lundi 19 septembre 2011

Rire singapourien

Depuis 1 an et demi que nous sommes là, nous commençons à nous intéresser un peu à une actualité très nombrilo-centrée et qui, parfois comme en Europe,  arrive à nous amuser ou à nous démoraliser par son affligeance. Nous étions donc prêts pour une incursion dans un show gentiment satirique, celui de Hossan Leong. Hossan Leong, ce doit être approximativement 1,60 m d'énergie et d'humour, une vraie star ici, bien connue de la communauté française grâce à son spectacle "A Singaporean in Paris". Le show est un mélange de stand-up, d'interactions avec le public, de chants et de danse. Assumant le ridicule de façon radicale et avec ses partenaires (mention spéciale à l'imitation de l'accent british), il est tour à tour, Hossan Leong trublion, maid philippinne lesbienne, yogi candidat d'un concours TV ou lady peranakane embijoutée. Il surfe sur l'actualité qui met en exergue des familles chinoises qui ne supportent plus l'odeur du curry de leurs voisins indiens, se moque des candidats en campagne, raille le mandarin semble-t-il défaillant du nouveau président ou épingle les travers des Singapouriens. Singapourien pourtant, il l'est ce show car il commence à l'heure exacte et est sponsorisé, non pas par un mécène culturel, mais par des produits ménagers et d'hygiène dentaire. Du coup, les malheureux choisis dans le public pour être des partenaires, à leur corps défendant, de Hossan Leong sont tout de même récompensés par des goodies bags et un heureux veinard est même reparti avec un vélo électrique ! Et les petits échantillons disposés dans le hall du théâtre ont vite trouvé preneurs, les spectateurs empochant un minimum de 4 ou 5 bouteilles pour être sûrs de ne pas manquer de bain de bouche (un problème d'haleine peut-être ?) !
Impertinent, acide mais pas trop corrosif, le spectacle est vraiment drôle mais, à mon grand désespoir, la rapidité du débit de l'histrion et les allusions en mandarin et en malais m'ont fait rater quelques saillies visiblement très amusantes au regard des rires de nos voisins locaux. Une belle soirée néanmoins, n'hésitez pas à y aller, il a été prolongé (tous les détails sont là) !

jeudi 15 septembre 2011

Bouge de là !

Vous ne courez que pour arriver avant la fermeture de la porte de l'ascenseur. Vous utilisez systématiquement les escalators pour rejoindre votre boutique préférée bureau pourtant seulement au 2e niveau de l'immeuble. Vous nagez en piscine mais en évitant la auntie qui barbote, les enfants qui jouent aux ballons et les cours simultanément menés par 8 coachs singapouriens braillards. Vous ne vous déplacez qu'en taxi pour optimiser le porte-à-porte et limiter les déplacements pédestres qui s'accompagnent d'une production inévitable de sueur, très préjudiciable à votre genre de beauté ou à l'intégrité de votre chemise fraîchement repassée. Vous ne faites travailler vos biceps que pour soulever votre smartphone.... Bref, vous n'êtes qu'un(e) gros(se) fainéant(e), pourvu(e) le cas échéant d'un big bottom ou d'un beer belly ! L'obésité, le diabète, le cancer, les accidents cardiovasculaire, la dépression, la peste voire le ridicule vous guettent. Heureusement le Health Promotion Board est là pour vous aider et vous encourager à faire du sport. Il vous suffit pour acquérir une meilleure hygiène de vie d'accumuler 150 min d'activité physique par semaine, valeur obtenue par je ne sais quelle formule liant certainement quantité de riz consommée, fréquentation des hawker-centers et potato-couch life-style. Pour autant, les recommandations subséquentes sont précises : les exercices doivent être mis en oeuvre 3 à 5 jours par semaine, avec un minimum de 10 min par session. Ils doivent surtout être envisagés dans le cadre d'une "approche holistique de l'activité physique" qui se fait partout et n'importe quand. Je vous entends déjà grommeler derrière votre écran à propos de votre surcharge de travail, de votre manque de temps, de votre manque de condition physique... Que nenni, objections non recevables et, pour contrer cette approche négativiste de votre future remise en forme, le HPB vous donne toutes les recommandations (Active for life) et les exemples nécessaires. Relecture à ma façon :
- si vous êtes équipés d'enfants, jouez au ballon avec eux, au besoin portez-les ;
- un besoin frénétique de shopping, allez-y à pied ou descendez de votre MRT ou de votre bus une station avant. A ceci j'objecterai néanmoins que l'arrivée en sueur dans un mall climatisé à 20 degrés permettra peut-être d'éviter le cancer mais sera un bon début pour une double-pneumonie ;
- un repas au food-court = une petite balade postprandiale ; 
- mettez les helpers en vancances en lavant vous-même votre voiture, en passant par l'aspirateur et en faisant vos courses ;
- un escalier ? eh bien montez-le à l'aide de vos jambes sans aucune aide mécanique ;
- allez pourchasser les singes en marchant dans les parcs, le HPB y a installé des repères pour savoir quand sont atteints les 2 kms réglementaires de marche rapide et a même développé une appli pour connaître immédiatemment les résultats de votre effort ;
- soignez votre corps et votre esprit (influence chinoise oblige) en combinant footing, musculation, natation etc et le yoga, tai-chi et autres...
Allez, votre programme est chargé, cessez donc de lire ce billet ironique et allez donc vous dépenser !

mardi 13 septembre 2011

Pourquoi tant d'injustice ?

H&M vient d'ouvrir (enfin ?) sur Orchard Rd. Samedi dernier, les Singapouriens, vaillants athlètes de l'attente, ont fait la queue toute la journée sur le trottoir, certains depuis la veille au soir, qui pour recupérer les bons cadeaux de 250$ (un Singapourien ne doit rater aucun bon plan), qui simplement pour essayer de rentrer dans l'antre de l'habillement à l'européenne. Et ça continue, la queue n'en finit pas, près de 10 jours après l'ouverture, il faut toujours attendre dans les gaz des bus et la poussière de la rue le droit d'aller faire son choix dans les rayons. Bien évidemment, l'exostisme de l'affaire paraît bien exagéré à mon regard de Caucasienne qui a écumé en son temps les H&M français à la recherche des tee-shirts hello Kitty à paillettes et des slips Superman (non, aucun de ces articles n'étaient pour moi).
Je n'ai pas pu y mettre le bout d'un orteil pédicuré en tong mais, en cette période automnale, il doit y avoir des pulls, des écharpes, des bottes fourrées et des shorts en velours comme dans les autres enseignes européennes. Cette pratique de la saisonnalité vestimentaire dans un pays dans lequel il n'y a que 2 saisons, chaud/humide et chaud/un peu moins humide me laisse depuis presque 2 ans un peu perplexe. Certes, la climatisation extrême permet des incursions dans le domaine du pantalon ou de la chemise à manches longues, assortis le cas échéant d'un gilet pour les zones difficiles (le cinéma ou le musée !) mais tout de même, je vois mal comment utiliser une chapka ou une doudoune en plumes, sauf à passer les vacances de Noël en Corée. Alors je lance un appel solennel aux autorités commerciales singapouriennes : stop à la mondialisation de la mode, stop à la botte fourrée par 35°C, stop à l'invasion suédoise ! Euhh, par contre une petite implantation de Décathlon je ne serais pas contre...

vendredi 9 septembre 2011

Mid-Autumn Festival

Récurrence des fêtes, c'est bientôt le mooncake festival, la lune sera pleine et on partagera des gâteaux en famille sous l'astre blond...
Si les festivités se répètent bien évidemment d'année en année, la non-concordance de notre calendrier avec les calendriers lunaires chinois ou hindous fait que les dates évoluent. Cela change du sempiternel 25 Décembre ! De ce fait, à peine la rentrée digérée, il faut se lancer sur les mooncakes et autant vous dire que votre foie doit être bien accroché ! Certaines de mes connaissances sont capables de déguster sans faiblir un voire deux mooncakes par jour mais pour la majorité des mortels, un quart est suffisant soit au regard d'une éventuelle surcharge pondérale, soit d'un système digestif normal. Les puristes mangeront les double-yolks (pâte plus ou moins sablée avec un coeur fait de pâte de lotus et 2 jaunes d'oeufs salés), les petits rigolos d'expats se contenteront plutôt des snow-skins, plus petits et à l'enveloppe blanche ou colorée un peu collante. Pour les curieux, l'observation de l'effervescence au B2 de Ngee Ann City, lieu de la mooncake fair, est une plongée dans la tradition revisitée. Tous les hôtels et les grandes marques sont là pour vendre, à prix d'or, des boîtes de mooncakes aux parfums variés et on peut TOUT goûter! Des petits cure-dents embrochants de minuscules morceaux de gâteaux attendent le chaland, chocolat comme durian offerts au palais. Je me suis contentée d'y assouvir mon appétit de photos. Et puis, pour les petits, un stand offre, pour un coût minime (ça doit compenser le prix des mooncakes), plein de lanternes traditionnelles ou kitsch ! Bonne fête de la Lune !

mardi 6 septembre 2011

Mens sane in corpore sano

C'est la rentrée, dynamisme et énergie sont de rigueur.  Ça y est, les enfants sont rentrés à l'école, les vacances un nouveau cycle commencent. Comme toutes les mamans, il faut repréparer le petit nid familial pour installer oisillons et parents dans une nouvelle routine. Il faut recaler tout le monde sur l'horaire de coucher : "non, à 9 ans, on ne regarde pas la télé jusqu'à 21h30, on se couche à 20h et on lit gentiment pendant 1/4 d'h dans son lit... Si, si je t'assure, je ne suis pas un tyran despotique, c'est pareil dans toutes les autres familles !!!" . Il faut réinstituer que le goûter n'est pas la coupure de la moitié de l'après-midi mais l'indispensable prise de nutriments préalable au démarrage des devoirs inscrits dans ce magnifique agenda ramené au mépris de toute considération écologique de France dans un gros avion consommateur de kérosène. Il faut également s'occuper des inscriptions aux activités extra-scolaires auxquels les enfants répondent par un enthousiasme très relatif. En général, l'enchaînement classique est : demande maternelle (visiblement cela sort du champ de compétences paternelles chez nous) du genre : "et l'athlétisme ?" ; réponse enfantine précédée d'une longue réflexion :"euuuuhhh, ch'ais pas". Si j'insiste en demandant "alors pourquoi pas ?", je m'expose en général alors à un définitif "naaan, ça me plaît pas ".  Si j'insiste malgré tout "et pourquoi ça ne te plaît pas (avec un gentil sourire cachant un énervement tout légitime) ", retour au départ avec un magnifique : "euuuuhhh, ch'ais pas".  Résultat, après 2 mois de lutte acharnée, les enfants referont donc, sur la base d'un consensus familial et dans un souci de préservation du climat du foyer, les mêmes activités que l'année dernière !! Point de recherches à faire, d'écoles de musique à visiter et de coach à rencontrer, cela me fera toujours un peu de temps gagné pour organiser mes prochaines vacances !


samedi 3 septembre 2011

Les vacances, c'est du boulot

Madame l'agence de voyages, je demande aujourd'hui votre aide pour organiser de magnifiques vacances pour toute ma famille. Préalablement, j'ai consciencieusement regardé les informations métérologiques pour déterminer quelle serait la zone la plus favorable pour découvrir un nouveau pays sans mourir de chaud ou noyés par la mousson. J'ai ensuite parcouru blogs et forums pour identifier plus précisément quelles seraient les meilleures destinations possibles ; j'ai éliminé d'office celles qui, financièrement, nous contraindraient ensuite à aller à Sentosa Beach pour la totalité de nos congés. Je suis ensuite allée emprunter à la bibliothèque les guides des différents pays choisis, les ai conscienceusement feuilleté pour en dégager un panel de destinations puis négocié avec mon cher et tendre mari : non, trop de temples, non trop chaud, non trop froid, non trop loin, non trop roots.... Bref, finalement nous nous sommes mis d'accord. Re-blogs, re-forums et re-guide  pour savoir ce qu'il fallait précisément voir avec évidemment dans l'idée de me débrouiller toute seule pour l'organisation. Finalement, je ne me sens pas très à l'aise pour booker 3 hotels différents, faire les transferts entre les zones, réserver une croisière dans un bateau qui ne coulera pas, trouver un séjour chez l'habitant et déterminer dans quelle partie on va faire un peu de vélo sans se faire bouffer par des crocodiles.
C'est pourquoi, Madame l'agence de voyages, je préfère aujourd'hui m'en remettre à un professionnel. Evidemment, de bonnes âmes routardes m'ont déjà dit, au choix, que, 
1. eux, sont partis en pleines fêtes de Noël à Bali sans avoir réservé et qu'ils ont eu par chance le plus beau bungalow d'un hôtel somptueux sur la plage pour $100 la nuitée (sous-entendu perfide : vous avez vraiment pas de chance ) ;
2. eux, se sont toujours débrouillés pour organiser in situ la totalité de leur périple car la destination que vous avez choisie est "tellement" touristique  que le recours à une agence est une perte d'argent (sous-entendu perfide : vous êtes pas très malins quand même);
3. eux, savent éviter les pièges des autoroutes touristiques proposés par les professionnels du voyage d'ici ou d'ailleurs (sous-entendu perfide : pauvres moutons que vous êtes) ;
4. eux, partent à l'aventure, c'est tellement plus drôle (sous-entendu perfide : vous êtes tellement conventionnels) ;
5. eux, ingénieux et adaptables (sous-entendu perfide : beaucoup plus que vous) trouvent toujours des bons plans partout et paient leurs vacances une misère !
A l'ensemble de ces arguments, je répondrais que l'idée de me retrouver à 20h sans lieu pour dormir avec 3 enfants dont un bébé dans un pays étranger ne me paraît pas particulièrement excitante, que le train de jour debout pendant 4h  dans le couloir d'un wagon surpeuplé ne m'apparaît pas beaucoup plus marrante, que le trek de la mort de nuit avec le sus-dit bébé et 2 enfants ne fait en général pas partie des loisirs préférés ou que s'inscruster au débotté dans une famille locale n'est pas particulièrement facile à 5. Je préfère donc réserver mes hôtels, avoir des transferts confortables et savoir à l'avance ce que je vais voir le lendemain. En fait, je cherche surtout à faire de mes vacances un moment de plaisir pour tous et sans trop de contraintes !
Madame l'agence de voyages, je souhaite donc que vous m'aidiez à atteindre ce but tout simple. Une pincée de culture parce que l'année dernière on a un peu exagéré sur les temples, beaucoup de paysages et d'immersion dans la vie locale, un peu de plages quand même... Pouvez-vous m'organiser ça ?
Madame l'agence de voyages, ne vous méprenez pas, je ne suis pas non plus un porte-monnaie à pattes et il est inutile de me vendre tous les transferts en avion privé, une simple voiture climatisée suffira. Et puis, nous voulons de la liberté et de l'intimité alors n'essayez pas non plus de nous coller un guide dans les pattes toute la journée. Et puis je ne veux pas parcourir la totalité du territoire en 7 jours, histoire de dire que j'ai "fait" le pays, je veux me concentrer sur une petite zone et y prendre mon temps. Et puis, le luxe des hôtels ne m'intéresse pas, simple, propre et confortable, c'est suffisant, je pense encore pouvoir me passer d'un jacuzzi/terrain de golf/terrasse privée.
Madame l'agence de voyages, je voudrais juste que vous vous chargiez de l'organisation matérielle et que nous n'ayons plus qu'à nous immerger dans la poésie du lieu que nous allons visiter. Je voudrais juste être dépaysée mais sans appréhension. Pensez-vous pouvoir répondre à mes critères ?
Madame l'agence de voyages, malheureusement vos premières propositions ne sont pas satisfaisantes, trop de lézard sur la plage dite "somptueuse" et trop de peu de nature. Et puis vous avez oublié l'un des lieux que je voulais absolument voir (liste pourtant choisie avec soin pendant un après-midi studieux d'étude blog/forum/guide, Cf supra) et l'hôtel choisi a une note toute pourrie sur tripadvisor... Pouvez-revoir votre copie ?
Madame l'agence de voyage, nous en sommes au 3e échange d'itinéraires, je suis épuisée par les vérifications faites sur blogs/forums/guide (Cf supra) pour challenger votre proposition. Je commence à connaître le pays virtuellement de fond en comble... Peut-être vais-je me passer de vos services .... Allez, sans rancune....

lundi 29 août 2011

Ta ta taaaan !

Ca y est, le nouveau Président a été élu après quelques péripéties dignes des guerres de pouvoir du PS et des bisbilles autour du nombre de voix recueillis. Ce sera donc finalement le Dr Tony Tan, ancien vice-Premier Ministre, proche du PAP (le parti majoritaire) qui prendra la tête de l'Etat. Il a été crédité de 35% des voix mais ne devançait son rival Dr Tan Cheng Bock que  de moins de 0,35% à la fermeture des bureaux de vote. Il a donc fallu recompter pour s'assurer de la validité des résultats et c'est finalement vers 4h du matin que la nouvelle est tombée.
Signe d'une époque et reflet des élections parlementaires passées, le candidat de l'opposition Tan Jee Say a tout de même perçu 25% des votes, soit nettement plus que le dernier candidat, proche également du PAP, Tan Kin Lian, qui ne peut se targuer que de moins de 5% des voix.
La cérémonie d'investiture du Dr Tony Tan se tiendra le 1er septembre. Son salaire, parmi les plus élevés au monde pour la rémunération des chefs d'état, devrait être de l'ordre de $4 millions par an (un article du Strait Times, ici). Une raison de plus pour aller visiter demain l'Istana, sa demeure officielle, qui tiendra portes ouvertes en ce jour férié de la rupture du jeûne du ramadan.

vendredi 26 août 2011

T'as ton Tan ?*

Cette année, les urnes chauffent au pays du Lion. Après les députés, c'est le tour du Président de la République. Quatre personnes ont obtenu le sésame permettant de se présenter à l'élection, le COE ou Certificate Of Eligibility. Pour cela, ils doivent remplir un certain nombre de critères tels qu'être singapourien de souche (i.e. ne pas avoir acquis volontairement la nationalité), n'appartenir à aucun parti politique au moment de l'élection,  avoir été ministre (ou un poste de haut rang au sein du pouvoir) ou président ou PDG d'une société au capital supérieur à $100 millions, etc.  Pas si facile que cela que de remplir ces exigences. Lors de la dernière "élection", seul un candidat avait reçu son COE si bien qu'en lieu et place de la voix des urnes, cela avait été une simple nomination, faute de concurrence. Cette fois-ci, les Singapouriens devront aller voter pour départager 4 candidats. En l'état, aucun doute sur le nom du futur chef de l'Etat, ce sera M. Tan car, coïncidence de patronyme, les prétendants à l'Istana s'appellent tous ainsi ! Parmi eux, 3 sont proches du People's Action Party : un ancien vice-Premier Ministre, un médecin ex-député et l'ancien PDG de la compagnie d'assurance NTUC. Le 4e candidat, un ancien fonctionnaire reconverti dans la finance, représente pour la toute première fois de l'histoire de Singapour l'opposition, le SDP (Singapore Democratic Party). La campagne est allée bon train, les candidats faisant valoir qui leurs compétences financières, qui leurs qualités humaines avec un débat très centré sur le rôle du Président. En effet, l'essentiel du pouvoir est concentré dans les mains du Gouvernement et du Premier Ministre, le Président assume donc une charge honorifique de représentation et se contente du pouvoir sur l'utilisation des réserves financières du pays, d'un droit de véto sur la nomination des hauts-fonctionnaires ou des dirigeants des entreprises publiques. Pour tout le reste, son action doit se faire en accord avec le Premier Ministre et le Cabinet... Rien de bouleversant donc à attendre d'un homme au rôle limité par la Constitution de 1991. Le vote (obligatoire) aura lieu demain, soit un jour férié de plus, c'est déjà ça !

* : OK, OK, blague à 2 balles... Il n'y  a que les plus de 30 ans qui peuvent se rappeler de cette pub pour les cartables !

mercredi 24 août 2011

Hungry Ghosts Festival

Pendant le 7e mois lunaire, les Portes de l'Enfer s'ouvrent et les esprits reviennent errer dans nos contrées terrestres, potentiellement dans des humeurs pas franchement chaleureuses. Pour parer à tout problème entre vivants et fantômes, les Chinois se mettent en quatre pour leur fournir bienfaits et amusements. Des repas leurs sont offerts dans les maisons ou dans les commerces car, c'est bien connu, un ventre plein perd son agressivité. Du paper-money est brûlé en abondance pour qu'ils puissent s'acheter tout ce dont ils ont besoin dans l'autre monde. Enfin, pour leur éviter l'ennui et ainsi toute occupation malsaine, ils sont distraits par des spectacles ou getai. Le premier rang est toujours réservé aux esprits, VIP de l'au-delà. Gare à l'imprudent qui voudrait s'y asseoir pour observer de plus près les artistes. Spectacle traditionnel, le getai, autrefois opéra chinois, est devenu une sorte de show à paillettes, très ABBA-style, avec chanteuses court-vêtues et ryhtmes pop, voire même lap-dance ! Les fantômes peuvent donc en plus se rincer l'oeil...
Et pour voir à quoi cela essemble en "vrai",  le film de Royston Tan "881", un petit bijou de kitscherie, récit d'une histoire d'amitié sur fond de compétition artitistique, que nous avons loué il y a quelques mois en DVD. So nice lah !



PS : pour un peu plus de détail, cet article du Petit Journal.

dimanche 21 août 2011

We're back !

Retrouver la France après 12 mois de séparation, c'est :
- trouver les conducteurs automobiles finalement très urbains dans leur comportement ;
- identifier à coup sûr les lectrices de magazines féminins, reconnaissables à leur "color block" plus ou moins réussi et aux ongles bleu électrique ou corail ;
- compter les petites dames de province aux chevelures rougeâtres ponctuées de mèches jaunes, zèbres psychédéliques involontaires, victimes éternelles de coiffeuses peu subtiles dans leur utilisation des teintures ;
- mâcher plein de chewing-gums, même dans les lieux publics ;
- rouler des heures durant, à des vitesses folles (> à 90km/h !), se tromper de côté pour monter dans la voiture et ne pas oublier de passer les vitesses ;
- voir plein d'infos effrayantes sur la crise et répéter que vraiment "l'été, y'a rien à la télé !" ;
- lire plein de livres dans le jardin en ayant un peu mal aux yeux à cause du soleil et pourtant la flemme d'aller chercher ses lunettes de soleil ;
- regarder les nuages accrochés aux montagnes et espérer pouvoir enfin monter le jour suivant sur les pentes ;
- laisser le maillot de bain tout au fond de la valise et, à la place, ruiner son vernis dans des chaussures fermées et mettre un jean tout démodé de quand on en achetait encore (c'est-à-dire une éternité d'au moins 2  ans) ;
- sentir l'odeur du foin fraîchement coupé et observer avec Eloi la danse des tracteurs autour des andains, en s'extasiant sur la moindre vache ou chèvre croisée sur le bord du chemin ;
- partager de grandes tablées avec les copains ou la famille en buvant du vin qui ne donne pas mal à la tête et ne coûte même pas cher ;
- entendre les cloches de l'église et maudire l'angélus de 6 h45 (oui, oui, du matin...) ;
- manger plein de fromages (et pas du tout de soya sauce) et constater au retour que notre tour de taille va avoir du mal à s'en remettre !
Et encore plein d'autres petites choses sans intérêt que l'on remarque désormais, reflet finalement exotique d'une vie que l'on pensait autrefois bien ordinaire.