dimanche 4 juillet 2010

10 ans déjà

Ca y est, la saison des anniversaires enfantins familiaux se termine. Aujourd'hui Solène fête ses 10 ans. Bébé du frileux été normand, elle est devenue une petite banlieusarde parisienne avant de venir promener ses jolies boucles au soleil de l'équateur.
Ma petite au caractère bien trempé n'en est plus une. C'est une jeune demoiselle qui a demandé à jeter aux oubliettes son cartable pour le troquer à la rentrée contre un sac à dos de "grande". Si les paillettes et les chatons ont toujours la cote, le rose est désormais passé de mode et il n'est désormais plus question de se baigner sans haut de maillot de bain...
Ma petite, si mignonne (avis de mère objective), poursuit son chemin de coquette et choisit avec minutie les barrettes ou le bandeau qui retiendront sa jolie crinière, assortit avec soin tee-shirt et short, se maquille même parfois pour les grandes occcasions avec quelques paillettes et du brillant à lèvres. Un peu de vernis à ongles et la voilà ravie pour la journée.
Ma petite, si ordonnée, adore remplir sa valise et aime voir sa chambre rangée et ses petites compositions de jouets bien alignées sur l'étagère. Elle supporte d'ailleurs avec un stoïcisme remarquable les intrusions fréquentes et bouleversantes (au sens propre du terme) d'Eloi dans son univers girly.
Ma petite, si timide, commence à se débrouiller en anglais et ne rate pas une occasion de pratiquer cette langue, que ce ce soit avec nous ou avec des inconnus.
Ma petite, si sensible, est toujours malheureuse d'avoir quitté ses copines françaises et un voile de tristesse vient de passer en cette période de mercato des expatriés qui marque la fin de certaines amitiés enfantines naissantes. Heureusement, la vie sociale dans le condo facilite les rencontres et les affinités se créent. Entre play-date et sleep-over, le moral revient vite.
Ma petite, si raisonnable, continue à veiller sur Malo et adore s'occuper d'Eloi, le pourvoyant généreusement en peluches et en PetShops et jouant avec une touchante gentillesse son rôle de petite maman.
Ma petite, si sérieuse, sera l'année prochaine en CM2, ultime marche avant l'entrée au collège et le début de l'adolescence.

Ma petite, ma grande....

mercredi 30 juin 2010

Pulau Sibu

Pour fêter la fin de l'année scolaire, direction sable doré et mer translucide sur la petite île malaisienne de Pulau Sibu (c'est ). Après un départ aux aurores, 2h30 de trajet en voiture et 20 min de bateau, nous avons pris nos quartiers au Sea Gipsy Resort. Une fois arrivés, la dure réalité du week-end a pris corps : nous avions 2,5 jours de farniente en perspective ! Pendant que nous buvions notre welcome drink, les valises sont parties en brouette rejoindre le family chalet en bord de plage et les enfants se sont joints précipités au kid's club pour une partie de pêche. Nous restait sur les bras le petit dernier, que nous nous sommes empressés de mettre à la sieste !!! Que faire alors de notre désoeuvrement ? Eh bien, une promenade en amoureux sur une plage quasi-déserte faisant face à Pulau Tinggi avec son petit volcan, avec, à l'horizon, un chapelet de petits ilets et au loin, la grande soeur Tioman. A ce cadre idyllique, digne de Robinson Crusoe, il faut ajouter une mer accueillante, bleu-vert, suffisamment chaude pour y entrer sans trop réfléchir avec des vagues juste assez fortes pour amuser les enfants sans inquiéter les parents...
Une fois les lieux reconnus, nous avons établi un planning précis et chargé que nous nous sommes obligés à respecter à la lettre :
1) se réveiller au bruit de vagues (et accessoirement des gazouillis d'Eloi qui ne connaît pas la grasse matinée), enfiler le maillot de bain et le paréo,
2) manger,
3) se baigner, faire des chateaux de sable, bouquiner sur la plage,
4) Cf 2
5) Cf 3
6) rincer la marmaille salée et ensablée, la faire manger et la coller au lit,
7) boire une bière au coucher du soleil, dîner en tête à tête, s'endormir comme une souche bercés par le ressac....
Très très contraignant mais nous avons tenu bon et sommes revenus dans nos murs urbains, totalement dépaysés, un peu plus hâlés, les cheveux emmêlés par le vent, du bleu plein les yeux et du sable plein la valise....

mardi 22 juin 2010

Chinese Diet

Chinatown, ce n'est pas très grand mais il y a de quoi faire pour un touriste ou une expat' en mal de découvertes. De nombreuses possibilités, qu'elles soient futiles, mercantiles ou culturelles, s'offrent à vous : flâner dans les rues animées, apprendre à reconnaître du premier coup d'oeil de la vessie de porc ou de la méduse séchée, goûter du thé, faire du shopping pour trouver un éventail, des baguettes ou un porte-clé Merlion, visiter un temple bouddhiste (Buddha Tooth Relic Temple), indien (Sri Mariamman Temple) ou un musée (Chinatown Heritage Centre)... On ne s'ennuie jamais mais pour avoir la force de faire tout ça, il faut se sustenter et là encore, pas de problème, Smith Street (surnommée Food Street) vous offre pléthore de petits restaurants et/ou stands de nourriture. Mais si, comme moi, vous avez la chance d'être accompagnée par des amies avisées et gourmandes, vous pouvez découvrir des petites merveilles, un (tout) petit peu à l'écart des autoroutes touristiques, en l'occurence le restaurant Yum Cha. Une entrée à moitié cachée dans un magasin de souvenirs, un escalier pas particulièrement engageant ne laisse pas deviner que vous pouvez déguster ici d'excellents Dim Sum et du très exotique canard à la pékinoise... De quoi se remplir (durablement) l'estomac après une longue dégustation de thé ! Si vous n'êtes pas très aventureux, vous vous contenterez des (excellents) Dim Sum à la crevette ou aux Saint-Jacques mais si vous vous sentez investis d'une mission de découverte de nouvelles saveurs, vous pouvez tenter les chicken-feet (fait !) et le soft-shell crabe (fait!)... Bon, disons, que l'aspect ludique de ces derniers a plus retenu mon attention que leurs qualités gustatives. Par contre, niveau canard, entre les saveurs et le cérémonial , ça change du confit :
- le bestiau est amené rôti à table puis scalpé avec soin ; les petites lanières de peau grillée sont placées une à une dans de petites crêpes;
- il faut alors déguster ce premier mets, éventuellement avec lanières de navets et jeunes oignons, pendant que la pauvre bête repart en cuisine pour subir à nouveau l'ire du découpeur ;
- le canard revient ensuite sous une forme beaucoup moins achevée, dûment débité en petits morceaux, consommables avec les baguettes (et oui, pas de couteau évidemment !).
Mon foie s'étant remis de ses agapes cantonaises et pékinoises, je vais pouvoir tester la méduse, les oeufs de 100 ans, les intestins de porc et le concombre de mer... En même temps, y'a pas d'urgence...

* Yum Cha, 20 Trengganu Street, tel 63 72 17 17

dimanche 20 juin 2010

Cadeau virtuel


A défaut de rat, un cadeau sans aucune mauvaise conscience écologique : des noeuds chinois porte-bonheur !

Bonne fête Papa !!!!!

samedi 19 juin 2010

Un rat pour Papa !

La fête des Pères approche à grands pas et la presse se jette sur ce marronnier annuel aux fruits commerciaux comme la misère sur le pauvre monde. Dans Today, le quotidien local qui nous est distribué gratuitement, un journaliste se saisit aujourd'hui de l'occasion pour vilipender la mercantilisation de la célébration et faire vibrer la corde de notre culpabilité de nantis.

Absolument rien d'original ni au sujet, ni à l'objectif de l'article qui en gros dit ceci :
1) il ne faut surtout pas acheter des trucs inutiles.
2) il n'y a rien de plus beau qu'un dessin imparfait d'enfant pour savoir qu'on est aimé.
3) dépensez votre agent pour aider les pauvres gens partout dans le monde.

Mais heureusement, l'ingénieux scribouillard nous donne des pistes pour blanchir notre conscience, en finir avec la cravate, la montre ou le rasoir et faire des cadeaux utiles et politquement corrects. Alors n'hésitez plus et achetez un rat anti-mines, ça fait toujours plaisir...
Au cas où une aversion pour les rongeurs vous contraindrait à repousser cette option, il vous reste la donation à une association pour former des jeunes défavorisés à l'informatique ou la participation à l'achat d'une mobylette pour permettre l'accès aux soins dans les zones reculées d'Afrique...

mercredi 16 juin 2010

Tea for three

Intégration culturelle oblige, j'ai passé mardi une journée harassante à Chinatown. Et oui, c'est du boulot à plein temps que de découvrir un nouveau pays. Gentiment guidées par une amie chinoise de Hong-Kong parlant parfaitement le madarin, nous avons poussé la porte d'un magasin de thé dans Sago Street. Comme toutes les shophouses du quartier, c'est une petite boutique qui ne paie pas de mine, tout en longueur avec des vendeuses qui attendent le chaland. Pourtant pour une tea-addict comme moi, c'est la caverne d'Ali-Baba revue à la chinoise. Tout est là pour que boire du thé ne se résume pas à jeter négligemment un sachet dans un mug d'eau chaude comme la fainéante que je suis le fait régulièrement.
Le côté gauche de la boutique est réservé au thé sous toutes ses formes que ce soit en feuilles, en perles, en fleurs ou en disques compactés. Les boîtes en carton décorées s'alignent sur les étagères avec pour chaque type leur nom en chinois et en anglais. Le résultat visuel est tout à la fois esthétique et énigmatique, certaines appellations gardant un certain mystère même traduites ! Le centre et le côté droit du magasin, c'est tout simplement un fantasme de petite fille : une dinette géante composée de dizaines de petites tasses croquignolettes, de théières de poupée, de cuillères et de plateaux pour poser tout ça...
Après s'en être mis plein les mirettes, s'être extasiées et avoir longuement épluché les étiquettes des thés, nous avons, sur les conseils de notre amie chinoise, dégusté différents thés afin de tester les crus que nous envisagions d'acheter. Le cérémonial en lui-même est déjà un dépaysement et si vous êtes très très motivé (ou avez très envie de jouer à la dinette), vous pouvez le reproduire, nonobstant le fait qu'il faut un peu de matériel :
- un plateau ajouré permettant de récupérer toute l'eau qui aura été versée à côté (et croyez-moi, il y en a !),
- une bouilloire qui garde l'eau au chaud,
- un pot à thé qui sert à faire infuser les feuilles,
- un filtre pour permettre le versement d'une eau débarassée des petits débris de feuilles,
- une petite théière en terre,
- une cuillère aux bords relevés pour prendre les feuilles sèches de thé (en bambou ou en bois),
- une tout petite tasse haute et étroite qui sert à sentir le thé.
- une toute petite tasse sans anse pour boire.

Une fois que vous avez tout ça, vous pouvez vous lancer :
1) le thé infuse dans le pot à thé ( il faut jeter la première eau) juste le temps qu'il faut,
2) on verse le liquide filtré dans la théière,
3) de là, on verse dans la tasse haute,
4) on hume, on hume, mmmmmmh....
5) on reverse le contenu de la tasse haute dans la petite tasse.
6) enfin, on boit, en trois gorgées, en tenant sa tasse entre 2 doigts et en ayant pris soin auparavant de remercier la personne qui sert en tapotant de l'index sur la table.
Et après ? Et bien, on recommence au moins 3 ou 4 fois, le tout prenant un temps certain mais très agréablement passé en charmante compagnie et dans les arômes des thés chinois.

*D'Art Station, 20 Sago Street (autres boutiques au 65 Pagoda Street et 63 Temple Street).

lundi 14 juin 2010

C'est pas bien ....

Les amitiés enfantines ont mis quelques mois à se nouer mais depuis fin mai, la saison des birthday parties bat son plein. Pas un week-end sans son lot d'anniversaire, pas une semaine sans un (ou plusieurs) déplacement contraint enthousiaste de la mère de famille à ToysR* pour acheter le cadeau parfait à un enfant, certes certainement charmant, mais qu'elle n'a en général jamais vu et pour lequel ses propres rejetons ne sont pas riches d'idées de présents.
Mais tout ça n'est pas anodin sur le plan écologique et mon dernier samedi après-midi se révèle être l'illustration de tout le mal que, sous prétexte d'amusement des enfants, on peut faire à la planète et à ses habitants :
- un bilan carbone désastreux avec 12 trajets distincts, en voiture individuelle, entre 10h et 18h00 et 51,2 km parcourus en ville avec arrêts fréquents et, comble du comble, climatisation.
- un consumérisme primaire de jouets plein de dérivés pétrochimiques qui finiront dans quelque temps dans une poubelle de déchets non recyclables.
- un bien-être animal mis à mal par une mère sans scrupules avec 2 siestes de bébé amputées et une consommation aléatoire (car de réconfort) de brioches au mépris de toute considération diététique.
- des relations de couple qui ne devraient pas tarder à se détériorer quand Fred découvrira les restes d'au moins deux brioches (Cf ci-dessus) éparpillés à l'arrière du carrosse familial dont il se sert également sur le plan professionnel.
Heureusement pour ma conscience écologique que je n'ai pas rajouté à ces actions quasi-criminelles une pédicure/manicure avec produits contenant extrait de baleine et testés sur chimpanzé.
Ceci étant dit, relevons deux points positifs de taille :
- de grands enfants ravis de leur après-midi,
- une pratique grandement améliorée du stationnement avec une moyenne de 1,5 manoeuvres de parking/heure.

vendredi 11 juin 2010

De la chair à poisson

Dans la Chine ancienne, Qu Yuan était un grand poète et un ministre profondément intègre du royaume de Chu. On raconte que, désespéré par la corruption au sein du gouvernement, il se suicida en se jetant dans la rivière Miluo.
Les pêcheurs se mobilisèrent alors avec leurs bateaux pour essayer de le sauver ou de récupérer son corps. N'y parvenant pas, ils essayèrent d'effrayer, à l'aide de gongs et de tambours, les poissons et autres créatures marines afin de les empêcher de dévorer son corps. En désespoir de cause, il jetèrent des "rice dumplings" ou "Ba Chan" dans la rivière pour qu'ils n'attaquent pas la dépouille du grand poète et mangent à la place ces bouchées de riz et de viande.
Depuis lors, on rend hommage à Qu Yuan en célébrant sa mort survenue le 5ème jour du 5ème mois lunaire par la consommation de rice dumplings et des courses de Dragon Boat. Cette année, le Dumpling and Dragon Boat Festival tombe le 16 juin 2010 et, en prévision, toute la communauté chinoise prépare ces bouchées qui seront mangées en quantités industrielles.

Mais que sont les rice dumplings, vous demandez-vous, lecteurs affamés et gourmands ?
Eh bien ce sont de petits paquets de riz fourrés avec différents types de farce à la viande, emballés et cuits dans une feuille de bambou. Mais attention, on est loin de la vulgaire tomate farcie qu'on décapite sommairement et bourre à la cuillère de chair à saucisse et d'herbes. La liste d'ingrédients est longue comme un jour sans pain avec des produits inconnus comme de la "Concentrated Herbal Soup". Je subodore également que le pliage final de la feuille de bambou autour du petit paquet de riz soigneusement façonné requière d'autres aptitudes à l'origami que la simple réalisation des bateaux en papier.

Par conséquent, je pense que je ne m'y risquerai pas et ce d'autant plus que des dumplings attendent déjà sagement dans mon frigo leur heure de passer à l'auto-cuiseur. Certains m'ont été gentiment offerts par ma femme de ménage, les autres ont été réalisés par Fred, au bureau (mais pendant l'heure du déjeûner m'a-t-il précisé !).

En attendant les courses de Dragon Boat, nous goûterons donc ces petites nouveautés culinaires en nous félicitant d'avoir atterri dans un pays où la food culture est aussi prégnante !

mardi 8 juin 2010

Nostalgie numérique

Vous vous rappelez le tennis sur la télé avec 2 tirets, Donkey Kong et ses échelles, Pac Man et ses gloup-gloup, les briques de Tetris, Sonic the Hedgehog et les tintements de grelots... J'en ai passé des heures sur la console archaïque devant la petite télé ou avec mes consoles portables sur lesquelles on ne pouvait avoir qu'un seul jeu (orange pour le 1er niveau, marron pour le 2ème, les initiés comprendront!). Encore aujourd'hui, Fred se fiche de moi car je joue à la DS (j'adore Mario Bros, encore une vieillerie, quoi !!!) et il arrive que mes enfants, les pôv' chéris, soient obligés de me la réclamer pour pouvoir jouer à leur tour....
Alors pour le plaisir des souvenirs d'enfance : regardez plutôt !

PIXELS by Patrick Jean from ONE MORE PRODUCTION on Vimeo.

Je l'ai trouvée là.

samedi 5 juin 2010

B.A. scolaire

Une chaleur étouffante, un orchestre tonitruant, des hordes d'enfants surexcités, une sono décibélante, des stands de jeux dans tous les coins, des structures gonflables, un point de vente de popcorn et de barbapapa : bienvenue à la fête du LFS, paradis des enfants et calvaire des parents. Evidemment, c'est une autre dimension que celle que nous avions dans notre petite banlieue parisienne.
Bravement, avec un bébé exténué et pour le moins irrascible, on a tenu le coup et rempli notre mission de parents (quasi)modèles avec achats divers et variés entre cartes de jeux, year book à l'américaine (ou comment se retrouver avec un livre de photos d'1 kg alors qu'il n'y a que de 2 pages avec nos enfants), boissons ou livres d'occasion (en plus, ça donne bonne conscience car c'est pour le groupe humanitaire). La tombola aux lots mirobolants (un A/R Singapour, des I-Pods...) nous a permis de repartir avec un livre absolument invraisemblable, totalement inintéressant et qui rejoindra très prochainement la benne de recyclage. Ah oui, ça, en plus d'être chanceux, on est écolo ! Et jusque dans le stand conçu par une maman très inventive que j'ai tenu pendant 1 h et qui m'a permis d'apprendre à faire des bracelets avec des capsules de canette et des fleurs avec des bouteilles en plastique.
Au final, les enfants étaient ravis, les parents épuisés et mes mains vertes, la peinture des fleurs en plastique ne partant pas à l'eau ! Heureusement que ce n'est qu'une fois par an....