lundi 19 mars 2012

Au conditionnel...

Vendredi, j'avais pris une grande résolution. "Je", car l'organisation du week-end m'est totalement dévolue, non que je le veuille particulièrement, mais parce que le mâle se remet de sa semaine et considère que "potato couch" est le seul sport ou activité que son cerveau épuisé par son activité professionnelle de la semaine lui permette... Pas comme la fainéante que je suis qui traîne au bord de la piscine qui s'occupe "seulement" de quelques activités bénévoles, de ce blog fabuleux et accessoirement d'enfants au nombre de 3. Bref, j'avais donc pris la décision que non, notre week-end ne se limiterait pas à la piscine et au choix difficile du repas dominical (à la maison ? au restaurant ? oui mais lequel... arghh que notre vie est dure!) et que nous irions nous promener pour qu'Eloi essaie son vélo sans pédales, que les grands évitent d'envisager leur DS comme seule alternative à l'ennui, que le Mâle s'oxygène et que j'ai un truc à vous raconter ce lundi MAIS...
- essai 1 : samedi, une urgence shopping s'est chargée d'occuper mon après-midi : eh oui, quand vous êtes invitée de façon impromptue à un mariage indien qui ne compte pas moins de 3 cérémonies différentes et dont la mariée et les invitées joueront les princesses, drapées dans leur sari scintillant directement venu d'Inde, votre placard vous semble bien vide... Mission accomplie, je suis présentable pour le mariage bien qu'il me manque environ 500 g d'or en bijoux, Curieusement le Mâle n'a pas voulu financer cette demande pourtant légitime pour ne pas déparer au milieu des Indiennes en général plutôt bien pourvues en ornements.
- essai 2 : dimanche matin, impossible de bouger car les enfants avaient décidé de jouer au tennis de 11h à midi, vous savez, l'heure la plus chaude de la journée, celle où il fait 40 degrés sur un terrain sans ombre et sans vent... Joie, bonheur, dévouement de la maternité, je ne pouvais laisser passer une intitiative sportive et ai joué les gentils GO et improvisé (avec beaucoup de plaisir, je dois le dire) un petit cours/jeu de tennis qui nous a laissés tous les 4 rouges et déshydratés... Mission accomplie, j'ai perdu 2L d'eau, ravi les enfants et gagné un coup de soleil et le droit de cuisiner le repas de midi alors que, perfidement, le Mâle trempait dans la piscine, sous le prétexte fallacieux de s'occuper d'Eloi.
- essai 3 : dimanche après-midi, enfin prête à bondir sur mes lunettes de soleil et à motiver la famille pour la (toute petite) balade dominicale, c'est finalement le déluge qui s'est abattu sur Singapour !!! Sauf à envisager le concours de tee-shirts mouillés ou le bodyboard sur bitume, il m'a bien fallu abandonner l'idée de me promener. Je me suis rabattue sur mon ordinateur, le Mâle et les enfants sur la télé...
Encore un WE inoubliable qui m'aura au moins permis de finir de trier les photos de notre voyage en Thaïlande de Noël dernier...

Comme je suis sympa, je vous donne la balade qui aurait pu être la notre, parfaite pour les trottinettes ou les petits vélos : Gardens by the Bay East, accès par le Marina Barrage ou Tanjong Rhu. Peut-être m'y rencontrerez-vous la semaine prochaine...

jeudi 15 mars 2012

10 + 3

10 ans pour l'un,  visiblement un cap symbolique pour Malo qui rejoint sa soeur dans le camp des  + de 10 ans, le camp des grands.
3 ans pour l'autre qui reste dans le camp des petits plus si petits car Eloi est "grand", il a "crois ans" et pour nous en persuader nous le montre avec le nombre approprié de doigts.
Ca y est, les bougies sont soufflées... Eux grandissent, nous prenons un coup de vieux, injustice générationnelle que nous ne pouvons qu'assumer.... Mes 2 garçons, mes 2 petits bourgeons, mes 2 fruits en devenir... Joyeux anniversaires !

mardi 13 mars 2012

Petit guide à l'usage du visiteur en Australie

L'Australie c'était un rêve d'enfant, celui d'un pays de l'autre côté de la Terre, où l'on marche certainement la tête en bas et où l'on rencontre des animaux surprenants... Alors, ça y est le souhait est réalisé, une croix de plus sur la check-list de ma petite vie, après le Prince Charmant (euh, vous ai-déjà parlé du Mâle, cet être quasi-parfait ?), la progéniture modèle ou l'iPad (non, je ne suis pas qu'une vilaine matérialiste...).
Nous avons mis le cap sur la région de Margaret River au sud de Perth dans l'état du "West Australia", l'une des parties de l'Australie qui présentait le quadruple avantage d'avoir un climat agréable de fin d'été, d'être munie de plages, d'être accessible en moins de 5h d'avion et qui, accessoirement, s'est révélée être totalement préservée des inondations qui ont affecté durement la partie Est du pays au moment où nous y étions. 
Alors l'Australie, c'est comment ? Et bien c'est plein de surfeurs... Et à quoi reconnaît-on le surfeur ?
- Généralités : le surfeur est en général blond, au moins en partie car il a la mèche décolorée par le soleil puissant. Son cheveu est un poil long, emmêlé par le vent et les embruns et masque un peu un regard bleu azur un peu las car le surfeur est fatigué par la pratique intensive de son sport.
Au supermarché : le surfeur ne porte pas de tongs car il est cool, il marche pieds nus dans les rayons du supermarché et éparpille le sable de la plage dans le rayon saucisse du Coles. Il n'a même pas la chair de poule devant le rayon yaourts à 15 degrés alors qu'il ne ne porte qu'un maillot de bodyboard. Eh oui, ce serait dommage de cacher ce bel estomac en plaquette de chocolat car, il faut bien le dire, le surfeur est bien agréable à regarder !
- A la station service : le surfeur est pieds-nus sur le béton de la station service dans les flaques d'essences et les traces de gomme des pneux. Il n'a pas peur de se salir ou de se blesser car c'est un homme, un vrai, qui brave les éléments alors que les petits joueurs de touristes restent sur la plage, en se brûlant les arpions sur le sable chaud.
- Sur le parking de la plage : le surfeur a soit une voiture toute pourrie, soit un pick-up car il faut de la place pour transporter la planche. Pour l'identifier à coup sûr, cherchez le mec au tatouage assis sur le capot de sa voiture et qui regarde au loin les rouleaux, la main en visière au dessus des yeux, l'air soucieux car le surf voyez-vous, c'est sérieux, c'est pas pour les amateurs...
- Sur la plage : c'est facile, c'est celui qui a la planche mais également la gourde blondasse à côté, celle qui rit comme une hystérique à la moindre de ses paroles, en secouant ses cheveux et son décolleté. C'est aussi celui qui a le pot industriel de crème solaire d'un demi-kilo et qui s'en recouvre le visage d'une couche aussi épaisse que le beurre dont tartine sa crêpe le Breton moyen.
- Dans l'eau : le vrai surfeur part à vitesse grand V vers les vagues, secoue sa blonde (bis) crinière dans le vent pour en éliminer l'eau qui lui coule dans les yeux qu'il a bleus (bis). Il passe la crête des rouleaux avec dignité, tout le contraire de vous qui venez d'être chahuté/e par une vague haute 2 fois comme vous et ramenez dans votre maillot de bain (dont vous espérez avoir encore tous les morceaux en émergeant de l'eau) environ 1 kg de sable et d'algues.
- Attention ! La confusion est possible avec le body-boarder mais sachez-le, ce dernier n'est qu'un ersatz de surfeur même s'il en partage de nombreuses particularités physiques... La planche est en polystyrène, beaucoup plus petite et surtout, ôtant toute crédibilité au jeune mâle, ce dernier porte de petites palmes le plus souvent jaunes ! Beaucoup moins glamour, il faut l'avouer...

Enfin lectrices, sachez-le, en tout mâle, sommeille au minimum un body-boarder et toute approche d'une plage avec vagues déclenchera chez votre conjoint une irrépressible envie de se confronter à la vague, vous laissant à cuire sur le bord en train de surveiller les enfants, sommée en parallèle de prendre des photos (car le mâle veut vérifier sa technique même s'il n'a pas de planche)... Ma conclusion : la surf-attitude n'est pas donnée à tous et le surfeur est bien une espèce endémique de l'Australie mais après ce post, aucun risque que vous ne le confondiez avec un koala... Alors, on dit merci à qui ?

vendredi 2 mars 2012

Amis expatriés, ce post vous est spécialement destiné. Ne me remerciez, c'est cadeau !
Vous êtes arrivés depuis quelques mois ou quelques années et, en fonction de la taille de votre famille ou du portefeuille de vos amis, les visites s'enchaînent à plus ou moins grande vitesse et avec elles, l'éternelle question "Que vais-je bien pouvoir faire visiter à Beau-Papa qui a déjà fait 8 fois le tour du monde ? à Tonton Robert qui veut tout voir mais seulement si c'est climatisé ? à Copine Josette qui n'aime pas la ville ?...".  Alors spécialement pour vous, lecteurs aimés qui vous torturez le cerveau pour faire un programme pour épuiser votre visiteur et pouvoir aller boire des cafés avec vos copines 7 belles journées dans Singapour :
- J1 : en plein jet-lag, votre visiteur est peu loquace voire carrément limace... Alors juste un petit bol d'air en fin d'après-midi aux Botanic Gardens, assorti, si vous êtes équipés d'enfants d'un petit goûter dans l'herbe.
- J2 : Votre visiteur est un petit joueur du décalage horaire et est encore à prendre avec des baguettes alors on part visiter Chinatown aux alentours de 11h. Pour une vue aérienne sur les toits des shophouses, la montée en haut du Pinnacle@Duxton s'impose. De retour dans Chinatown, il faut mettre les estomacs au diapason du quartier alors pourquoi pas des dim sum à Yum Cha? Ensuite, un peu de culture avec la visite du Chinatown Heritage Centre ou la visite du Buddha Tooth Relic Temple.
- J3 : Votre visiteur se targue d'avoir goûté du chien en Chine, du lama au Pérou et du crocodile en Australie alors on teste la véracité de ses propos par une petite visite au Tekka Market qui, faute d'animaux exotiques à déguster, est un wet market haut en couleurs et en odeurs. On se dirige ensuite vers le Nord de Serangoon Road et on visite, dans l'ordre, Sri Vadapathira Kailiamman Temple, Sri Srinivasa Perumal Temple et Sri Veeramakaliamman Temple, le tout avant midi. Pratas, dhals, tandoori, biryani, tikka, nans, faites votre choix au Banana Leaf Apolo Restaurant ou dans n'importe lequel des petits coffe-shops qui entourent le Tekka Market. Une petite promenade digestive sera alors la bienvenue dans les petites rues de Little India et une excellente occasion de ramener, en fouinant dans les boutiques de Little India Arcade, des petits souvenirs ou de se faire réaliser un tatouage éphémère au henné. Ne ratez pas la maison multicolore de Tan Neng Niah House sur Kerbau Rd.
- J4 : Votre visiteur croit que vous vivez dans une jungle urbaine dans laquelle votre prinicpale occupation est de faire des mani-pédi ? Faites-lui découvrir la nature, la vraie et la mangrove de Sungei Buloh... Si vous êtes vexée de vous voir considérer comme une taï-taï décérébrée, vengez-vous en oubliant de mentionner que de l'anti-moustique est indispensable... Pour remettre le visiteur de sa rencontre avec les varans et les mudskippers, rien de tel qu'un déjeuner a Bollywood Veggies sur la route du retour avec la possibilité en prime de voir la collection de bananiers de cette ferme bio. Un après-midi piscine s'impose ensuite.
- J5: Retour dans la ville, on réinjecte au visiteur éberlué de sa rencontre avec les moustiques, le crocodile et les loutres, un peu de béton et d'immeubles. On lui fait comprendre qu'il y a autre chose que les quais de Seine et les bateaux-mouches dans la vie et on prend de la hauteur : hop, un tour de Singapore Flyer pour une vue imprenable sur la marina et le Marina Bay Sands. Un peu plus loin, l'ACM (Musée des Civilisations Asiatiques) permettra à votre visiteur de différencier à coup sûr un bouddha thaïlandais et un bouddha birman ou, s'il est moins pointu dans la connaissance des cultures asiatiques, de faire la différence entre un coran et une robe traditionnelle chinoise. Si votre visiteur n'était pas intéressé (le rustre !) par la culture, glissez-lui que le musée est climatisé à 22 degrés, il devrait changer d'avis... En sortant, une flânerie au bord de la rivière permet de découvrir les immeubles du Central Business District sous un autre angle. Vers 18h, montez boire un verre au Kudeta au sommet du Marina Bay Sands pour voir la ville s'illuminer alors que le ciel s'assombrit.
- J6 : Le visiteur a été saoûlé par l'alcool le vent au sommet du MBS, il faut donc l'aérer un peu et lui faire éliminer tous les chicken rices ingurgités. On l'emmène faire 1 ou 2 heures de marche au Mac Ritchie Reservoir. Au programme grands arbres, lac et singes. Après une bonne douche, on se réconfortera l'estomac avec un murtabak (parce qu'il ne faut pas manger trop léger...) dans le pittoresque Restaurant Zam Zam. Ensuite, un petit tour dans Arab Street et les rues alentours permet de visiter la Sultan Mosquee et d'allier à cet alibi culturel un peu de shopping touristique : 3 pashminas à 10$, qui dit mieux ? Si votre visiteur la ramène un peu trop sur les créateurs parisiens, lachez-le dans la mignonne et trendy Haji Lane
J7 : Après toute cette agitation, un peu de sérénité ne fera pas de mal à votre visiteur tourneboulé par ce magnifique programme touristique digne d'une agence la variété des visites précédentes. Asie et bouddhisme allant de pair, c'est le moment de découvrir le Shuang Lin Monastery de Toa Payoh et la sérénité de son jardin de bonsaïs, abrité par les hautes silhouettes des HDB. Et pour contraster, une petite balade sur Orchard Road permettra de passer de la contemplation à la société de consommation !
Vous et votre visiteur en voulez encore ???? Ah vous êtes insatiables !!!
Alors suite dans un prochain post : le retour du visiteur qui est déjà venu 3 fois et qui a déjà tout vu... ou l'arrivée du visiteur équipé de mouflets geignards et de ses charmants enfants...

Adresses :
Botanic Gardens 1 Cluny Road.
Yum Cha 20 Trengganu Street (Off Temple Street) #02-01.
Pinnacle@Duxton Blk 1G Cantonment Rd, Level 1 (5$ sur une EZlink/personne, Skypark 50e étage).
Chinatown Heritage Centre 48 Pagoda Street.
Buddha Tooth Relic Temple 288, South Bridge Road.
Tekka Market 665 Buffalo Road .
Sri Vadapathira Kailiamman Temple 555 Serangoon Road.
Sri Srinivasa Perumal Temple 397 Serangoon Road.
Sri Veeramakaliamman Temple 141 Serangoon Road.
Banana Leaf Apolo 48 Serangoon Road, Little INdia Arcade # 01-32 ou 54 Race Course Road.
Tan Teng Niah House 37 Kerbau Rd.
Sungei Buloh 301 Neo Tiew Crescent.
Bollywood Veggies 100 Neo Tiew Road.
ACM 1 Empress Place.
Kudeta SkyPark at Marina Bay Sands North Tower, 1 Bayfront Avenue.
Zam Zam Restaurant 697 North Bridge Road.
Sultan Mosquee 3 Muscat Street (fermée entre 12h et 14h et après 16h).
Shuang Lin Monastery  184E Jalan Toa Payoh.





lundi 27 février 2012

Comment je suis trop forte de la valise...

Les vacances appprochent et avec elles, le pensum de la valise... Alors voyez-vous, pour tout vous dire, moi, j'aime bien partir en voyage mais faire les valises, c'est une vraie punition... Avant, je faisais comme tout une chacune (parce que curieusement, le mâle se désengage systématiquement de ce genre de pensum). J'essayais de mobiliser les 2 hémisphères de mon cerveau et je me lançais la veille du départ dans la confection frénétique des sacs pour 2 enfants, 1 bébé et une adulte indécise. De grands moments de solitude devant les placards pour déterminer le nombre de tee-shirts et comment les assortir au short rose de la demoiselle ou le bermuda à rayures du jeune homme, toujours un grand découragement devant l'accumulation des piles de vêtemens qui, en tenant compte des lois de la géométrie dans l'espace, ne peuvent rentrer dans les 3 sacs impartis et le retour subséquent devant les placards pour enlever le surplus. Et puis après tout ces altermoiements et ces errements, une fois les valises bouclées et moi essayant de m'auto-persuader de n'avoir rien oublié, le mâle arrivait et commençait sa propre check-list :
Le mâle : "as-tu pris le trucmuche ?" ; moi (gentille): "oui".
Le mâle (5 min plus tard): " tu as bien pris le bidule ?" ; Moi (patiente): "Oui".
Le mâle (10 min plus tard) : "tu as bien pris le machin ?" ; Moi (impatiente): "OUI !".
Le mâle (15 min plus tard) : "tu as bien pris le chose ?"; Moi (agacée) : "ta valise à toi est faite, dis-moi ?".
Le mâle (changeant de tactique) : "et le trucmuche, tu l'as mis où ?" ; Moi (pas dupe) : dans la trousse rouge de la valise bleue !"
Le mâle (s'acharnant car il est parfois cruel) : "et le bidule, tu sais où tu l'as mis ?" ; Moi (mes certitudes commençants à se fissurer) : "euh. Dans le sac vert, je crois..."
Le mâle (sentant la faille) : "si t'es pas sûre, faut vérfier parce que sans, ça va être compliqué..." ; Moi (au bord du divorce) : "ça y est, tu me fais douter, il ne me reste plus qu'à défaire le sac pour vérifier !"
Bref, l'enfer à chaque veille de départ et puis une fois arrivés sur place, toujours un truc manquant, parce que la check-list du mâle n'a curieusement d'autre fonction que de semer la zizanie dans notre couple et en aucun cas une fonction pratique pour éviter les oublis malencontreux.
J'ai donc décidé, utilisant à bon escient un petit relent de psychorigidité que certains moquent, d'opérationnaliser la confection des bagages. Mon ami Excel m'a permis de concevoir un petit tableau par personne comprenant un éventail large d'articles nécessaires au bon déroulement de notre voyage depuis les tee-shirts et les culottes en passant par la prise internationale, l'étui à lunettes ou le paracétamol. En complément, j'ai pour cela mobilisé mes compétences managériales avec le maître-mot : DELEGUER en toile de fond ! La veille du départ, chaque enfant (sauf le petit qui ne sait pas lire mais je ne désespère pas de refiler le truc à sa grande soeur) reçoit sa propre liste et, c'est là le point majeur, prépare lui-même sa valise ! A lui d'assortir les vêtements et de ne pas oublier son dentifrice, de cocher les cases de la check-list et à moi de remplir les sacs... Et pour mon indécision, je me suis achetée plein de tee-shirts blancs qui vont avec tout et c'est le bonheur ! Et le cas du mâle, me demanderez-vous ? Depuis qu'il se contente de relire la check-list, nos relations pré-vacances s'en sont trouvées grandement améliorées !

jeudi 23 février 2012

HDB

Les HDBs, figures "architecturales" emblématiques de l'île, logent plus de 80% des Singapouriens et près de 90% sont propriétaires de leur appartement. Ces grandes barres d'immeubles sont apparues dans les années 60 dans un contexte difficile où d'une part le nombre de logements étaient insuffisants pour la population grandissante et d'autre part, le plus souvent insalubre. Beaucoup de gens vivaient alors dans des villages que l'on appelait des kampongs. Les poules ne portaient pas de mini-jupes à Orchard Towers, elles picoraient dans la cour, l'eau était à la fontaine, pas d'électricité évidemment... La transition des kampongs vers les HDBs a dû être rude pour certains qui, non seulement, perdaient une part de mémoire mais aussi la vie en commun qui était alors la norme. J'ai eu récemment l'occasion de visiter certains de ces appartements dont l'un n'avait pas beaucoup évolué depuis les années 70. Drôle d'impression que de se retrouver dans ces murs abritant tant de souvenirs. Le confort (encore aujourd'hui) est simple. Trois chambres, un salon, une cuisine beaucoup plus grande que chacune des chambres (les Singapouriens sont gourmands) et une salle de bain minimaliste. Evidemment ni machine à laver le linge ou la vaisselle... Imaginez donc dans ce petit décor d'une soixantaine de m2, 20 tai-tai un peu empêtrées, plus à l'aise pour se repérer entre ION mall et Wheelock Place que dans le multi-storey car park du HDB... Le contraste aurait pu avoir quelque chose de comique et pourtant, bien au contraire, ce fut un moment un peu magique car les habitants ont présenté leur intérieur sans aucune gêne. Pudiquement certes mais sans retenue. Nous nous sommes senties non pas voyeuses d'un quotidien très loin du nôtre mais des invitées de ces gens dont l'hospitalité a été à la mesure de la réputation des Chinois. Un petit bonbon nous a accueillies car, avec le sucre, la parole est toujours douce. Un bee hoon (rappelez-vous, nous étions 20!) nous attendait, des boissons fraîches nous ont été proposées et ce repas pris en commun a cassé la glace. Les langues des curieuses que nous étions se sont déliées et nos hôtes ont alors partagé avec nous leur histoire. Un joli, très joli souvenir.

PS : n'hésitez pas à rentrer dans les HDBs multicolores de Rochor Centre (photo). Ils devraient être détruits dans les années qui viennent... Saisissons l'instant avant qu'il ne soit trop tard.

lundi 20 février 2012

Légende politique

Un dimanche après-midi... Un speech en anglais à apprendre et à répéter, 3 enfants qui se morfondent et s'ennuient ce qui annihile toute possibilité de réaliser l'opération précédente, même pas de pluie, un petit dernier qui a refusé catégoriquement de faire la sieste... Il fallait donc faire quelque chose : direction donc le Marina Barrage pour une petite séance conjointe cerf-volant / fontaine. Ca marche toujours sur les enfants, ça fait prendre l'air à tout le monde sans trop d'effort et, sous réserve d'avoir une voiture, ce n'est pas trop éloigné. Quelques minables soubresauts de cerf-volant et 40 min de courses dans l'eau plus tard, j'ai sonné, de façon unilatérale et malgré la mauvaise volonté évidente de la gente enfantine, l'heure du départ.  A l'entrée du Marina barrages, quelques grosses voitures, des gardes avec des talkies-walkies faisaient le pied de grue... Mes antennes de bloggeuse aux aguets se sont mises à frétiller : il y a du gibier de post, c'est sûr !!!! Bingo : c'était Lee Kuan Yew... Et moi qui me torturais l'esprit pour trouver une idée géniale, les dieux du reportage virtuel devaient être avec moi. Je vous jure, à moins de 2 m de moi, l'ancien Prime Minister de Singapour, sans même un garde du corps pour me barrer la vue. Evidemment, pour mes innombrables lecteurs occidentaux, Lee Kuan Yew, ce n'est pas quelqu'un de connu mais pour les Singapouriens et les gens qui vivent à Singapour, c'est un peu une légende vivante. C'est aujourd'hui un vieux monsieur un peu branlant de 89 ans mais c'est lui qui a construit la cité moderne de Singapour. C'est lui qui a orchestré en 1963 la fusion avec la Malaisie puis la séparation et l'indépendance en 1965. C'est lui et son gouvernement qui, malgré le ressentiment qu'ils auraient pu éprouver à l'égard des Britanniques et des colonialistes en général,  ont résolument orienté l'économie de Singapour vers l'international, vers le marché occidental créant par exemple une compagnie aérienne internationale alors que le pays fait à peine 600 km2 ou attirant les entreprises étrangères par des avantages fiscaux. Le résultat économique est là : près de 8% de taux de croissance annuel en moyenne depuis 1965 et, aujourd'hui des inquiétudes car ce taux pourrait être compris cette année entre 1% et 3%... La Grèce en rêverait !!! Evidemment, on peut critiquer l'autoritarisme du régime, le système plutôt répressif mais on ne peut nier le dynamisme économique et la sécurité ressentie sur le territoire. Alors certes, ce n'est pas parfait, mais il n'en reste pas moins que Lee Kuan Yew est, selon moi, un homme d'une intelligence hors du commun et un politicien qui a bâti, sur la base de ses convictions et de sa vision, un pays. Un peu comme si vous aviez croisé, à échelle réduite, Jules César en train d'étendre l'Empire Romain...