mardi 14 septembre 2010

Must

Ici, comme ailleurs, il y a des incontournables, les lieux à ne pas manquer, les adresses que l'on s'échange en disant "c'était géniaaaaal", les plats qu'il faut goûter : enfin tout ce qu'il faut mettre sur sa "to do" liste, celle qu'on utilise en général pour occuper enfants, mari ou estomacs désoeuvrés. Le week-end dernier, nous avons choisi une option délibérement dédiée aux adultes (en toute décence bien sûr) et visité, en une soirée et dans un but purement informatif pour vous lecteurs avides, deux bars. Vous voyez donc qu'on ne recule devant aucun sacrifice, au péril parfois de notre santé. A notre programme éclectique, les anges du Divine Bar et les cacahuètes du Long Bar du Raffles !
A notre arrivée au Divine Bar, nous nous sommes retrouvés dans une sorte de hall de gare à l'architecture stalinienne revue sauce Art Déco et dans lequel il n'y avait que 2 tables d'occupées sur la vingtaine que contenait la salle. Autant dire que la réservation que j'avais pris soin de poser 2 jours auparavant m'est apparue comme totalement dispensable. C'était donc bien trop calme, la musique lénifiante de fond n'ajoutant rien à l'ambiance quasi-gériatrique qui régnait dans le lieu. Heureusement, outre nos charmants convives (et malheureuses victimes de mon souhait de visiter ce fameux bar), il y avait pour alimenter la conversation et occuper les yeux (enfin surtout ceux d'un monsieur un peu libidineux au bar) les envols répétés d'une jolie fille dont le métier d'ange consiste à ranger et extraire les bouteilles de vin d'une "cave" de 12 m de haut, le tout dans le chuintement du treuil auquel est suspendue la belle.... Des prix à la hauteur du plafond et un spectacle amusant sans être bouleversant... Comme dirait l'autre, veni, vidi, vici...
Nous avons donc poursuivi notre chemin vers le tout proche hotel Raffles et son fameux "Long Bar". Là, la prise de risque est maximale car il faut évoluer avec élégance et délicatesse sur le sol glissant recouvert des traîtresses enveloppes de cacahuètes que les clients jettent traditionnellement au sol en consommant le célèbre cocktail Singapour Sling, très rouge, très sucré, pas très bon. Une ambiance nettement plus animée, une salle pleine et Tina Turner en fond (très) sonore grâce à la voix magnifique d'une toute petite Asiatique accompagnée par un musicien au brushing rappelant de façon assez criante un hérisson permanenté nous ont permis de passer un bon moment et de rentrer, des cosses de cacahuètes encore collées aux vêtements, dans un taxi qui nous a trouvées "very happy, lah !".

Divine Bar, Parkview Square lobby, 600 North Bridge Road
Long Bar, Raffles Hotel Singapore, 1 Beach Road.

samedi 11 septembre 2010

Expatisation

Après la pédicure (pour l'instant en suspens pour cause d'accident de tongs !), la pratique (molle) des shopping-malls, ça y est, je viens de franchir une étape décisive dans ma métamorphose en femme d'expat' : je suis devenue officiellement une "Ma'am", à savoir l'employeur d'une employée à domicile, autrement appelée "Maid" de façon usuelle, "Helper" pour le politiquement correct, "Nounou" affectueusement ou "Bonne" si on n'est vraiment pas sympa.
En arrivant à Singapour, j'avais fait le choix de me débrouiller toute seule. Je parvenais, en France à m'occuper, en travaillant, de 3 enfants, d'un mari, d'un chat et d'une maison. Bien évidemment, le soir, c'était un poil chargé mais ici, à Singapour, sans boulot, cela me semblait tout à fait envisageable de gérer, en autonomie, le quotidien. Néanmoins, afin de ne pas devenir dingue m'épanouir, il me fallait dégager, dans mon emploi du temps de maman, quelques plages de solitude pour découvrir Singapour/avoir une vie sociale/faire du sport/faire des courses/lire etc... Si le problème des grands était solutionné par la scolarisation, le cas d'Eloi était plus ardu car Singapour n'est pas Paris et le système relatif à la garde de la petite enfance n'a rien à voir avec celui de la France, perfectible certes mais, en comparaison, déjà pas si mal.
Après 6 mois-test un peu très contraignants, force nous a été de constater que la vraie vie d'expat exigeait une certaine disponibilité et, courageux comme toujours, nous n'avons pas reculé devant la seule alternative consensuelle tant au niveau des expatriés que des locaux : la Maid à qui l'on délègue toutes les tâches du quotidien. Depuis, le monde des possibles nous est ouvert : un resto en amoureux, une course, une séance de footing ou un tennis, un moment de glande sauvage sans (ou presque) de culpabilité, plus rien ne nous fait peur !!!
Si ma conscience continue d'émettre des réticences quant aux conditions de vie et de travail des helpers et à leur assujettissement à l'employeur (cautionné par le gouvernement singapourien), je mesure quotidiennement le luxe de cette liberté acquise pour un salaire qui me semble dérisoire en regard des sacrifices consentis par ces filles pour faire vivre, dans leur pays, une famille et, souvent, leurs propres enfants.
Quand je vous dis qu'on a de la chance....

mardi 7 septembre 2010

Que d'eau !

Singapour est une ville dépourvue de ressources naturelles : pas de matières premières, pas de pétrole et en particulier pas d'eau douce sous forme de nappes phréatiques. Alors, pour ne pas faire de l'or bleu un éventuel nerf de la guerre avec la soeur-ennemie qu'est la Malaisie, l'île s'est dotée des moyens nécessaires pour minimiser sa dépendance hydrique. Ses quatre sources d'approvisionnement en eau potable sont l'importation, la récupération de l'eau de pluie grâce à 15 réservoirs alimentés par les canaux et les fleuves, le recyclage des eaux usées (NEWater) et enfin la désalinisation de l'eau de mer.
Le 15ème et plus récent réservoir est le Marina Reservoir fermé par le Marina Barrage, au Sud de Singapour, créant ainsi une frontière entre les eaux douces de la Singapore River et de la Kallang River et l'eau salée de la Mer de Chine. Le Marina Barrage s'incrit dans une pluri-objectivité visant à fournir de l'eau aux Singapouriens assoiffés comme une alternative nettement plus ragoûtante que la Newater (vous boiriez l'eau de votre douche ou de vos toilettes, vous ?), à contrôler les crues soudaines et à offrir un lieu de vie attractif.
Ouvert au public, le Marina Barrage symbolise et présente au travers d'une exposition permanente à la communication très efficace (et c'est un euphémisme) tous les efforts réalisés et les résultats obtenus par le gouvernement singapourien pour tendre vers une autonomie en eau douce tout en mettant en œuvre le fameux "développement durable", sésame souvent galvaudé des appels à projets mais qui semble dans ce cas précis , plutôt bien exploité. En l'occurence et bien que je sois incapable de mesurer l'impact économique du Marina Barrage, certains effets environnementaux et sociaux concomittants à la recherche de l'indépendance hydrique semblent visuellement évidents :
- pour l'éducation de nos enfants, une galerie d'exposition très pédagogique expliquant tenants et aboutissants de la politique de l'Eau à Singapour (ne pas rater la maquette reconstituant le fonctionnement du barrage avec pluie et marées) ;
- pour la santé de la planète et celui du porte-monnaie du contribuable singapourien, un toit végétalisé contribue à la fraîcheur du bâtiment, des panneaux solaires fournissent l'énergie nécessaire à la galerie d'exposition et des panneaux incitant à ramasser ses déchets fleurissent en de multiples endroits ;
- pour le bien-être des citoyens (pouvant influer sur la réelection du gouvernement en place), une aire centrale où petits et grands s'ébattent dans des fontaines à la fraîcheur attractive, le sus-dit toit sur lequel pique-nique et cerf-volants sont les bienvenus et un plan d'eau où pratiquer divers sports nautiques.
Le tout se situe dans un bâtiment à l'architecture résolument moderne en forme de 9, ce chiffre symbolisant en chinois la longévité et augurant, pour les générations à venir, d'une production durable d'eau douce. On jouit du rez-de-chaussée ou du toit d'une très belle vue sur le Central Business District et sur le tout nouveau Marina Bay Sands, hotel monumental en forme de bâteau et équipé notamment d'une piscine de 150 m de long. De l'autre côté, c'est la mer constellée des incontournables porte-containers.
Tout au long de notre visite, rondement cornaqués par un guide à l'argumentaire bien rodé, démonstration nous a été faite de l'excellence singapourienne tant sur le plan de la scénographie que des présentations de projets réalisés ou en cours comme, par exemple, la future autoroute sous-marine de Singapour ! Malgré ce parti-pris courant à Singapour auquel les Français sont en général peu réceptifs et souvent dubitatifs, il faut bien admettre que le speech était instructif sans être rébarbatif. Pas sûr que les enfants aient tout compris mais après avoir passé une heure à jouer tout habillés dans les jets d'eau aléatoires de la cour centrale (avec retour en slip et culotte dans la voiture sans clim'), il est clair que l'enjeu d'amusement a été clairement atteint !

jeudi 2 septembre 2010

Ruralité

S'il y a bien un truc que je savais ne pas pouvoir trouver à Singapour, c'était l'agriculture. Et oui, avec 5 millions d'habitants sur 700 km² (ce qui en fait le 2ème pays le plus densément peuplé au monde après Monaco), l'espace est une denrée rare et il n'est évidemment pas envisageable de pratiquer l'élevage extensif ou d'avoir des parcelles de grande culture. Face à ce constat, c'est très simple : la majorité des produits alimentaires consommés à Singapour est importée de Malaisie, de Thaïlande pour les plus proches mais aussi de Chine, d'Australie de Nouvelle-Zélande, des Etats-Unis, voire même d'Europe... Et dans ce dernier cas, la seule évocation de son empreinte carbone sufffirait à faire rougir une tomate Roma venue de son pays d'origine, son prix ayant plutôt tendance à vous faire virer au vert.
Cependant, il existe encore à Singapour une petite agriculture que je qualifierai d'anecdotique voire uniquement décorative dans certains cas, la technologie pouvant y tenir une certaine place. Ainsi Kranji Countryside, petite zone verdoyante du nord-ouest de l'île, a conservé un certain nombre de fermes qui produisent des orchidées, des fruits bio, des légumes en aéroponie, des oeufs, des poissons ou bien encore du lait. Alors pour satisfaire soif de ruralité, curiosité et remédier à l'ennui bien connu du dimanche matin, nous sommes partis le week-end dernier visiter trois de ces fermes dès potron-minet (à vrai dire, 10h30 car l'inertie familiale est assez conséquente).
Dans la catégorie "Niche commerciale" : la HayDairies Goat Farm produit du lait grâce à 1000 chèvres (et quelques boucs fort odorants) dans un système exclusivement hors-sol. Autant vous dire que côté caprins, c'est assez dense et il n'y a pas un brin d'herbe pour égayer le lieu. José Bové en aurait avalé sa moustache. Ayant raté la traite (entre 9 et 11h) qui, je pense, doit être le seul élément intéressant de la visite, nous avons poursuivi notre chemin.
Dans la catégorie "Inédit" : les visiteurs de la Jurong Frog Farm sont accueillis par le concert de croassements des milliers de crapauds aux cuissots développés qui pataugent nerveusement dans des piscines carrelées, soigneusement dépourvues de toute végétation. Saoûlés par la musique un peu binaire, nous avons poursuivi notre route.
Dans la catégorie "Calme" : au bruit des grenouilles, c'est le silence de la MaxKoi Farm qui a succédé. Cette ferme piscicole abrite, dans un lieu très graphique et paisible, des bassins bétonnés bourrés de grosses carpes ornementales blanches, rouges ou dorées. Là encore, plus de technicité que de verdure. Après nous être ressourcés aux glous-glous de l'eau soigneusement aérée des mares des Koi, nous avons conclu notre tournée agricole et fini la journée dans notre piscine, heureux comme des poissons dans l'eau.

HayDairies Pte Ltd, number 3 Lim Chu Kang, Agrotech Park Lane 4.
Jurong Frog Farm,56 Lim Chu Kang Lane 6.
Max Koi Farm, 251 Neo Tiew Crescent.

mardi 31 août 2010

Bilan estival

Nous reprenons doucement nos marques à Singapour en préparant mollement la rentrée à coup de pauses piscine, d'après-midi lecture et d'invitations réciproques de petites copines. Notre séjour en France nous a permis de retrouver les plaisirs gastronomiques les plus simples, synonymes d'été (et accessoirement de bourrelets) comme le rosé frais et le saucisson dégustés sur la terrasse, les enfants jouant dans l'herbe jaunie du jardin maltraité par une canicule qui nous avait précédés et, malheureusement, abandonnés. Nous avons retrouvé des sensations qui, sans nous avoir vraiment fait défaut, sont de façon indicible une part infime de notre quotidien et finalement font partie des madeleines que l'on emporte dans ses bagages d'expatrié(e). Au delà du plaisir évident de retrouver famille et amis, j'ai aimé conduire sur des routes paisibles, bordées de vergers ou de vignobles, France Inter en fond sonore et les enfants endormis à l'arrière. J'ai aimé revoir les champs avec les bottes de paille blonde, les vertes pâtures nourrissant des vaches au pis desquelles des veaux se rassasient, marauder, au gré des ballades, prunes ou mûres au creux des chemins. J'ai aimé retrouver mon horizon barré par des montagnes, crapahuter (sans excès) sur de petits sentiers caillouteux et admirer des paysages buccoliques dans lesquels les villages se nichent avec leur église au fond d'une vallée verdoyante. J'ai aimé me promener sans but dans de jolies rues piétonnes, lécher des vitrines bourrées de trucs à touristes, m'arrêter pour boire un verre en terrasse et observer, en ricanant si besoin, les tenues des demoiselles de toutes nationalités.... Enfin, rien que du très futile, des choses sans aucune valeur intellectuelle mais des petits détails qui font que, si la France n'est plus notre maison, Singapour n'est pas encore vraiment notre "Home".
Je ne crache cependant pas dans la soupe et il faut reconnaître que la piscine en bas de l'appartement, des températures propices au port quotidien du débardeur ou la pléthore de restaurants dont les additions permettent une pratique récurrente favorisent grandement notre réadaptation... Ne reste plus, mère indigne que je suis, qu'à renvoyer les enfants à l'école pour enfin apprécier les vacances !!!

lundi 23 août 2010

Voyage, voyage

Après quelques semaines passées, bien au frais (voire même un peu trop), en France, nous voilà de retour sous le chaud soleil de l'équateur.
Comme nous prenons le pli de l'expatriation et de son corollaire, i.e. la recherche de la vie la plus facile possible, nous avions prévu un retour aéroport/appartement sans encombre grâce au taxi mini-van dûment réservé avant notre départ via l'agence de voyage qui nous avait délivré nos billets d'avion.... Un Chinois rondouillard et serviable nous attendait donc à la sortie de l'aéroport avec une pancarte égratignant comme d'habitude notre nom de famille. Nous ayant abandonné quelques instants avec nos 2 chariots de bagages, la poussette et nos 3 rejetons, le diligent conducteur est allé chercher son bolide et là d'un coup, le mythe de l'efficacité singapourienne s'est brisé en morceaux comme une Cracotte malmenée par un beurre trop froid.... Serait-ce encore une fois un problème de compréhension ou, comme me l'a soufflé mon mauvais esprit, (assez vindicatif il est vrai après 12 h de vol et 6 de décalage horaire) une volonté de l'agence de voyage de se faire de l'argent sur notre dos, toujours est-il que nous nous sommes retrouvés dans un taxi de la taille approximative d'une R5 atteinte d'aérophagie mais sans coffre !!!! A sa vue, j'ai évalué de façon assez précise (et je dois l'avouer dans un langage assez fleuri) le niveau de compétences de la personne qui avait choisi pour une famille revenant de plusieurs semaines de vacances un véhicule avec seulement 4 places passager et ne pouvant tranporter de bagages... Faisant contre mauvaise fortune, mauvais bon coeur, nous nous sommes donc logés dans le tacot blanc dont les ailes étaient ornées, peut-être dans une tentative de compensation de sa non-fonctionnalité, de Cupidons (si, si, je vous jure !!!). Je tairai donc le trajet avec poussette incrustée dans l'estomac, Malo écrasé sous son sac à dos, Solène retenant le siège auto d'Eloi qui menaçait de lui tomber dessus et grommellements rageurs de ma part.
Une fois enfin arrivés à bon port, notre "home" fleurait bon le renfermé, les assiettes avaient moisi et le sol était recouvert d'une poussière noire qui résiste encore aujourd'hui à la serpillière.


Qui a dit que la vie d'expat, c'est tout rose ?

mercredi 21 juillet 2010

Mustafa Center

Mustafa Center, c'est une institution parmi les innombrables centres commerciaux de Singapour. Ouvert 24h/24h, c'est un peu le BHV qui aurait fauté avec les magasins Tati. Situé au coeur de Little India, on y trouve absolument de tout depuis la tapette à mouche jusqu'aux montres en passant par les casseroles, les combinaisons anti-UV, les saris, les éponges pour voitures, les rice-cookers ou les shampooings. Les vendeurs, en nombre, ne semblent pas vraiment débordés par le boulot mais suivent une ligne de conduite rigoureuse en terme de non-amabilité envers les clients (en tout cas envers les expats comme moi). Il ne faut donc pas s'attendre à un service personnalisé surtout si vous ne parlez pas le tamoul. Et dans ce dédale de rayons étroits, la recherche d'un article prend parfois des formes de chasse aux trésors. Dans notre cas, notre dernière virée "Mustafa" avait pour objet les achats pour la rentrée de septembre. Curieusement, si une fois intégré le fait qu'il fallait aller au rayon bagages, il fut facile de trouver des schoolbags sobres et sans héros de dessins animés, le calvaire commença,lorsque nous avons attaqué la liste des fournitures scolaires fournie par le LFS. Respectueuse des desiderata du corps enseignant et faisant abstraction de mes doutes quant au caractère indispensable de certains des items, je passerai sous silence le fait qu'il faille, par exemple, pas moins de trois types de stylos différents à un enfant de CM2 pour écrire (à encre, à bille, feutre) ce qui amènera certainement sa trousse à avoisiner la livre bien tassée.
Bref, encore un choc culturel ! Moi qui me dirigeais l'année dernière, auréolée d'efficacité, dans les allées d'Au..an en période pré-scolaire, entassant en un temps record cartouches, Bic, colles et gommes dans mon caddie de maman pressée, je me suis vue errer dans les travées de Mustafa Center, cherchant en vain crayons de papier et lot de stylos billes multicolores. Après quelques allers-retours infructueux dans les rayons, j'ai compris que la logique (enfin ce qui en tient lieu) de classement chez Mustafa n'est pas celle de nos supermarchés occidentaux. En effet, les articles ne sont pas classés par genre mais par marque ! Et là mon petit cerveau, bien rationnel, a eu bien du mal à connecter les informations et il nous a fallu 2 bonnes heures pour arriver au bout de la liste parce qu'il a bien fallu :
- comparer le prix et/ou les caractéristiques de produits similaires ce qui nous a conduit à arpenter plusieurs fois et selon le principe de l'essuie-glace tous les rayons du secteur "Stationery" .
- découvrir que les stylos billes et/ou feutres se vendent à l'unité et pas en lots de couleurs. Il faut donc les choisir un à un et puis comparer les articles (Cf point précédent).
- rechercher des crayons HB, pauvres petites pointes dures perdues au milieu des grasses 2B majoritaires qui semblent avoir la préférence des écoles singapouriennes.
- comprendre que les stylos à encre se disent "foutain pen" et qu'en fait c'est pas la peine de chercher parce qu'il n'y en a que 2 et absolument immondes...
- pour la calculatrice, aller au rayon électronique situé deux étages plus bas pour passer la commande, remonter pour tout payer puis redescendre la chercher, tout ça pour 3,50 SGD...

Au bout du compte, nous sommes sortis quasiment vainqueurs de notre confrontation avec la liste du LFS mais le marathon des fournitures scolaires n'est pas terminé et il faudra quand même compter sur la France pour les effaceurs et l'agenda...

Mustafa Centre, 145 Syed Alwi Road.

samedi 17 juillet 2010

Dragon Boat

Le Bedok Reservoir est chaque année le lieu du Singapore Dragon Boat Festival. Toujours curieux de voir des spectacles nouveaux, nous avons embarqué la marmaille pour une petite ballade dans le parc et assister aux courses de dragon boats. Ignares comme nous le sommes, nous nous attendions à un événement un peu folklorique avec des bateaux richement décorés et des cymbales chinoises. En fait, pas du tout, les dragons boats existent depuis près de 2500 ans mais c'est désormais un vrai sport avec des gilets de sauvetage fluo, des tentes blanches avec les boissons et de la musique techno à fond. Les amateurs et/ou pratiquants sont tout aussi bien des Singapouriens que des expatriés (mâles et femelles) rassemblés dans leurs associations nationales respectives. Les dragon boats sont des embarcations à mi-chemin entre l'aviron et la barque pourvus d'une tête et d'une queue de dragon.Vingt pagayeurs propulsent l'engin dirigé par un barreur, le tout au rythme des pulsations du tambour battu avec véhémence par un meneur situé à la proue du navire. Outre les coups sourds qui doivent être synchronisés avec les coups de rame, le tambour hurle avec beaucoup d'énergie des indications et/ou des encouragements (ou des insultes, va savoir!) à ses ouailles pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. Ambiance sonore garantie ! Tant pis pour la tradition, nous avons apprécié à la place l'émulation sportive, les muscles des rameurs et l'atmosphère bon enfant de la compétition !!
Et puis, comme souvent à Singapour, c'est au hasard d'une ballade ou d'un événement que le passé rencontre frontalement mais tout en douceur le présent. Ainsi, sur la rive du réservoir, les cages multicolores d'oiseaux siffleurs s'alignaient en haut de mâts, forêt artificielle de prisons dorées libérant une multitude de chants mélodieux, à mille lieux des tonitruances de la course voisine.
Un peu de douceur dans un monde de brutes...

samedi 10 juillet 2010

Clichés

L'un des corollaires de la position de femme d'expat au soleil, et qui accessoirement ne travaille pas dans un frigo bureau climatisé, c'est l'obligation de porter quotidiennement des tongs. En cuir pour les valeureuses combattantes de la moisissure ou en plastique pour les pragmatiques du nettoyage à l'éponge... Attention, la tong n'est cependant pas un vulgaire morceau de caoutchouc que l'on peut rechaper avec un pneu en cas de casse. Non, non, Madame Expat la choisit avec soin pour l'assortir avec sa garde-robe, si besoin en achète plusieurs pour être sûre d'échapper à la faute de goût, la prend siglée du Brésil, voire même pailletée ou endiamantée pour les jours de fête. Encore faut-il la porter avec classe pour ne pas ressembler à une pauvre auntie traîne-savates. Et cela demande du boulot !! Oui, on ne le dira jamais assez : chausser la tong, c'est un sacerdoce qui se ressent dans la chair et les phanères. Une peau qui s'assèche, des talons qui se fendillent, des ampoules inter-digitales, un risque exacerbé de blessures des orteils : voilà ce à quoi on s'expose quand on respecte ce code vestimentaire.
Face à ce dilemne, Madame Expat n'a pas d'autre choix pour sauver ses arpions que de fréquenter assidûment les salons de pédicure pour retrouver de jolis pieds doux et élégants qui ne dépareront pas dans l'exercice de son intense vie sociale tant sur le plan personnel (faut tenir la comparaison avec les copines !!!) que professionnel (s'agit de pas faire honte à Monsieur Expat dans les cocktails de l'Ambassade). Sachez donc, lecteurs moqueurs, que la pédicure n'est donc pas une action futile pratiquée par de oisives nanties mais bien un acte civique visant à l'amélioration des relations inter-personnelles au sein de la communauté expatriée... CQFD...

Bon, pour la manucure, je cherche encore....

Par exemple, Snails the nails,03-01 Wheelock Place.

mardi 6 juillet 2010

Art Garden

L'info circule depuis quelques semaines sur les blogs des connaissances virtuelles à Singapour et je m'étais promis d'en faire profiter les enfants. C'est chose faite : nous sommes allés dimanche au Singapore Art Museum, SAM pour les intimes, pour visiter l'exposition Art Garden qui se déroule dans l'une de ses annexes. Le SAM, c'est le musée d'art moderne et contemporain de Singapour, logé dans une ancienne école catholique. On est loin de Beaubourg et du Palais de Tokyo mais le musée est intéressant et l'exposition Art Garden une vraie réussite. Elle est destinée aux enfants et parvient à toucher aussi bien un petit de 15 mois qu'une grande de 10 ans. Pendant ce temps-là, les parents se réjouissent de voir, pour une fois, la totalité de leur marmaille profiter des oeuvres et partagent un moment de complicité artistique et ludique avec les petits... Dixit Solène, "c'était trop bien..." et vu l'état de fatigue d'Eloi après la visite, je pense qu'il a pris beaucoup de plaisir.
Au programme, beaucoup d'interactivité, de simplicité et de poésie pour une interconnection entre nature et art : éteindre avec les pieds ou les mains des fleurs sans cesse renaissantes, faire pousser un écosystème psychédélique où lianes, arbres, fleurs et papillons se meuvent dans un tourbillon de couleurs, chercher les bizarreries de la forêt enchantée, gigantesque dessin dans lequel on peut rentrer tels des Alice aux Pays des Merveilles ou encore organiser (ou non) les arbres du Walter's Garden, telles étaient les principales attractions (en tout cas, selon mon avis totalement subjectif) dont nous avons profité... Pour ceux qui ne seraient pas encore rentrés dans leur mère-patrie, n'hésitez plus, allez-y !!!


Attention, il y a quand même un bémol : c'est trop court !


Singapore Art Museum, 71 Bras Basah Road.