pour un soin du visage, soin que j'avais choisi car offert pour un prix dérisoire grâce aux offres promotionnelles de ma banque en taï-taï professionnelle.
Le verdict tombe avec la délicatesse usuelle des asiatiques : ma peau est déshydratée, ridée et manque de fermeté, autant d'affirmations qui mettent à mal mon optimisme de quarantenaire, jeune de partout mais surtout dans son esprit... D'un air dubitatif, elle demande où je fais habituellement mes "facials"... Euuhh, ben, j'en fais pas parce que je m'occupe de moi moi-même et surtout parce que si c'est pour s'entendre dire qu'on a une tête de déterrée pas la peine de payer, mieux vaut se regarder dans le miroir après une nuit un peu courte. Après réflexion, je n'ai finalement fait qu'un envoi télépathique de la 2e partie de la réponse,car nous n'avions pas encore commencé et j'ai eu peur qu'elle ne se venge en me massant les joues au gant de crin.
Elle rentre dans le vif du sujet par un massage de la tête et des épaules plutot agréable et me laisse ensuite sous un petit jet de vapeur, histoire, poésie quand tu nous tiens, de dilater les pores de ma peau avant la phase suivante. "I do the extraction for you " m'annonce-t-elle froidement, un instrument de torture à la main avant de s'acharner sur mon épiderme avec violence. Purée, ça fait un mal de chien mais j'imagine ma peau débarassée de toutes ses imperfections et irradiant de beauté à la sortie et je serre les dents... Faut souffrir pour être belle paraît-il... Sûrement un homme à l'origine de cette phrase, pensè-je...
Une fois son sadisme assouvi, le diagnostic de départ -peau vieille, moche et molle- étant rappelé une fois de plus, elle "scrub" puis m'enduit d'un masque censé remédier à tous mes problèmes. Il a déjà du s'écouler 45 min, je n'en peux plus et attend la fin avec impatience. La crème sent divinement bon mais après application, le visage soigneusement recouvert d'un tissu pour permettre aux produits actifs de faire le boulot, je suis abandonnée à mon sort avec l'injonction "you can rest now !"... Ben, ça fait 45 min que je ne fais rien, je suis déjà pas mal reposée là... "Détends-toi", me dis-je, "détends-toi", calme, relaxation, "profite de ce temps qui t'es offert" essayé-je de me persuader... Moment de concentration... Ah non ça ne marche pas, je m'ennuie atrocement, je ne peux pas ouvrir les yeux (rapport au tissu sur mon visage) pour jeter un oeil à un magazine ou mon téléphone, j'ai froid dans la robe de bure en éponge... Je commence à en avoir marre de cette expérience de vraie tai-tai... Après un temps infini, on vient enfin me dé-oindre de la crème grasse, je suis autorisée à me rhabiller et on m'offre enfin un thé. Ah je revis mais en realité, le thé c'est juste pour me tenir assise à la petite table où une charmante demoiselle qui n'est pas la perfide extractrice de comédons me propose un avantageux package de 10 séances pour un prix battant toute concurrence (enfin selon ses critères). Déclinant l'offre, je me sers à son insu du Mâle pour dire que je dois absolument lui en parler avant ce genre de décisions financières importantes, bla-bla-bla etc. Elle comprend le message à demi-mot et me propose un package revu à la baisse tant au niveau du prix que du nombre de séances mais je sais aussi faire la règle de 3 et repousse l'offre toujours pas plus alléchante que la précédente. Face à mon refus assez ferme, elle quitte les lieux plutot contrariée ce qui n'est pas sans me plaire, me laissant tranquillement déguster mon thé bien mérité apres toutes les avanies pratiquées à mon encontre... Dans le miroir de mon rétroviseur, ma peau luit comme du saucisson oublié sur une table d'apéro (Cf la crème grasse), mon coiffeur ferait une syncope à la vue de mon arrangement capillaire (Cf massage du crâne) et mes imperfections me semblent toujours être là (Cf extraction)... Dont acte, je sais désormais sur quel plan je peux faire des économies...Je ne vous donne pas l'adresse, je crois que ce n'est pas la peine !
jeudi 18 avril 2013
Très mâle, très bien !
Je n'avais au départ pas particulièrement l'intention d'y aller mais une proposition amicale de sortie entre amis m'a rapidement convaincue que oui, j'avais finalement bien envie de découvrir la pièce d'Oscar Wilde "The Importance of Being Earnest". Honte sur moi qui me pique d'être une assez grande lectrice, je n'avais jamais lu, ni même vu sur scène cette œuvre qui, a priori, ne fait pas partie du répertoire que j'aime le plus : marivaudage, quiproquos et autres critiques sociales basées sur les relations hommes-femmes. À part le fait que la pièce est proposée par la compagnie W!ld Rice, dont les directeurs artistiques sont les brillantissimes Glen Goei et Ivan Heng, je ne savais rien ! Autant dire que je dois avoir l'esprit ailleurs en ce moment pour ne pas avoir remarqué un petit détail qui a pourtant son importance sur les affiches qui fleurissent la ville ! Le casting est 100% mâles alors que l'histoire présente les rebondissements des histoires d'amour et de mariage de deux jeunes hommes pour 2 jouvencelles, dame de compagnie et mère acariâtre incluses ! Glen Goei, metteur en scène de nombreuses pièces et du film "the Blue Mansion", a eu l'excellente idée de faire jouer les rôles féminins par des hommes sans pour autant modifier le texte. On ne tombe cependant pas dans un remake de la Cage aux Folles (d'ailleurs repris par W!ld Rice en 2012) même si ce ressort comique est bien évidemment exploité avec un talent incroyable par Hossan Leong en gouvernante indigne et Ivan Heng (l'acteur fabuleux de Emily of Emerald Hill) en mère très désagréable et très intéressée ! Gwendolyne et Cecily ont la voix grave et des pantalons mais sont bien des jeunes filles idéalistes et amoureuses des roméos que sont Algenon et Jack. Accent british, humour et rebondissements, casting de rêve, très beau décor en noir et blanc dont la simplicité sert le jeu des acteurs... Bref, un petit bijou de pièce qui, en ces moments où le mariage pour tous est au cœur de l'actualité, de la France aux antipodes néozélandais, donne une interprétation inattendue au texte d'Oscar Wilde...
La pièce se joue jusqu'au 4 mai au Drama Centre Theatre (National Library Building).
Foncez acheter vos places (Sistic), vous ne le regretterez pas !
lundi 15 avril 2013
Pourquoi... #2
y-a-t-il autant d'orages à Singapour ?
L'explication scientifique est celle qui coule de nuages source : Singapour est l'un des endroits les plus frappés au monde par la foudre en raison de la combinaison de sa position équatoriale conduisant à un climat chaud et humide (NEA) et d'une atmosphère souvent instable, les facteurs déclenchants des orages. Un joli cumulonimbus au loin et c'est le coup de foudre assuré dans les heures ou les minutes qui viennent... Mais attention, ce n'est qu'une facette de la réponse à la question car les autres raisons sont bien moins connues...
Il y a autant d'orages à Singapour pour...
- rentabiliser les investissements économiques du lobby, mal connu mais très puissant, des chausseurs. Qui n'a jamais regardé d'un air dépité ses souliers, agonisant dans une flaque d'eau, la semelle menaçant de faire sécession dans un futur proche ? Quelle taï-taï Qui n'a jamais enlevé, dans un élan désespéré de sauvegarde, ses jolies chaussures en cuir achetées en France pour traverser la rue pendant un flash-flood, en baignant jusqu'aux chevilles dans une eau que l'on espère pas trop sale et bénissant le ciel, Bouddha et Vishnu de ne pas avoir mis sa jolie robe blanche ? Dans les 2 cas, le passage prochain chez un chausseur est imminent, qui pour remplacer les malheureuses décédées, qui pour préserver les belles parisiennes par l'achat de succédanés peu onéreux et dont la perte ne fera ni monter les larmes aux yeux, ni pleurer la carte bleue.
- booster les ventes de parapluies sur l'île car bien évidemment, c'est en général après avoir considéré le poids éléphantesque de mon sac à main et enlevé le superflu, c'est-à-dire le parapluie, que les cieux se déchaînent. Une seule solution, racheter en catastrophe l'objet délaissé le plus souvent à bas prix et augmenter inexorablement le cheptel d'objets à baleines de la maison pire qu'un troupeau de laitières à la veille d'une réforme de la PAC !
- permettre aux swimming-coachs de gagner leur vie sans effort. La loi de Murphy (dont les fâcheux diront qu'elle est strictement liée aux conditions météo de l'après-midi à savoir chaleur importante et convection des masses d'air) implique que les orages se déroulent en grande majorité dans le créneau de 14h à 18h, pile au moment où les enfants ont cours de natation. Le cours de natation est donc annulé si les éclairs sont trop proches, les sirènes de la NEA sonnant pour indiquer l'évacuation immédiate des piscines. Les coachs, pas fous, ne remboursent évidemment pas ces séances, fournissant le cas échéant, pour les plus sympathiques d'entre eux des make-up class, n'ayant rien à voir avec un cours de maquillage waterproof et qui sont des sessions de remplacement...
- permettre aux swimming-coachs de gagner leur vie sans effort. La loi de Murphy (dont les fâcheux diront qu'elle est strictement liée aux conditions météo de l'après-midi à savoir chaleur importante et convection des masses d'air) implique que les orages se déroulent en grande majorité dans le créneau de 14h à 18h, pile au moment où les enfants ont cours de natation. Le cours de natation est donc annulé si les éclairs sont trop proches, les sirènes de la NEA sonnant pour indiquer l'évacuation immédiate des piscines. Les coachs, pas fous, ne remboursent évidemment pas ces séances, fournissant le cas échéant, pour les plus sympathiques d'entre eux des make-up class, n'ayant rien à voir avec un cours de maquillage waterproof et qui sont des sessions de remplacement...
- permettre aux taxis de se sentir aimés, désirés et puissants. Oui, car le chauffeur de taxi, dans les moments d'orage, devient une denrée rare et précieuse, un petit joyau automobile préservé des éléments et le conducteur devient seul maître à bord, capable en une ligne droite vengeresse d'arroser l'impudente trop près du trottoir ou d'ignorer le désespérant appel du beau cravaté...
4 bonnes raisons de s'écrier "Ô rage, ô désespoir !"
4 bonnes raisons de s'écrier "Ô rage, ô désespoir !"
PS 1: pas de photo exceptionnellement car mon PC fait une crise que j'espère temporaire et sans gravité... Dieux de l'informatique, geeks de tous les pays, pensez à moi !
PS2 : Ce devait être une série qui avait commencé là mais il faut bien avouer qu'elle n'a pas eu un démarrage fulgurant (en même temps, je ne voudrais pas cafter mais je vous avais demandé des idées mais vous non plus vous n'avez pas fourni ! ;-)).
PS2 : Ce devait être une série qui avait commencé là mais il faut bien avouer qu'elle n'a pas eu un démarrage fulgurant (en même temps, je ne voudrais pas cafter mais je vous avais demandé des idées mais vous non plus vous n'avez pas fourni ! ;-)).
jeudi 11 avril 2013
Juste un petit tour en rouge...
Rouge comme les héliconias des Botanic Gardens,
Rouge comme les lanternes du Buddha Tooth Relic Temple,
Roue comme les piments séchés de Buffalo Road,
Rouge comme les bougies qui brûlent sur les tombes de Bukit Brown Cemetery,
Rouge comme les saucisses chinoises au goût sucré sur Temple Street,
Rouge comme le bindi au front des Indiennes mariées de Little India,
Rouge comme les panneaux traduits dans toutes les langues le long des chantiers de Bukit Timah Road,
Rouge comme le drapeau singapourien évidemment !
Rouge comme les lanternes du Buddha Tooth Relic Temple,
Roue comme les piments séchés de Buffalo Road,
Rouge comme les bougies qui brûlent sur les tombes de Bukit Brown Cemetery,
Rouge comme les saucisses chinoises au goût sucré sur Temple Street,
Rouge comme le bindi au front des Indiennes mariées de Little India,
Rouge comme les panneaux traduits dans toutes les langues le long des chantiers de Bukit Timah Road,
mercredi 3 avril 2013
Lecture, langue et culture
Certes la langue de Singapour est l'anglais mais aussi le tamoul, le chinois et le malais et parfois tous mélangés...Certes je le parle tous les jours mais pas qu'avec des native-speakers et parfois je suis bien obligée d'arrêter de faire des phrases pour me faire comprendre... Certes j'ai acquis une certaine aisance et suis carrément fluent sur les termes du quotidien : robinet, plafond, condensateur, navet, poireau, levure chimique, garantie... la classe quoi ! Cependant, n'étant pas immergée au quotidien dans le bureau d'une BWU avec des gens très très sérieux qui ont des cravates, font des bizness trips et parlent très vite et avec plein d'accent un anglais très technique, l'enjeu linguistique reste toujours l'une de mes petites préoccupations. Pour remédier à l'approximation de mon expression orale et tenter de continuer à progresser, lire en anglais m'a semblé le meilleur moyen de s'imprégner de tournures et d'un vocabulaire pas forcément utilisé au jour le jour mais qui donne à la langue parlée un registre un peu plus élevé ! La lecture restant pour moi l'un de mes plus grands plaisirs de loisir, je n'en lis pas moins des livres en français pour savourer sans contraintes l'écrit mais je me fais une règle (que je suis plus ou moins) d'acheter en anglais les livres écrits en anglais... Pour les livres écrits en japonais ou en suédois, je ne m'acharne pas et ayant renoncé également à apprendre le polonais et le vietnamien, tant qu'à lire une traduction, autant que je puisse en apprécier la qualité dans ma langue maternelle ! Mais lire en anglais nécessite, de ma part en tout cas, une plus grande motivation. Il me faut régulièrement dépasser certaines incompréhensions et je me refuse à lire, le dictionnaire greffé à la main qui ne tourne pas les pages. Il faut donc que le livre en vaille la peine car si en plus, de buter parfois sur des mots ou des expressions, l'histoire (oui je suis une midinette, je lis surtout des romans) ne me touche pas, je laisse plus facilement tomber. Lire Harlan Coben ou Douglas Kennedy, malgré tout l'amour littéraire que je leur porte, a ses limites et je suis donc souvent à la recherche de livres potentiellement intéressants (merci Olivia). L'une des thématiques que j'ai explorée au travers de ma quête bibliophile et livrophage est Singapour, notamment sur le plan historique. À vos marque-pages, prêts ? Partez !
Un pavé parfait pour la lecture au bord de la piscine, "Autant en Emporte le Vent" sur la terre rouge de Singapour... Des amours contrariées par la différence culturelle, des plantations, des colons, des salles de bal et des parquets luisants, la guerre, des drames, la naissance de Singapour. Dans le genre mélo, une vraie réussite pour approcher légèrement l'histoire Singapour des années 30-60...
Dans la même veine que Tanamera, l'histoire parallèle de 3 jeunes gens, une Chinoise, un Indien et un Eurasien, dans le Singapour des années 30-50. Là encore de l'amour mais aussi de la politique et ses excès, la guerre et l'horreur de l'occupation japonaise, le droit des femmes et l'aliénation familiale, le colonialisme et la lutte pour l'indépendance. Une bonne occasion encore de découvrir l'histoire de Singapour.

The Gift of Rain de Tan Twan Eng
Un absolu coup de coeur pour cette histoire qui se déroule à Penang au moment de la WWII, une histoire d'amitié entre un jeune Eurasien et un maître japonais qui bascule dans le drame. Touchant et instructif sur le conflit mondial vu côté Asie.

Un absolu coup de coeur pour cette histoire qui se déroule à Penang au moment de la WWII, une histoire d'amitié entre un jeune Eurasien et un maître japonais qui bascule dans le drame. Touchant et instructif sur le conflit mondial vu côté Asie.
The Thorn of Lion City de Lucy Lum
Ces mémoires racontent les souvenirs d'une jeune fille pendant la seconde guerre mondiale. Troisième d'une famille de 7 enfants, Lucy vit dans une famille chinoise traditionnelle répressive. Elle raconte sa vie sous le joug d'une grand-mère autoritaire et l'horreur de la guerre lors de l'occupation japonaise pendant laquelle, fait rare, son père, Chinois pourtant, travaillait comme interprète pour les Japonais. La plongée dans l'univers de la famille donne un éclairage brutal sur les relations parents/enfants et leur rapport à l'autorité.

Ces mémoires racontent les souvenirs d'une jeune fille pendant la seconde guerre mondiale. Troisième d'une famille de 7 enfants, Lucy vit dans une famille chinoise traditionnelle répressive. Elle raconte sa vie sous le joug d'une grand-mère autoritaire et l'horreur de la guerre lors de l'occupation japonaise pendant laquelle, fait rare, son père, Chinois pourtant, travaillait comme interprète pour les Japonais. La plongée dans l'univers de la famille donne un éclairage brutal sur les relations parents/enfants et leur rapport à l'autorité.
The Red Thread de Dawn Farnham
Premier livre d'une trilogie (The Red Shallows et The Hills of SIngapore), c'est, sous couvert d'une histoire d'amour, le Singapour du 19e s. que l'on retrouve ici, au travers de l'évocation des relations entre colons et immigrants, du choc culturel et des interdits sociaux.
Premier livre d'une trilogie (The Red Shallows et The Hills of SIngapore), c'est, sous couvert d'une histoire d'amour, le Singapour du 19e s. que l'on retrouve ici, au travers de l'évocation des relations entre colons et immigrants, du choc culturel et des interdits sociaux.
lundi 1 avril 2013
Bukit Batok Nature Park
N'en déplaise aux ronchons, Singapour est une ville verte ou verdurée si je m'octroie le droit (c'est moi le chef sur mon blog non ?) d'inventer un nouveau mot. Une ville dans laquelle on circule sous les frondaisons des grands arbres sur les autoroutes, une ville dans laquelle les fougères géantes épiphytes tombent parfois de leur support, une ville dans laquelle les activités d'élagage sont une composante non négligeable (et parfois agaçante) de l'entretien des abords des axes routiers, une ville dans laquelle une parcelle de forêt primaire tropicale existe encore, une ville dans laquelle, en dépit de tous mes efforts, nous n'avons pas encore réussi à faire le tour de tous les parcs naturels. La faute à un anniversaire excentré, il a bien fallu dépasser les limites de Bukit Timah et aller plein ouest... La faute à un horaire pas super pratique, il a fallu faire, avec la marmaille contrariée de ne pouvoir jouer mercredi 27 mars 2013
À l'est d'Eden
Le grand chemin s'étire sous les grands arbres, serpente entre les collines, laissant sur ses côtés des tombes esseulées et ventrues regarder les passants rechercher la meilleure façon de marcher. Au milieu coule une rivière, juste un petit ruisseau qui bruisse et joue les modestes pendant par temps sec mais enfle pendant ma saison préférée aux pluies diluviennes. Point de roseaux sauvages mais d'énormes feuilles de taro et des buissons qui offrent à l'armée des singes un terrain de jeu inégalé et luxuriant. Parfois, un reflet attire l'oeil mais tout ce qui brille n'est pas or et c'est le médaillon brisé d'une photo sur une pierre tombale qui rappelle que quelqu'un, un jour, fut peut-être le fils préféré d'une maman éplorée. Lions, tigres et dragons même, veillent, imperturbables sur ceux qui eurent le malheur de voir leurs étreintes brisées par le destin mais reposent aujourd'hui côte à côte. Parmi les herbes folles, certaines tombes ont fourni leur contribution à la part des anges et, usées par le temps, s'affaissent, se fracturent laissant la nature reprendre ses droits.
Pourtant, merci la vie ! La couleur des sentiments n'est pas que sombre et au détour d'un petit sentier, des descendants dégustent un buffet froid en l'honneur d'un ancêtre aimé. Les égarés qui passent sont conviés avec chaleur à la cérémonie, sans autre de forme de procès et partagent devant la tombe un verre de cognac et un morceau de canard. Le temps d'une photo, le danger qui menace Bukit Brown Cemetery, une fois passé Qing Ming, est oublié mais bientôt les bulldozers écraseront ce lieu modeste qui n'avait pour ambition que d'offrir une paisible dernière demeure aux morts du siècle passé. Demain le bruit des voitures couvrira les cris des macaques et il ne restera plus alors qu'à se souvenir des belles choses...
PS : Karin en parle ici.
lundi 25 mars 2013
Aux cartes, citoyens !
Depuis peu, le Mâle vaquant à certaines occupations, j'ai l'immense privilège de bénéficier du véhicule familial ce qui me ravit et ce qui, même si j'aime (et ce n'est pas ironique) beaucoup me déplacer en bus, me simplifie considérablement la vie il faut bien l'avouer... Pourtant j'ai un gros handicap : mon GPS ! Mon GPS est absolument exceptionnel, il est intégré à la voiture et, miracle technologique dont je ne suis pas sûre que le fabriquant le sache, est doté d'une vie totalement propre, peut-être même d'un esprit conscient car, j'en suis persuadée, il me déteste ! Bêtement, je pensais qu'un GPS était un objet au service de l'utilisateur mais en réalité, c'est un instrument aux mains des sociétés pétrolières et des industries cosmétiques productrices de déodorant car il encourage l'automobiliste crédule et confiant à parcourir davantage de kilomètres que s'il se guidait seul et au prix d'un énervement proportionnel à la quantité de sueur produite, même sous clim' ! L'exemple étant le meilleur ami de la démonstration, je vous narre donc le déroulement habituel d'un trajet de ma part vers un lieu inconnu au sujet duquel je n'ai aucune indication.
Après allumage du diabolique, je rentre l'adresse désirée qu'en général il prétend ne pas connaître même si les bâtiments existent depuis 15 ans et essaie toujours de me refiler une localisation approximative, soi-disant proche du but à atteindre. Le GPS cherche ensuite les satellites pour me géolocaliser... Temps moyen de recherche : environ 6 min, c'est-à-dire amplement le temps de ne pas savoir s'il faut emprunter Bukit Timah Road et partir vers l'Ouest ou Dunearn Road et partir vers l'Est. Une fois les satellites trouvés, quelle que soit ma position, le GPS me demande de sortir du petit trou de rat dans lequel j'ai caché la voiture et de rejoindre un axe digne de ce nom, le fait que je sois par exemple sur l'AYE, l'une des 4-voies de l'île ne lui semblant pas suffisant... Bien évidemment à ce stade, je me suis bien sûr déjà fourvoyée me dirigeant vers Tuas au lieu de Changi. Par conséquent, le GPS me demande généralement de faire un U-Turn, si possible lorsqu’un muret en béton rend l'opération impossible. Une fois la demande satisfaite quelques kilomètres plus loin, le GPS n'a d'autre choix que de recalculer la position et l'itinéraire ce qui peut lui prendre plusieurs minutes surtout entre les hauts immeubles du CBD et n'améliore pas ma situation... Enfin, il propose une route et me donne quelques explications que j'écoute religieusement pour rattraper le retard que j'ai déjà accumulé. Je garde l'oeil sur les chauffards en tout genre qui peuplent les routes plutôt que sur l'écran du GPS... Grave erreur, en essayant de préserver ma carrosserie, je perds mon chemin car parfois, mon GPS, sujet à de légères attaques d'Alzheimer ou de lunatisme, change d'avis et adapte le chemin mais, le fourbe, sans l'énoncer à haute voix... Ou alors seulement quand la mauvaise bifurcation a été choisie / le tunnel sans réseau empruntée / la sortie adéquate dépassée... Bref, je finis systématiquement la carte sur les genoux, à chercher frénétiquement pendant la durée du feu rouge la bonne page, à me rendre compte en pestant que, bien évidemment, je suis dans la pliure illisible et à me maudire en me disant que c'est bien la dernière fois que j'utilise cette %$#!@ de GPS !
PS : pour finir ce post qui ne sert à rien, une info utile tout de même ! Comme outil de la libération de la femme contre son GPS, il n'y a pas mieux, AVANT de partir, que gothere.sg pour visualiser un trajet. Le site existe en version mobile et il donne les itinéraires possibles en bus, MRT, voiture et taxi (avec le prix approximatif). gothere.sg... Mon sauveur ♥♥♥♥♥ !
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