mardi 18 juin 2013

J'emballe

Ils sont arrivés à 6, le sourire aux lèvres, pieds nus. des rouleaux de scotch brun autour des poignets en guise de bijoux.
Je leur ai demandé d'emballer les orchidées du Singapore Botanic Gardens mais ils m'ont dit que les plantes fraîches n'étaient pas autorisées. Tant pis, je me consolerai avec les palmiers et me trufferai des dattes qui pendent des arbres dans les rues, histoire de compenser le porc aux pruneaux que je ne pourrai plus manger. J'essaierai en vain de faire pousser des plantes dans le jardinet sableux en dépensant des fortunes en eau ou alors je me contenterai uniquement des figuiers de Barbarie et des cactus, histoire de transformer les enfants en hérissons d'occasion...
Je leur ai demandé d'emballer le Marina Bay Sands et le Raffles Hotel, les dômes de l'Esplanade et les murs blancs du National Museum of Singapore. Ils m'ont dit que c'était inutile, que là-bas, j'en trouverai de plus neufs et de plus hauts, que les buildings font une forêt d'arbres tous différents et que du sommet de celui qui domine le monde entier, le désert est à portée de main, bordé par une mer turquoise.
Je leur ai demandé s'emballer le chicken rice, le laksa et les dim sums mais ils m'ont dit que l'on ne pouvait pas emporter de nourriture. Le taboulé remplacera le riz avec la haute probabilité de se retrouver avec du persil plat entre les dents. le hummus la sauce soja et les kebabs le roasted duck.
Je leur ai demandé d'emballer les varans de Sungei Buloh et les macaques du Mac Ritchie Reservoir. Ils m'ont dit que niveau reptiles, je devrai me contenter des geckos bruiteurs qui me rappelleront Nono et ses copains et que pour les Mammifères, les animaux les plus proches avec des poils seront les  chameaux et les araignées. Ils m'ont dit aussi que les cafards de là-bas étaient nourris aux falafels et que s'ils te marchaient sur le pied, tu risquais la fracture...
Je leur ai demandé d'emballer les shophouses de Joo Chiat mais ils m'ont dit qu'il ne fallait pas s'encombrer avec des vieux trucs, que là-bas, tout était possible et qu'ils pourraient certainement en recréer des toutes neuves qui ressembleraient à des toutes vieilles mais en plus propres.
Je leur ai demandé d'emballer l'odeur des épices et les couleurs de Little India mais ils m'ont dit que les souks c'était pas fait pour les chiens et que si je m'y prenais bien avec le Mâle, je pourrais m'approvisionner au souk de l'or et ployer sous le poids des bijoux.
Je leur ai demandé d'emballer mon petit magasin de thé chinois mais que pour Orchard Rd, c'était pas la peine, surtout si le container était presque plein. Ils m'ont dit que Orchard Rd, c'était de la roupie de sansonnet, du pipi de dromadaire, voir même de fennec et que les malls là-bas, ils claquent, ils pètent, ils arrachent.... Enfin, surtout si tu as la CB qui va bien mais c'est un détail...
Je leur ai demandé d'emballer ma EZ-link card et ma NETS cashcard mais ils m'ont dit que le métro n'avait que 2 lignes, que les parkings étaient gratuits et que l'autouroute avait 2 fois 6 voies et qu'il valait mieux que je retrouve mon permis de conduire.
Je leur ai dit qu'il n'était pas utile d'emmener les 80-90% d'humidité  et le haze. Pour me faire plaisir, ils ont mis des sachets de dessicant et ils m'ont dit que sur place je risquais de craqueler pire qu'un crocodile abandonné sur les rives du Nil et que mon budget crème hydratante allait exploser. Pour le haze, ils m'ont dit que les tempêtes de sable me feraient bien regretter quelques malencontreux feux indonésiens...
Je leur ai dit que l'eau sale et les porte-containers ce n'était pas la peine de les emmener. Ils m'ont dit que j'avais bien raison, que les plages étaient tout près des maisons, qu'il y avait des chouettes cabines pour se changer et que le plus gros problème c'est l'eau de la mer qui est trop chaude en été.
Je leur ai demandé d'emballer les cafés entre copines, les apéro-piscines, les restaus en amoureux et les soirées-terrasses entre amis mais ils m'ont dit que c'était tout pareil, il n'y avait que les gens qui changeaient et que cela prendrait un peu de temps mais que tout irait bien.
J'ai eu peur d'oublier plein de choses mais ils m'ont dit que tout ce qui n’était pas dans le container était dans ma tête et dans mon cœur, 3 ans et demi d'une parenthèse singapourienne...



lundi 10 juin 2013

Billet d'absence

La photo parle d'elle-même... Je range et dès que j'ai retrouvé un clavier, je vous fais un petit billet....
À très bientôt pour un Singapour en 3 jours et peut-être même une présentation en règle de la chance que nous avons de pouvoir suivre TV5 monde, lien télévisuel des francophones... 
Je vous laisse, j'ai cartons, option container !

jeudi 6 juin 2013

Il m'a fait le coup de la panne

Tout allait bien entre nous. Nous filions le parfait amour. Je te retrouvais avec plaisir tous les matins et je pense que c'était réciproque. Toi et moi, nous échangions longuement et tu réagissais au moindre de mes gestes et de mes intentions. Ta mémoire était une forteresse pour moi, tous ces souvenirs et ces choses importantes de la vie... Nous travaillions ensemble,  nous nous détendions ensemble et les enfants t'avaient adopté, te réclamant et te monopolisant dès que possible. Et puis un jour, tu m'as laissée tomber sans prévenir, sans me préparer. Ton visage a changé brutalement et tu as coupé toute communication avec moi. J'ai essayé de te retrouver, de te parler mais tu es resté muet, sourd à mes demandes. Je me suis alors rendue compte que tu avais embarqué avec toi certaines de mes possessions,  me laissant orpheline de ces choses qui bien que sans valeur avaient beaucoup de prix pour moi. J' ai grondé, râlé, tempêté, pleuré... Tu n'as rien voulu savoir jusqu'à ce qu'un preux chevalier te fasse rendre ce qui était à moi. Malgré sa force de persuasion et son physique de rugbyman, tu n'es pas sorti de ton mutisme, me laissant désemparée sans autre moyen que de me séparer de toi pour une durée inconnue... Alors j'ai appris à faire sans toi, j'ai rencontré quelqu'un d'autre et nous nous sommes apprivoisés mais ce n'est pas tout à fait pareil. Il est trop jeune et je crois que je n'ai pas l'âme d'une cougar. Il a pris physiquement ta place et a assumé sans faillir tes fonctions et je lui en suis tellement reconnaissante. Tu as fini par revenir, je te manquais peut-être mais quelque chose est cassé entre nous, la confiance en premier lieu. Lorsque nous nous retrouvons, j'ai peur que tu recommences, que ta face sombre réapparaisse en me volant un bout de ma vie.... Oui, toi, mon ordinateur, mon amour, tu m'en as fait voir de toutes les couleurs, donné des envies de suicide par strangulation au fil de souris et transformée en hystérique du back-up de données...

PS:  en résumé mon ordi a planté, un mousquetaire a récupéré mes données et puis on l'a fait réparer... Mais raconté comme ça, franchement c'est moins vendeur non ? ;-)

mardi 4 juin 2013

Je me la pète

Des litres de sueur depuis 1 an, date de mes débuts sur le circuit et la désagréable sensation après chaque session de pouvoir challenger n'importe quel putois ou serpillière oubliée au fond d'un seau...
Des circuits tellement courus et recourus que le chrono ne sert plus à rien. Derrière chaque arbre savoir quelle montée se profile et râler contre les puissantes forces tectoniques de la région qui augmentent la pente un peu plus à chaque fois c'est sûr, seule explication au fait que ce soit si difficile jour après jour...
Des séances de fractionné où l'on se demande qui du cerveau ou des semelles va fondre en premier..
Des heures de jérémiades de ma part subies par les tortionnaires inconscientes qui m'ont entraînée dans cette galère...
Des dizaines de podcasts d'émission et Ruquier en boucle pour les courses en solitaire parce qu'il faut me parler pour me faire oublier que vraiment courir ce n'est agréable que lorsque cela s' arrête.
Des plannings hebdomadaires qui tournent autour des 3 séances à accomplir et toujours la perspective de finir la matinée post-entraînement rouge comme une lanterne chinoise, le doré en moins malheureusement...
Des petites frayeurs quand nous croisons des singes occupant la même aire de jeux ou des serpents qui s'échappent devant nos pas. Et aussi une belle bosse, souvenir d'une branche désolidarisée de son arbre par un macaque un peu trop énergique...
Des prières inombrables au Dieu de la pluie pour s'assurer un entraînement sous un ciel couvert, être exaucée parfois et trouver que 5  ou 8 degrés en moins, ça fait vraiment une sacrée différence et pas que pour la cuisson du foie gras...

Et puis flinguer un vendredi soir et laisser le Mâle tout seul devant sa valise à faire...
Et puis se retrouver sur le F1 pit sous la protection du Singapore Flyer avec 7000 autres copains et copines...
Et puis partir, déclencher son chrono et mettre en marche le métronome des jambes et essayer vicieusement de leur faire croire que ce ne sera pas long...
Et puis slalomer pire que sur une piste bleue des Alpes un jour de février, la descente en moins et la chaleur en plus...
Et puis se faufiler pour juste essayer de courir à son rythme, ronchonner contre ceux qui marchent au bout d'1 km...
Et puis attraper les gobelets d'eau et enfreindre tous les principes de la Cité en le jetant négligemment par terre quelques pas plus loin...
Et puis voir défiler les panneaux, 4 km.. 7 km... 11 km... et se dire que, tout compte fait, tout va plutôt bien...
Et puis entendre les souffles appliqués ou douloureux des coureurs et être sûre que derrière moi, il y avait Darth Vador mais sans sa cape, question de climat sûrement...
Et puis trouver que les grenouilles sont vraiment bruyantes de nuit et pas du tout impressionnées par la foule mobile qui envahit leur habitat...
Et puis commencer à compter les km et vers 16 km, se laisser hypnotiser par les eaux sombres du Marina Reservoir et la beauté des lumières de la City qui s' y reflètent. 
Et puis s'imprégner de la vision des coquillages géants illuminés des serres de Gardens by the Bay, dominés par le MBS...
Et puis courir trempée au milieu des noctambules qui partent en discothèque sur les rives de la Marina...
Et puis voir passer les panneaux des 18 km et se rendre compte que pas une seule fois nous n'avons marché.
Et puis pester dans tous les goulots d'étranglement du circuit choisi par un concepteur un peu pessimiste sur le nombre de coureurs...
Et puis apercevoir le Graal en la personne du chiffre 20 et trouver que p*** qu'il est long ce dernier kilomètre...
Et puis encourager 1 petit jeune homme pour qu'il finisse en courant, pour sa fierté...
Et puis juste pour le fun, sprinter dans les 50 derniers mètres parce qu'il reste encore un peu de jus et que c'est bon pour le moral et les courbatures...
Et puis passer la ligne du Sundown semi-marathon, le sourire aux lèvres, mes amies à mes côtés, heureuse d'avoir atteint un objectif que je pensais  inenvisageable quelques mois auparavant...
Alors oui, je m'la pète à mort : j'ai couru un semi-marathon !


PS : d'aucuns diront que ce n'est pas un exploit, certes... qu'un marathon serait plus ambitieux, certes encore... mais pour moi, petite chose sans endurance et sans réel goût pour le running, c'est déjà beaucoup donc je me la pète si je veux ! ;-)


jeudi 30 mai 2013

Y'a des jours comme ça...

Sans tomber dans la paranoia, je pense très sérieusement qu'une conspiration mondiale est en route contre ma petite et insignifiante personne. Ce jeudi avait pourtant bien commencé avec le retour d'un être cher (je vous en reparlerai un autre jour) et les petits aménagements associés. Un petit thé, un clavier d'ordinateur et mon après-midi s'annonçait non sous un jour passionnant (Cf ce billet) mais tout du moins studieux avec la perspective de la satisfaction du travail accompli en fin de journée. C'était sans compter l'action des malfaisants de la ligue JPFC ("Juste pour Faire C**"), une branche de la non moins connue TVEB ("Tu vas en baver, c'est pas fini"). Cela a commencé avec une compagnie aérienne qui a annulé le billet que je venais de prendre au prix de longues hésitations et surprenamment une très courte procrastination. Les raisons de l'annulation fournies par cette c*** d' l'opératrice ont évolué de la raison opérationnelle (WTF?) au problème de mode de paiement (ma CB serait toute pourrie tiens donc ?) en passant pas l'annulation pure et simple du vol, curieusement toujours présent sur le website. Heureusement Einstein, telle que j'ai affectueusement surnommé l'opératrice, m'a fourni une jolie solution : "No problem, you can pay in cash at the airport !" Mais bien sûr que je vais aller à Changi faire un booking que je peux normalement faire sur internet depuis mon bureau... Cela s'est poursuivi par l'appel d'une association à laquelle je proposais de donner des meubles. "So sorry Mam, these are furnitures so we can't take it, too big lah, not enough man power, cannot store, so sorry..." Donc, si je comprends bien, "Bulky items", comme écrit sur ton site, ça ne voudrait  donc pas dire "encombrant" ou alors les meubles ça rentre pas dans la catégorie "encombrants" ? Ce à quoi Musclor, tel que j'ai affectueusement surnommé mon interlocuteur, m'a répondu " Too big lah, not enough man power, cannot store, so sorry..." OK, OK, Cannot donc... Et puis après, c'est la société de gestion des service-apartments qui m'informe que la réservation faite la semaine dernière n'est pas maintenue, faute d'un papier pas reçu à temps alors que j'ai mis le branle-bas de combat en route pour que les school-bus récupèrent toute ma marmaille à cet endroit-là. Bon, tout ça en 3h de temps, avec l'heureuse perspective de remettre tout ça sur le tapis de souris demain... Vivement ce soir que je me couche...


mardi 28 mai 2013

A l'instant t

Chez moi, les objets ont pris le pouvoir et essaient de nous envahir mais je résiste. Je range, je trie, je jette. Mes placards sont les témoins d'interrogations sans fin : en activité, oublié, utile, inutile, et si ça pouvait être utile plus tard/un jour/peut-être et puis finalement trancher dans le vif en disant que ça n'a pas servi depuis 3 ans et que ça ne va pas commencer maintenant. Le Mâle pousse les hauts cris mais tant pis je passe outre ou pire je ne lui dis pas. De toute façon cette paire de chaussures qui fera le bonheur de quelqu'un d'autre, lui aussi l'avait oubliée.
Chez moi, il y a une wish-list des choses à faire : aller boire un verre dans le jardin du Raffles, visiter Kusu Island, jeter un oeil au Golden Mile Complex, déguster un high-tea dans les salons feutrés d'un hôtel, subir Universal Studios, jouer les mateurs à Bangkuok Kampong... Mais finalement je ne suis pas si sûre d'en avoir envie, se souvenir des belles choses plutôt que de risquer la désillusion ? Ou juste la flemme peut-être... 
Chez moi, il y a une paire de running shoes  bleues qui attendent leur prochaine course un peu inquiètes et pas seulement du fait qu'elles ne soient pas assorties au tee-shirt rose de la dite course. Heureusement il y a des coeurs multicolores sur les lacets pour me rappeler qu'il y a des gens qui m'aiment et m'en donner du coeur, justement, à l'ouvrage.
Chez moi, il y a une machine à coudre qui fabrique des petits cadeaux de retour, un moyen bien pratique de procrastiner les tâches d'un quotidien pas fôlichon dans ses tâches et devoirs.
Chez moi, il y a des to-do-lists sur un vieil agenda, dans une chemise en plastique sur le bureau, sur l'ordinateur et aussi sur mon téléphone. Je rajoute, je gribouille, je biffe, j'essaie d'optimiser... Au final mieux vaut que je compte sur ma mémoire...
Chez moi, les produits alimentaires dans la cuisine commencent à se croire sur les étalages polonais et voient régulièrement disparaître leurs congénères sans retour. Pour une fois, les dates de péremption sont disséquées et les fonds de placards liquidés avec efficacité quitte à manger du maïs en boîte tous les 2 jours, en alternance avec les gâteaux aux cerises (oui je sais, c'est bizarre mais je ne maîtrise pas tout le processus des courses). 
Chez moi, le changement rôde partout. Il se camoufle dans les sacs qui attendent leur dernier voyage vers la poubelle ou la relocalisation dans une nouvelle famille. Il s'affiche dans l'annonce d'un nouveau chez-nous temporaire pour la fin de l'année scolaire. Il se fait beaucoup trop remarquer dans les absences du Mâle qui accumule des miles pour des voyages ultérieurs. Il est léger dans l'organisation des petites fêtes à venir.  Il ricane devant ce parapluie orange acheté il y a 2 jours pour cause de pluie diluvienne et qui ne devrait plus servir dans un climat différent. Il se manifeste dans une atmosphère un peu grave, pas assez légère, mélange subtil d'excitation, d'inquiétude et de regret.
Tout recommencer encore une fois... En aussi bien on l'espère, en mieux ce serait idéal, qui sait...


jeudi 23 mai 2013

Orange...


Comme la mousse qui recouvre les statues de Bukit Brown Cemetery (encore et toujours),

Comme les bouées de sauvetage qui protègent les maladroits du board-walk de mac Ritchie Reservoir,
Comme les cages des concours d'oiseaux d'Ang Mo Kio,
Comme les bangles des boutiques de Little India, parfait cadeau de retour en France,
Comme les chaises en plastique des food-courts,
Comme les petits pots de lait de Thaipusam,
Comme les hibiscus qui fleurissent dans les Botanic Gardens et partout ailleurs,
Comme les pineapple tarts de Chinese New Year,
Comme les shop-houses deJoo Chiat Road....

Et encore tant d'autres choses....



lundi 20 mai 2013

Le confinement

Tradition encore très répandue, le confinement est une pratique réservée aux jeunes accouchées d'origine chinoise. À Singapour, comme en Chine, les jeunes mamans peuvent choisir pendant le mois qui suit la naissance de leur enfant de rester "confinées" chez elles livrées aux soins d'une confinment nanny et souvent de leur propre mère. Pas de sorties, le minimum de visites, pas de télé, pas de lecture, tout est fait pour optimiser le repos car ce mois est consacré à remettre en état l'organisme mis à rude épreuve par la grossesse puis par l'accouchement. Aucun effort ne doit être fait par la maman, y compris même en terme de soins au bébé dont s'occupent les femmes qui encadrent le confinement. La maman doit se reposer le plus possible, ne pas prendre froid ce qui se traduit par le port de vêtements adapté (chaussettes, manches longues, y compris à Singapour) et surtout par l'absence, pendant 1 mois complet, de douches ou de bains pour éviter tout risque de refroidissement ! Les négociations sont possibles pour accéder à un peu plus d'hygiène mais celle-ci reste néanmoins très contrôlée, tout comme l'alimentation, cuisinée exclusivement par la nanny, alimentation qui doit permettre à la jeune accouchée de régénérer son corps et de récupérer des forces. La maman a également droit à des bandages du ventre et des massages du ventre pour rendre à l'utérus son état antérieur... D'un point de vue occidental, cette quasi-réclusion volontaire semble bien étrange. Difficile de de concevoir de ne quasiment pas s'occuper (hors tétées) de ce bébé tout neuf que l'on attendu pendant 9 mois, difficile de s'imaginer s'abandonner complètement et sans réserve au savoir des anciennes (Nanny, mère ou belle-mère), difficile de ne pas se voir active après la naissance alors que le spectre de la reprise du travail s'agite sous le nez des mamans actives... Pourtant, à la lumière de la culture chinoise, il n'y a là que des illustrations de certaines des valeurs les plus fortes : le respect absolu des aînés et de leurs connaissances ou les principes de la  médecine Traditionnelle Chinoise avec la circulation des vents dans le corps et l'influence des différents types d'aliments sur la santé... J'ajouterais également une certaine philosophie car comme le disait cette jeune maman rencontrée il y a quelques mois : " Je serai maman toute ma vie, qu'est-ce donc qu'un mois pendant lequel je ne m'occupe pas de mon bébé ? Je répare mon corps, j'évite le baby-blues et j'apprends de ma mère... Rien que du bénéfice donc !"


PS : Merci à Nicolas de m'avoir soufflé l'idée de ce post !


jeudi 16 mai 2013

Petits conseils, souvenirs de vacances et autres inutilités

Après l'analyse sociologique poussée d'un séjour au Club Med, je suis désormais à même de pouvoir vous livrer, heureux lecteurs et éventuels futurs GM, mon GS personnel ou Guide de survie Club Med-Proof, le compagnon incontournable de votre prochain séjour dans un hotel-club all-inclusive....

Comment être à la pointe de la beach-mode ?
Facile de rester tendance les tongs au pieds et le maillot de bain en bandoulière tant qu'au paréo soigneusement assorti, n'est pas ajouté un hideux tee-shirt anti-UV blanc ou noir Decathlon ou substitué une robe-bustier soigneusement élastiquée sous les bras, donnant au thorax de celle qui la porte une allure de saucisson corse bouffi. La pire faute de goût en la matière étant la combinaison short-bustier qui risquerait, non seulement de causer une attaque d'apoplexie à Lagerferld, mais aussi, et c'est plus grave, de pousser à l'attaque les placides varans qui croisent dans les environs. Un sac à paillettes peut éventuellement être utilisé comme sac de plage même si les spécialistes se posent la question de savoir si cela ne serait pas un peu trop 2012... Evidemment, il va sans dire que la pédicure est indispensable...

Comment ne pas rater un moment d'exception ?
Un seul remède : la montre, celle-là même qu'en général on préfère laisser sur la table de nuit. Si les Mâles peuvent se permettre la montre de plongée grosse comme une machine à laver, Madame se contentera en toute simplicité d'un modèle, certes étanche mais si possible pourvu de brillants. Le comble du raffinement sera bien  sûr de ne pas la retirer de tout le séjour, les traces de bronzage autour du poignet étant totalement inenvisageables en terme de dignité. Cet accessoire permettra ainsi de ne manquer aucun instant important depuis l'ouverture du mini-club jusqu'à l'heure de l'apéro en passant par le cours de zumba, la malheureuse heure de fermeture du mini-club, le show des enfants et le spectacle des GO.

Comment ne pas socialiser ?
Pour les asociaux existentiels, il est tout à fait possible d'évoluer sans congénères sous réserve de choisir une méthode appropriée. Les accros des IT s'accrocheront à leur smartphone pour, apparemment, y consulter avec application mails et autres SMS alors que, faute de 3G ou en raison d'un WiFi asthmatique, ils n'ont absolument pas accès à internet. Perdus impunément dans les arcanes de Angry Birds ou de Candy Crush, ils donneront l'illusion de se consacrer, corps et âme à leur travail, esclaves consentants de leur entreprise même en vacances...  Les intellos se muniront d'un livre (si possible pas Marc Lévy car dans ce cas la couverture intello est réduite à néant !) ou d'une tablette de lecture qui leur permettra de s'absorber dans leur histoire et le cas échéant de piquer un petit roupillon tranquille derrière leurs lunettes de soleil. Enfin, la solution extrême, certes efficace mais néanmoins discutable sur le plan de l'hygiène, consistera à ne pas changer de vêtements après la session de footing sur la plage ce qui devrait assurer un calme olympien au sportif odorant.

Comment avoir le meilleur transat sur la plage ? 
En mode "raclure", l'engin est réservé dès potron-minet avec la serviette de l'hotel et le vacancier retour n'y retournera que vers 15h, laissant les moins dégourdis errer en cherchant un emplacement libre. En mode "civilisé", la statégie consistera à se déplacer en suivant le mouvement de l'ombre sur la plage de manière à évoluer en sens inverse des amoureux du soleil et de la bronzette qui délaissent les sièges ne permettant pas l'acquisition d'une couleur propre à faire rager les collègues de bureau au retour des vacances.

Comment se débarasser efficacement des occuper les enfants ?
Le premier jour, il sera judicieux  de proposer aux enfants une virée à la plage à l'eau redoutablement chaude et d'attendre, bien que le succès ne soit pas garanti à tous les coups, qu'une méduse se manifeste. Le malheureux piqué devra ensuite être consolé avec toute la tendresse possible avant que ne soit rappelé judicieusement qu'au kids'club, non, non, on ne va pas pas se baigner à la mer mais juste à la piscine totalement dépourvue de l'aléa méduse ! Les enfants seront en général ensuite beaucoup plus demandeurs du kids' club et le temps de lecture ou de sieste des parents rallongé d'autant. Par ailleurs dans un souci constant d'éducation et d'accès à l'autonomie, les enfants peuvent également assumer des responsabilités importantes et par exemple être chargés d'aller chercher les mojitos boissons pour le compte des parents qui surveillent avec dévouement le petit frère depuis la chaise longue. Ce dernier peut également être mis à contribution pendant le spectacle nocturne en servant, sous prétexte de câlins post-diner, de bouclier humain aux tentatives des GO de vous faire monter sur scène...

Comment profiter de la solitude ?
Aller faire un footing sur la plage sous un soleil de plomb à l'heure où les grands fauves vont boire leur café en mangeant leur croissant. Regarder au matin l'eau de l'océan si lisse et les traces émouvantes des tortues venues pondre sur la plage. Observer sur le sable les petits crabes blancs qui s'enfuient au passage des humains. Se sentir observé, dans la jungle, par une famille de singes à lunettes. Lire, lire, lire...


lundi 13 mai 2013

Darladidada... Tout était vrai !

Même sans Mâle, il fallait que ce soit bien. Exit donc les vacances avec 4 hôtels en 6 jours et 5 transferts en bateau/avion/train/voiture/charrette à boeufs et place à l'hôtel-all inclusive, le paradis du kid's club et la tentation du buffet gourmand. Par atavisme familial, ce ne pouvait être que le Club Med, le bien connu dans lequel sévissait, il y a quelques années,  en tant que GO une certaine lectrice qui se reconnaîtra... Premier séjour avec boulets enfants pour moi au Club Med de Cherating, le plus grand d'Asie paraît-il et accessoirement le plus proche de Singapour si l'on exclut celui de Bintan. Celui-là, je l'avais rayé arbitrairement de ma liste parce que Bintan, c'est trop proche d'ici - ce serait comme partir à Dreux quand on habite à Paris -  trop près des porte-containers, trop LFS-risky avec risques importants de socialisation de convenance non recherchée, trop cher aussi donc, pour plein d'excellentes raisons, absolument non envisageable. Alors évidemment, il faut, sinon adhérer, au moins accepter le concept et faire semblant de croire que tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil, que les GO sont tes meilleurs potes et que tu vas parler plus français qu'anglais pendant ton séjour. Moi j'ai entraperçu Gigi qui, dans toute sa blondeur, a réussi l'exploit de ne pas quitter son chignon banane pendant 6 jours, son teint passant progressivement du lavabo parisien au homard ébouillanté, traces de lunettes incluses. Bernard sévissait à l'heure de l'apéro et, sans vraiment tenir compte de sa compagne Nathalie, draguait sans finesse la jolie prof de yoga au nom prometteur de Love. Jean-Claude Dusse avait évidemment un coup de soleil sur le nez et un tee-shirt anti-UV Décathlon qu'il ne quittait pas, même pendant le déjeuner et à l'intérieur du restaurant. Christiane était venue par le biais d'un séjour organisé par le CE de son entreprise et déambulait, l'air de rien, sociable et attentive à toutes les rencontres. Bourseault était maitre-nageur, 1,90 de muscles et de virilité, et se travestissait, pour le show du soir, en bimbo hilarante montée sur talons-aiguilles avec barbe de 3 jours sous le maquillage.  Popeye avait les yeux en amande des Thaïlandais, un physique de mannequin et faisait craquer toutes les petites midinettes (et leurs mamans aussi, j'avoue, j'avoue). Jérôme avait du poil sur le dos, les sourcils fournis et une épouse soumise avec laquelle il faisait des photos à contre-jour sur fond de plage. Le second de la Chef de village trimbalait son talkie-walkie toute la journé et chantait le soir de la K-pop en exortant tous les GM  à faire la chorégraphie appropriée... Bref , Patrice Leconte n'avait rien inventé, juste très bien observé !

Au cas où vous auriez oublié (mais est-ce possible ?), les Bronzés.