mercredi 1 février 2012

Stéréotypes cinématographiques

Dans mon condo, il y a le sosie de Jackie Chan qui ne semble avoir qu'une seule tenue de sport (un tee-shirt blanc et un survêtement noir) et marche du soir au matin. Dans mon condo, il y a une presque Gong Li, une maman jolie comme un coeur qui emmène ses enfants au bus, maquillée et habillée avec soin (tout le contraire de mon short et de mes cheveux encore mouillés de la douche).  Dans mon condo, il y a Betty Boop, ses seins refaits, son nez rectifié, ses grosses lunettes et son air hautain. Dans mon condo, il y a ce petit couple de Singapouriens d'une 50aine d'années qui fait sa promenade digestive quotidienne, main dans la main, petites silhouettes romantiques sur fond de parking, love story à l'asiatique . Dans mon condo, il y a des hordes d'enfants australiens et norvégiens qui jouent à la guerre et hurlent la majeure partie de leur temps libre, de préférence sous mes fenêtres (mais on peut rien dire hein, ce sont des enfants ...). Dans mon condo, il y a une indienne qui apprend à nager à 40 ans et le fait avec courage tous les dimanches à 8h du matin. Dans mon condo, il y a une quasi-Angelina Jolie (mais malheureusement il n'y a pas Brad Pitt avec) avec des jambes de 1,50m de haut, qui court à des vitesses hallucinantes d'au moins 12 km/h et fait des pompes toute seule dans la salle de gym. Dans mon condo, il y a plein de mamans parfaites qui se rassemblent au playground pour aérer leur progéniture et accessoirement pour discuter avec les autres mamans parfaites sous les glycines jaunes. Dans mon condo, il y a un papy qui finit sa marche matinale en marcel pile à l'heure du bus scolaire et parfois, en même temps, juste devant mon condo, il y a de beaux messieurs musclés qui passent en courant, préparant peut-être le marathon et évacuant le stress à venir de leur journée de travail (et ça c'est plus agréable à voir que le papy. ;-)). Dans mon condo, je crois qu'il n'y a que des gens normaux..

PS : je suis sûre que vous avez trouvé au moins un titre de film par personnage...

jeudi 26 janvier 2012

Dans les jardins du pouvoir

L'Istana, c'est l'Elysée de Singapour et notre Nicolas à nous, il s'appelle Mr. Tan. Cinq jours fériés par an, Mr. Tan ouvre les portes de la demeure présidentielle au grand public. Techniquement, les jardins sont ouverts en partie et on peut également visiter quelques pièces d'apparat (moyennant finances mais 2 SGD ça reste supportable nest-ce-pas?). Ces jour-là, la queue des curieux s'allonge sur Orchard Rd et se tortille sur le trottoir jusqu'au tout proche mall de Plaza Singapura, celui dans lequel se trouve Carrefour, ses pâtes feuilletées et son sel de Guérande.
Nous avions fait un premier essai le 30 août dernier mais avions reculé devant l'heure de queue qui nous pendait au nez (je vous rappelle les faits : 35 degrés, plein soleil sur le bitume, 3 mouflets dont 1 que nous n'avons pas encore réussi à agrafer de façon définitive à sa poussette). Nous avons réitéré ce mardi, 2e jour de Chinese New Year et, armés d'un optimisme à tout épreuve, avons stoïquement envisagé la queue. Le Dieu des petits riens devait être avec nous car la poussette nous a servi de sésame. Incroyable ! 15 min de queue, temps de parking inclus et un shortcut officiel s'offrait à nous, comme à tous les heureux possesseurs d'enfants en bas-âge (comme quoi, ça peut servir de faire des bébés sur le tard !). Doublant au bas-mot 200 personnes dans la plus complète légalité, nous avons franchi les grilles du palais sans peine quelques minutes plus tard... Dans l'enceinte, la foule s'éparpillait tout le long de la colline, les courageux sous le soleil, les plus fragiles à l'ombre des grands arbres qui bordent les allées goudronnées. De jolies indiennes se faisaient photographier aux côtés des plantons qui restaient de marbre. Les enfants couraient sur les pelouses au gazon taillé au cordeau. Des familles avaient emporté leur pique-nique pour profiter au maximum de cet espace vert si rarement offert. A ce propos, il faut préciser que cette orthodoxie toute britannique de l'entretien de la pelouse est liée au fait qu'elle sert également de green de golf pour le Président, les trous étant disséminés tout autour de la petite colline, indiqués bien évidemment par un petit oriflamme aux couleurs de Singapour. La vie est dure à l'Istana....

PS : Le prix d'entrée est de 1 SGD pour les non-Singapouriens, reversé à des oeuvres caritatives. Pour connaître les jours d'ouverture, c'est ici !

lundi 23 janvier 2012

Long Xin Nian Kuai Le !

Nous sortons à peine des agapes du nouvel An et de la Galette que l'année du Dragon pointe son museau. Le dragon est le signe roi, le symbole de l'empereur, l'ancêtre de tous les Chinois et le seul animal mythologique dans la succession des 12 animaux du zodiaque. Selon les croyances traditionnelles, le dragon est le signe le plus puissant du zodiaque ce qui laisse présager un babyboom dans la communauté chinoise. Le dragon a du caractère, c'est le moins que l'on puisse dire. Il a de l'ambition, de la niaque et n'hésite pas à prendre des risques pour réaliser ses ambitions. Pour autant, le dragon n'aime pas montrer ses faiblesses et demander de l'aide ne lui est pas naturel. Dur à la peine et à la tâche, il lui est recommandé de pratiquer des sports tels que le yoga ou la marche pour se relaxer le corps et l'esprit. D'une manière générale, le dragon aime mieux diriger qu'être dirigé et mieux vaut lui laisser cette latitude tant sur le plan professionnel que personnel sous peine d'en subir les conséquences... Nous sommes personnellement pourvus d'un jeune dragon et pouvons vous affirmer d'expérience que certaines des caractéristiques censées appartenir à ce magnifique animal sont parfaitement incarnées dans notre jeune Solène... et quand je pense que l'adolescence ne fait que commencer....

jeudi 19 janvier 2012

Et le Vietnam c'était comment ?

Nous avons utilisé toutes sortes de moyens de locomotion depuis la charrette à âne jursqu'à la jonque de croisière, avons mangé quasiment à temps complet, 2 ou 3 goûters quotidiens permettant de tenir entre les repas traditionnels, avons fait de belles promenades, bien qu'au corps défendant des enfants, dans les vergers et les îles, avons vogué jusqu'à plus soif sur les canaux du Mékong. La première partie de notre voyage s'est somme toute fort bien passée même si, heureusement cependant, les nuits chez l'habitant sont une formule masquée de la "chambre d'hôtes" et non pas une nuit à 8 dans une seule pièce sur des nattes en roseaux. Nous avons visiblement échappé à la nuit en dortoir sur le bateau ce qui, sachant que j'avais oublié mon pyjama (eh oui, comme d'habitude, il fallait partir léger),  aurait pu me poser quelques problèmes. Sachez néanmoins que je n'avais pas demandé cette option, ma roots-attitude ayant des limites assez basses et celles du mâle encore plus.
La seconde partie de notre voyage était axée enfants et plage pour se faire pardonner les marches forcées balades dans les villages et Saigon. Après 5h de route et un arrêt-repas dans un restaurant où n'étaient parlés que le russe et le vietnamien, nous avons atteint notre dernier lieu de villégiature...
Pour plus de réalisme, je vous retranscris le dialogue :
Moi : le taxi vient de s'arrêter là, non ? Mais pourquoi faire ? Où elle est la mer ?
le Mâle : t'inquiètes pas, il demande son chemin...
Moi : Ah oui, t'as raison... Mais quand même, trouver la mer c'est pas difficile...
le Mâle : (silence)
Moi : Mais pourquoi, il s'enfonce dans ces ruelles sordides... Aaaah, il n'y a même plus de goudron... Dis donc, c'est loin du centre de la ville, non ? Comment on va faire pour aller dîner ?
le Mâle : t'inquiètes pas (bis)..
Moi : si, si, je m'inquiète, je te jure... et elle est où la mer d'abord ?
le Mâle : Pas loin, c'est sûr.. (le Mâle cherche toujours à me tempérer, ça doit pour ça que je l'ai choisi).
Moi : Ca y est, c'est la cata, on est arrivés !... Je te l'avais dis,  Y'A PAS LA MER !!!
le Mâle : Mais si, on la voit là-bas, juste derrière le golf...
Moi :Non mais dis donc, ça sentirait pas un peu le nuoc-mam (NDLR sauce de poisson fermentée = odeur peu ragoutante de poisson qui a vu des jours meilleurs) ?
le Mâle (faisant étalage de son savoir agro-alimentaire) : nous sommes dans une des zones de production les plus importantes du Vietnam... Va falloir faire avec (le Mâle est pragmatique parfois).
Moi (l'hystérie l'énervement montant) : je te parie que nos chambres ne vont pas donner sur le golf, je te parie que nos chambres ne vont pas donner sur le golf, je te parie que nos chambres ne vont pas donner sur le golf...
Après le check-in, opération visiblement extrêmement complexe, réalisée par un préposé dont certaines des fonctions intellectuelles devaient être altérées par l'odeur du nuoc-mam, nous atteignons nos chambres...
Moi : Je te l'avais dit, on ne voit pas le golf, on ne voit pas la mer, on ne voit que des toits tout pourris.
le Mâle : ce n'est pas grave, on n'y est jamais dans notre chambre, on va aller à la plage... Allez ne t'énerves pas (trop tard !!! ), je vais descendre à la réception leur demander comment on va à la mer et les excursions que l'on peut faire. Lis ton bouquin, détends-toi, je reviens.
Le Mâle (20 min après, l'air penaud) : la mer est à 1,5 km en marchant le long d'une grosse route, les plages les plus jolies sont à une dizaine de km et il faut prendre un taxi pour tous nos déplacements.
Moi (en décomposition avancée) : !!!!
Le Mâle : tu veux la bonne nouvelle ? Il pleut pour le moment, on n'a pas besoin de se préoccuper de la plage !!!!
Je vous épargnerais la suite de nos échanges qui ont consisté en un pourrissement en règle de l'agence de voyages qui n'a absolument eu aucun effet, un apitoiement totalement inutile et l'auto-dénigrement des mes capacités d'organisation. 
Et après ? Eh bien, c'était super bien !


lundi 16 janvier 2012

Je suis jeune, je vous jure !

La page de la quarantaine étant désormais à écrire, j'ai décidé de manière unilatérale que j'étais encore très jeune. Je cache mes rides ridules légères imperfections de peau ; je planque mes cheveux blancs sous des teintures qui permettent à Mme Béttencourt de couler des jours sinon heureux mais en tout cas à l'abri du besoin ; je sculpte (enfin je lutte contre l'amollissement ) de mon corps à coup de footing et de séances de natation pendant lesquels j'agonise régulièrement. Et, et, et, je vais à des concerts de jeunes (enfin pas trop quand même, faut pas exagérer...).
Alors le concert de jeunes à Singapour, c'est :
- tout le monde va au concert en taxi parce que le site (Fort Canning Park) est en haut de la colline et que sinon, il faudrait marcher....
- on est en tongs et en shorts par contre on a un parapluie parce que c'est en plein air. Et ça à Singapour, c'est un vrai challenge ! On n'imagine d'ailleurs pas ce que cela pourrait donner si tous les spectacteurs ouvraient leur pépin.
- le public est à l'heure et attend patiemment en mangeant des hamburgers faits sur place. Tout le monde boit de la bière alors que de petites dévergondées ont caché une bouteille de vin dans leur sac, bravant l'interdiction d'apporter des boissons de l'extérieur. De la graine de rebelles !
- des expats apportent même une petite couverture de pique-nique pour rendre l'attente confortable et certaines de ces dames se prennent, avec une réussite toute relative, pour Kate Moss en robe de cuir et bottes en caoutchouc. Arguant du fait qu'il n'est pas tombé une goutte et qu'il faisait 35 degrés, je n'ose imaginer la situation au retrait des ustensiles imperméables.
- des jeunes très cools sont interviewés par la télé locale en la personne d'une reporter d'1,55m et d'un cameraman faisant presque la même taille mais en largeur. Nous, curieusement, n'avons pas été interrogés... Pas assez cools sûrement...
- on croise même le dernier punk de Singapour, toute une bande déguisée en Horror Picture Show avec perruaues, boa et résilles... et la perruque, par cette chaleur, c'est un coup à faire une alopétie fulgurante !
- j'arrive à voir la scène d'un bout à l'autre du concert puisqu'à Singapour, ma taille me propulse quasiment dans la tranche supérieure de la population (si, si, c'est vrai mais expats exclus évidemment) !
- les rappels sont expédiés en 5 min, la lumière se rallume et hop retour taxi...

Et comment sait-on qu'on a affaire à un groupe de musique occidental ? Parce qu'ils ont 1h30 de retard et jouent moins longtemps que le temps qu'on a passé à les attendre .... Allez, c'était bien quand même... et pour ceux qui ne les connaîtraient pas :

jeudi 5 janvier 2012

Bonne année !

A vous tous, famille, amis réels et virtuels, lecteurs réguliers ou épisodiques, je souhaite une excellente année 2012 pleine de saveurs et de bonheurs !

lundi 19 décembre 2011

Cher Père Noël

Il est plus que temps que je vous adresse ma missive pour que, sous le sapin, tout le monde trouve son bonheur. Je sais que notre climat ne se prête pas vraiment au traineau tiré par les rennes et je vous suggèrerais donc, au vu du temps d'aujourd'hui, plutôt une barque tirée par des mérous ou un pédalo qui vous permettront de circuler aisément en tout point de l'île. En ce qui concerne votre tenue, je ne saurais trop vous recommander de faire un beau cadeau à la Mère Noël pour qu'elle consente enfin à abandonner la houppelande en fourrure et vous confectionne enfin un magnifique combishort rouge et blanc. Elle n'aura qu'à utiliser les modèles pré-existants dans les magasins singapouriens pour créer son propre patron. Faites fi des moqueries de vos lutins et  troquez donc vos bottes en cuir pour de belles tongs en plastiques, vous y gagnerez en terme d'odeurs corporelles et de confort, c'est sûr ! Pour votre arrivée chez nous, ne cherchez pas la cheminée mais utilisez l'ascenseur, ce sera beaucoup plus pratique que les tuyaux de la clim' qui se sont révélés un peu étroits pour votre corpulence.
Cher Père Noël, venons-en à l'essentiel : les cadeaux. Pour les enfants, je me suis portée volontaire pour vous simplifier la tâche et ai déjà stocké de nombreux paquets vous évitant ainsi la fabrication et le transport de ces derniers. En compensation, vous pouvons donc me faire directement un virement bancaire pour les différents jouets, livres et autres babioles accumulés lors de ces dernières semaines dans un élan d'anticipation que je qualifierais (en toute modestie bien sûr) de remarquable. Je vous communiquerai le montant par e-mail mais, sil vous plaît, n'oubliez pas de me verser ces sous comme vous l'avez malencontreusement et curieusement omis de le faire ces dernières années. En ce qui me concerne, j'ai quelques requêtes à vous refaire. Elles ne sont certes pas toujours très concrètes mais si, le cas échéant, vous pouviez les communiquer à qui de droit, je vous en serais très reconnaissante. Tout d'abord, merci de faire en sorte que le chef du mâle n'ait pas d'idée farfelue pour notre prochaine destination du genre Moscou, le Congo ou Amiens, le mieux serait même qu'il nous oublie encore un peu à Singapour... Pas longtemps hein, juste 1 an, ce serait bien... Ensuite, si vous-même ou l'un de vos lutins avait une recette magique pour contrer les effets néfastes de la pré-adolescence -poudre à bonne humeur, potion de bonne volonté, machine à mots gentils,  etc.-, n'hésitez pas à prendre un paquet familial, nous en avons vraiment grande utilité. Enfin, sachez que je ne dis pas non à des trucs de filles, genre petit paquet avec un truc qui brille dedans... Ah, j'oubliais... Pour le mâle, il n'y a besoin de rien : et oui, il m'a MOI !
D'avance, merci pour tout.

PS : il y aura un morceau de bûche pour vous, à côté du sapin. Et oui, on tient à nos traditions même si la mague devrait avoir remplacé la crème de marron.

jeudi 15 décembre 2011

Taxis

Une légende urbaine raconte qu'à Singapour les taxis sont bon marché... Faux ! Certes bien moins cher qu'en France mais leur coût est loin d'être négligeable en usage régulier. Je ne m'étendrai pas aujourd'hui sur les différentes catégories de tarif qui méritent un post à elles seules mais sachez qu'actuellement la colère gronde car les prix viennent d'augmenter. Alors petit retour sur mon expérience des taxis singapouriens.
Sur l'île, ce sont 25 000 taxis qui sillonnent le pays : rouge, bleu, jaune, blanc selon la compagnie, ils ont sur leur toit un petit affichage lumineux : vert, le chaland peut se mettre à agiter mollement sa main sur le bord de la route et le chauffeur envisager de s'arrêter ; rouge : le taxi est déjà utilisé ou réservé, inutile de se fatiguer, on peut garder sa main dans sa poche en scrutant l'horizon et le prochain signal vert. Mais attention, pas si simple que ça d'attraper un taxi car le chauffeur n'est pas toujours conciliant...
Exemple 1 : il est 16h00, vous partez chercher votre enfant à une quelconque activité sportive que, bêtement, vous n'avez pas choisi à distance piéton-compatible (car comme vous n'êtes pas une vrai tai-tai, vous n'avez pas de voiture) ; les signaux verts défilent mais ne s'arrêtent pas, malgré votre bras tendu dont l'agitation annonce une hystérie grandissante car le coach poireaute déjà, seul avec votre enfant au bord du terrain/de la piscine... Dommage, c'est l'heure du changement d'équipe ("shift"), mauvaise pioche, ils ne s'arrêteront pas, prenez le bus !
Exemple 2 : il est 22h00, vous devez retrouver des amis dans un bar et, pressentant une consommation de spiritueux et connaissant le peu de flexibilité des autorités singapouriennes quant au degré d'alcool dans le sang, vous décidez de faire appel à nos amis les taxis. Vous vous placez judicieusement à un endroit stratégique censés regorger de taxis, vous vérifiez qu'il n'y a pas quelqu'un 50 m en amont de vous qui pourrait vous piquer votre véhicule, vous agitez gracieusement votre jolie main... Echec total : on vous ignore superbement, y compris quand vous venez frapper à la vitre d'un taxi (signal vert) arrêté au feu. Les chauffeurs préfèrent à cette offre spontanée de course un parcours erratique dans les rues en attendant le toujours plus lucratif "phone booking" soient 2,50 ou 3,50$ qui s'ajoutent au prix de la course. Sachant que ce phone booking ne viendra peut-être pas avant 2h, la logique commerciale du chauffeur de taxi laisse perplexe... Dans ce cas, vous pouvez traiter de tous les noms d'oiseaux ces chauffeurs mal-aimables qui s'appliquent surtout à ne pas croiser votre regard courroucé et il ne vous reste plus qu'à prendre le MRT.
Exemple 3 : vous avez rendez-vous avec quelqu'un d'important, vous êtes joliment habillé(e) avec des chausssures qui ne sont pas des tongs en plastique. Vous aviez prévu d'y aller en taxi et même de le réserver 10 min avant votre départ (merci le SMS booking). Mais, mais, mais... il pleut ! Dans ce cas, pas un taxi libre en vue et l'opératrice finit en général par renvoyer un message du type : "there is no available taxi in your area, please try again in 10 min". Raaah, vous serez donc en retard, vous aurez tout cochonné votre joli pantalon avec l'eau des trottoirs, voire aurez subi un petit éclaboussement en règle de la part d'un chauffeur de bus indélicat (vous ai-je déjà parlé des chauffeurs de bus, ces êtres courtois et raffinés ?) et arriverez suant et soufflant, des auréoles de sueur sous les bras (car ce n'est pas parce qu'il pleut qu'il ne fait pas chaud), à votre rendez-vous qui lui considèrera d'un air un peu entendu votre tenue négligée...
Exemple 4 : après une folle soirée se terminant à une heure extrêmement tardive (genre 9h30-9h45), vous arrivez réussi à amadouer un taxi (cf ex 2) pour qu'il vous prenne alors qu'il rentre chez lui. Vous avez fait vos yeux de cocker, éventuellement mis en avant les attributs physiques dont vous disposez, et expliqué que vous habitez sur sa route, qu'il peut vous lacher très facilement sans se détourner : il cède dans son immense mansuétude et vous laisse monter dans son véhicule à l'odeur indéfinissable. Ah, vous êtes dedans, soulagée d'être enfin assise sur ces sièges en skaï qui ont connu des jours meilleurs et là, l'interrogatoire commence : Pourquoi êtes-vous toute seule ? Qui s'occupe des enfants (sous-entendu mère indigne) ? Vous travaillez ? Non ? et votre mari, il fait quoi ? Et vous avez des enfants ? Combien ? Ah, 2 garçons (la fille on s'en fout de toute façon), c'est bien.....  OK, n'en jetez plus, vous pouvez me droper là, je vais finir à pied...

Alors, les taxis, solution de facilité ???? A vous de juger...

lundi 12 décembre 2011

A ne pas prendre avec des baguettes

Novembre, c'était la Toussaint en France, les chrysanthèmes dans les cimetières, la goutte au nez, la pluie froide sur le trottoir parisien, les chataîgnes dans les forêts et les premiers feux dans la cheminée. Ici, pour nous, c'était le début de la "rainy season" et qui dit "rainy", dit "très très très mouillée". Depuis, décembre est arrivé avec ses décorations régulièrement douchée par des averses monstrueuses. Singapour est humide certes mais pendant la saison des pluies, nous évoluons quasiment en milieu sub-aquatique : le soleil perce rarement, il pleut à verse tous les jours, de préférence à l'heure de la leçon de tennis des enfants ou à chaque fois que j'ai besoin de prendre un taxi, véhicules systématiquement invisibles et injoignables dès la première goutte d'eau.  Dans ce cas, le problème du déplacement en taxi n'admet qu'une solution : prendre le bus ! Corollaire à la pluie, l'eau de la piscine est froide (oui, je sais la vie est dure) et il fait parfois presque frais, si frais que même parfois on frissonne en short et en tongs... Et là mon cerveau s'emballe : 30 et quelques années de vie dans un pays au climat contrasté et beaucoup trop rigoureux selon mes propres critères thermiques ont visiblement laissé des séquelles pavloviennes.  Frais et ciel gris = presque froid = hiver approximatif = nourriture revigorante  = pot au feu, raclette ou boeuf bourguignon !!! Je sais, c'est n'importe quoi mais visiblement toute la famille est dans le même cas. Alors hier, après une longue journée de grisaille, ce fut raclette avec quasi-évanouissement de la nounou de retour de son day-off  en raison de l'odeur mais épanouissement total des enfants et du mâle en manque de montagnes ! Nostalgie, quand tu nous tiens...

jeudi 8 décembre 2011

Noël aux balcons

Cela fait déjà des semaines que Noël se prépare. Depuis novembre, les décorations ont envahi Orchard Road pour un Christmas blooms, un événement décrit sans emphase aucune comme "une transformation magique d'Orchard Road en un jardin de lumières scintillantes, [...] immergeant les visiteurs dans un monde enchanté de beauté légère" (sic). Tout cela ne serait pas bien grave, si, parallèlement à ce plaisir des yeux, ne s'ajoutait pas une peste auditive récurrente : les chansons de Noël ! Hier, une urgence shopping m'a fait me déplacer dans les malls... Entre les fanfreluches à la Singapourienne qui sont des championnes du porté de frou-frou, de noeud-noeud, de pois, de rubans et de paillettes (tout cela pouvant être sur le même vêtement), les remarques perfides des vendeuses ("bigger size for you, better huh!") et la scie des "we wish you a merry christmas", impossible de se concentrer sur une quelconque recherche, aussi précise-soit-elle. Je ne sais si Jingle Bells passé en boucle a un effet constricteur sur la carte bleue mais toujours est-il que je suis revenue bredouille et me suis rabattue sur la petite robe noire, vous savez, celle du fond du placard qu'on a toutes mais qui est selon les cas trop courte/trop habillée/pas assez classe. Bilan des courses, un après-midi de perdu  et une tenue pour la soirée un peu approximative... Vraiment je suis trop nulle en shopping... Vous croyez que je vais arriver à conserver mon statut de femme d'expat avec de telles carences professionnelles ?